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La labradorite : le feldspath aux reflets changeants

26 juillet 2026 Par France Minéraux 4 min de lecture
Deux échantillons de labradorite montrant des reflets bleus et verts

Discrète et grise au repos, la labradorite s’embrase de reflets bleus, verts et parfois dorés dès qu’on la fait pivoter sous la lumière. Ce jeu de couleurs profond, la labradorescence, a fait la renommée mondiale de ce feldspath. Derrière ce spectacle optique se cache une structure interne remarquable, qui distingue la labradorite d’une simple pierre colorée.

Un feldspath plagioclase

La labradorite appartient à la grande famille des feldspaths, plus précisément à la série des plagioclases, qui s’étend de l’albite (riche en sodium) à l’anorthite (riche en calcium). Elle occupe une position intermédiaire, avec une composition mêlant sodium et calcium. Sa dureté se situe entre 6 et 6,5 sur l’échelle de Mohs, et sa densité avoisine 2,7. Comme les autres feldspaths, elle présente deux directions de clivage se coupant à un angle proche de 90°, un caractère utile à son identification.

La labradorescence expliquée

La couleur chatoyante de la labradorite n’est pas due à un pigment. Elle résulte de sa structure interne, faite de très fines lamelles alternées issues d’un phénomène appelé exsolution : en refroidissant, le minéral s’est séparé en couches microscopiques de compositions légèrement différentes. Lorsque la lumière traverse et se réfléchit sur ces lamelles, elle subit des interférences et une diffraction qui font naître les teintes irisées. C’est donc un phénomène optique de structure, comparable dans son principe aux couleurs d’une bulle de savon, et non une couleur de matière.

Ne pas confondre

Plusieurs pierres proches prêtent à confusion avec la labradorite. La spectrolite, variété finlandaise particulièrement sombre, montre des reflets couvrant tout le spectre, du rouge au violet. La pierre de lune (adulaire) est un autre feldspath, dont l’éclat laiteux et bleuté, appelé adularescence, diffère de la labradorescence. Quant à la « labradorite arc-en-ciel », c’est un nom commercial désignant des échantillons aux reflets multicolores. Toutes ces pierres partagent la même origine feldspathique, mais leurs effets optiques présentent des nuances propres.

Origine du nom et gisements

La labradorite tire son nom de la péninsule du Labrador, au Canada, où elle fut décrite à la fin du XVIIIe siècle. Depuis, d’importants gisements ont été découverts ailleurs : la Finlande (berceau de la spectrolite), Madagascar, qui fournit aujourd’hui de grandes quantités de pierres aux reflets vifs, l’Ukraine, la Russie ou encore les États-Unis. La qualité d’une labradorite se juge à l’intensité et à l’étendue de ses reflets, ainsi qu’à l’angle sous lequel ils apparaissent.

En joaillerie et décoration

La labradorite est très employée en bijouterie, généralement taillée en cabochon pour mettre en valeur ses reflets, ainsi qu’en objets décoratifs polis. Sa dureté honorable la rend adaptée aux pendentifs et aux boucles d’oreilles, mais ses plans de clivage la fragilisent face aux chocs : une monture protectrice est préférable pour les bagues, plus exposées. Bien orientée par le lapidaire, une belle labradorite offre un jeu de lumière saisissant qui change à chaque mouvement.

Dans la tradition de la lithothérapie

Dans la tradition de la lithothérapie, la labradorite est souvent présentée comme une pierre de protection, une sorte de « bouclier » symbolique, et associée à l’introspection et à l’imaginaire. Ces attributions relèvent de croyances et d’un usage de bien-être ; elles ne reposent sur aucune démonstration scientifique et ne remplacent en aucun cas un avis ou un traitement médical. Il convient donc d’aborder la labradorite comme une pierre esthétique et symbolique, et non comme un dispositif thérapeutique.

La labradorite prolonge les thèmes de nos articles sur les phénomènes optiques des pierres et la fluorescence des minéraux, tout en relevant de la grande famille structurale décrite dans les systèmes cristallins. Pour l’aspect bien-être, voir notre guide pour choisir sa pierre.

Sources

Encyclopædia Britannica, « Labradorite » et « Feldspar » ; Mindat.org, fiche « Labradorite » ; W. A. Deer, R. A. Howie & J. Zussman, An Introduction to the Rock-Forming Minerals ; Gemological Institute of America (GIA), fiches feldspaths.

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