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Fer

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Caractéristiques du fer

  • Symbole : Fe
  • Masse atomique : 55,845 ± 0,002 u
  • NumĂ©ro CAS : 7439-89-6
  • Configuration Ă©lectronique : [Ar]4s23d6
  • NumĂ©ro atomique : 26
  • Groupe : 8
  • Bloc : Bloc D
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal de transition
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1,96
  • Point de fusion : 1 538 °C

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Le fer, élément atomique n°26 de symbole Fe : ses caractéristiques, ses fonctions, sa chimie, son histoire et ses utilisations

Le fer est un mĂ©tal gris portant le numĂ©ro atomique 26 et le symbole « Fe ». On le rencontre sous diverses formes de minerais dans la nature. À l’état pur, cet Ă©lĂ©ment constitue un mĂ©tal de transition ductile. Cependant, l’adjonction de trĂšs faibles quantitĂ©s d’élĂ©ments additionnels bouleverse ses propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques. Le Fe forme des aciers lorsqu’il est alliĂ© au carbone ainsi qu’à d’autres composants d’addition. Tout ce qui concerne cet Ă©lĂ©ment chimique se trouve dans cet article.

Le fer : généralités

Le Fe est inclus dans le groupe des Ă©lĂ©ments Ă  l’origine des mĂ©taux de transition. Il prĂ©sente des analogies caractĂ©ristiques avec l’osmium, le ruthĂ©nium, le nickel et le cobalt. Voici davantage de dĂ©tails.

L’étymologie du mot « fer »

Le mot « fer » est issu du latin « ferrum ». Lorsqu’il dĂ©signe le mĂ©tal, il ne peut se mettre au pluriel ni encore moins directement avec un numĂ©ral. On ne peut donc le dĂ©nombrer. Le mot latin « ferrum » fait partie de la famille de sens de « firmus » signifiant « ferme » ou « solide ».

Le nom de l’élĂ©ment en espagnol (hierro) et sa traduction anglaise (iron) partagent le mĂȘme sens que celui du latin, inspirĂ©s tous deux d’une origine celtique. RattachĂ©s au radical « aes » (« airin » et autres mĂ©taux) et Ă  une origine indo-europĂ©enne revisitĂ©e « heuis » ou « aios », signifiant « mĂ©tal » dans le cadre du cuivre, du bronze ou du fer.

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Le fer : physico-chimie nucléaire, isotopes et fréquence

Le 56Fe constitue le nuclĂ©ide stable le plus lourd provenant de la fusion du silicium grĂące Ă  des rĂ©actions alpha. Cela se passe durant la nuclĂ©osynthĂšse stellaire du 56Ni instable qui donne du 56Fe suite Ă  deux dĂ©sintĂ©grations ÎČ+ successives. Des rĂ©actions plus Ă©nergĂ©tiques synthĂ©tisent les Ă©lĂ©ments avec un numĂ©ro atomique plus Ă©levĂ©. Elles interviennent notamment dans l’explosion des supernovas.

Ses propriétés nucléaires

Le noyau du fer 56 dispose de la masse par nuclĂ©on la moins Ă©levĂ©e parmi tous les nuclĂ©ides. Cependant, il ne possĂšde pas l’énergie de liaison la plus accrue. Cela est dĂ» Ă  la proportion de protons un peu plus grande que le nickel 62, dont l’énergie de liaison par nuclĂ©on est la plus importante.

Le 56Fe est issu de la dĂ©sintĂ©gration naturelle du 56Ni. Il s’agit d’un isotope stable produit au sein d’étoiles massives grĂące Ă  la fusion du silicium. Cela se fait durant les rĂ©actions α en cascade qui s’arrĂȘtent au nickel. En effet, comme mentionnĂ© auparavant, ce dernier dispose de l’énergie de liaison nuclĂ©aire par nuclĂ©on la plus Ă©levĂ©e. Si l’on fait poursuivre la fusion, il est possible de produire du 60Zn. Cependant, cela consomme de l’énergie au lieu d’en libĂ©rer.

Ses isotopes

Le fer possĂšde 28 isotopes connus et six isomĂšres nuclĂ©aires. Leur nombre de masse se situe entre 45 et 72. Seuls quatre de ses isotopes sont stables : le 54Fe, le 56Fe, le 57Fe et le 58Fe. Le second est notamment le plus abondant (91,754 %). Le premier est le suivant, avec un pourcentage de 5,845 %. Il est lĂ©gĂšrement radioactif avec une demi-vie allant au-delĂ  de 3,1 × 1022 annĂ©es. Le 57Fe est le troisiĂšme avec une abondance de 2,119 %, tandis que le 58Fe se place en dernier avec 0,282 %. La masse atomique standard du fer est de 55,845. Le radio-isotope le plus stable de l’élĂ©ment est le 60Fe. Il dispose d’une demi-vie de 1,5 million d’annĂ©es. Le 55Fe est le suivant avec 2,7 ans. Vient ensuite le 59Fe disposant d’un peu moins de 44,5 j de demi-vie, suivi du 52Fe avec 8,5 h.

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L’occurrence et l’abondance naturelle de l’élĂ©ment

Le Fe est le mĂ©tal le plus abondant dans les mĂ©tĂ©orites et dans le noyau des planĂštes. À l’évidence, cela s’applique aussi Ă  la Terre.

Le Fe minĂ©ral se prĂ©sente souvent Ă  l’état pur dans la nature. Il l’est rarement sous forme d’alliage avec du nickel (5 % Ă  18 %) d’origine mĂ©tĂ©oritique et de Fe terrestre dit « tellurique ». Il est relativement rare et, notamment, dissĂ©minĂ©. Ainsi, les forgerons et les sidĂ©rurgistes prĂ©fĂ©raient le fabriquer artificiellement et massivement dans certaines civilisations anciennes. Ils le faisaient il y a prĂšs de trois millĂ©naires grĂące Ă  ses principaux minerais et cela continue jusqu’à nos jours. Les combinaisons chimiques et minĂ©rales incluant le Fe sont plĂ©thoriques. Cependant, les vĂ©ritables minerais purs avec une forte teneur en Fe sont difficiles Ă  trouver et se trouvent dans les mines de fer souvent de haute antiquitĂ©.

Le Fe est le sixiĂšme Ă©lĂ©ment le plus abondant de l’Univers. Il est formĂ© comme « élĂ©ment final » de fusion nuclĂ©aire grĂące Ă  la fusion du silicium dans les Ă©toiles massives. En termes de masse, il occupe 5 % de la croĂ»te terrestre. En effet, le noyau de la planĂšte est supposĂ© se composer majoritairement d’un alliage de fer-nickel. Cet Ă©lĂ©ment remplit Ă©galement les 35 % du poids du globe dans sa totalitĂ©. Il s’agit aussi du deuxiĂšme Ă©lĂ©ment le plus abondant du monde si on le compare Ă  l’oxygĂšne du point de vue de la masse. Le Fe est aussi le quatriĂšme Ă©lĂ©ment le plus rĂ©pandu dans la croĂ»te terrestre. Le champ magnĂ©tique de la planĂšte est issu de l’alliage liquide fer-nickel des courants de convection. Ceux-ci se trouvent notamment dans la couche externe du noyau de la Terre.

Les fonctions de la substance dans la biosphĂšre

Le rĂŽle de cet Ă©lĂ©ment chimique en tant qu’oligoĂ©lĂ©ment et micronutriment est majeur pour une multitude d’espĂšces vivantes. Il s’agit d’une substance qui rĂ©gule l’amplitude et la dynamique de la productivitĂ© primaire ocĂ©anique. Il reprĂ©sente ainsi une composante incontournable des cycles biogĂ©ochimiques marins et des puits de carbone marins.

Selon les études réalisées, le cycle du Fe océanique lié aux apports de poussiÚres riches en cet élément est bien plus complexe. Ainsi, il se trouve étroitement couplé biogéochimiquement avec des nutriments majeurs (carbonés, azotés).

En 2017, une thĂ©orie a pu ĂȘtre dĂ©montrĂ©e grĂące Ă  des recherches menĂ©es dans les rĂ©gions pauvres en fer de l’Antarctique. L’élĂ©ment issu du rabotage des roches par les glaciers constitue une source alternative de Fe que les phytoplanctons savent exploiter. Certains de ces derniers peuvent notamment bĂ©nĂ©ficier d’un taux Ă©levĂ© de CO2. Cependant, pour l’assimiler, le fer leur est indispensable. De nombreux chercheurs ont pensĂ© depuis la fin du XXe siĂšcle que l’ensemencement de l’ocĂ©an avec l’élĂ©ment contribue Ă  rĂ©duire le changement climatique. Chez la plupart des espĂšces phytoplanctoniques, ce Fe n’est assimilable qu’en prĂ©sence de carbonates. NĂ©anmoins, le problĂšme est que l’acidification induite par la solubilisation du CO2 dans l’eau anĂ©antit ces derniers.

Le corps simple

Le fer est sujet au polymorphisme mĂ©tallique. Cela dĂ©pend de certaines conditions. Il peut aussi s’oxyder. Voici quelques dĂ©tails.

Propriétés physiques

Les propriĂ©tĂ©s physiques du Fe dĂ©pendent de la tempĂ©rature et de la pression. À cet effet, il peut prĂ©senter un polymorphisme en fonction de la chaleur. L’allotropie distingue que dans les conditions normales de tempĂ©rature et de pression, on obtient un solide cristallin de structure cubique centrĂ©e. On parle notamment de fer α, une structure dĂ©nommĂ©e ferrite dans l’acier. Celui-ci est relativement ferromagnĂ©tique. Sous l’influence d’un champ magnĂ©tique externe, les moments magnĂ©tiques des atomes s’alignent. AprĂšs disparition de ce champ, ils conservent l’orientation issue du procĂ©dĂ©. La tempĂ©rature de Curie de ce type de Fe est de 770 °C, avec une capacitĂ© calorifique de 0,5 kJ.kg-1 °C-1. À tempĂ©rature ambiante, la duretĂ© de l’élĂ©ment se situe entre quatre et cinq sur l’échelle de Mohs. Sa masse volumique est de 7,86 g/cm-3 Ă  20 °C. Le fer α dispose d’une chaleur de sublimation atomique de 99,6 kcal/atome-gramme Ă  tempĂ©rature ambiante (298 K).

Quant au ferromagnĂ©tisme du Fe α, il disparaĂźt sans rĂ©arrangement atomique. De structure cubique face centrĂ©e, le fer bĂȘta est acquis au-delĂ  du point de Curie, soit vers 770 ÂșC ou 1 042 K.

Sous de hautes tempĂ©ratures et Ă  pression ambiante, soit Ă  compter de 912 °C, le fer alpha se transforme en Fe cubique Ă  faces centrĂ©es. Il s’agit du fer Îł (sa solution, additionnĂ©e Ă  du carbone dissous, s’appelle « austĂ©nite »). La transformation requiert une variation d’énergie interne de prĂšs de 0,22 kcal/atome-gramme Ă  1 184 K. Il faut noter que le Fe Îł est paramagnĂ©tique.

Au-delĂ  de 1 394 °C ou de 1 665 K, le Fe α redevient un minĂ©ral de maille cubique centrĂ©e, sous forme de Fe ÎŽ. La variation d’énergie interne est estimĂ©e Ă  0,27 kcal/atome-gramme.

Pour aboutir Ă  une transformation en fer Δ, une structure hexagonale compacte, la tempĂ©rature doit atteindre les 130 kbar. 

Le corps pur de l’élĂ©ment fond Ă  1 538 °C. La chaleur latente de fusion, quant Ă  elle, est de 3,7 kcal/atome-gramme. L’ébullition du Fe se caractĂ©rise par une chaleur latente de 84,18 kcal/atome-gramme. Elle arrive une fois que l’élĂ©ment est exposĂ© Ă  une tempĂ©rature de 2 860 °C. Pour un corps simple relativement impur, cela se situe entre 2 750 °C et 3 000 °C.

Propriétés chimiques

Le fer est insoluble dans l’eau ainsi que dans les bases. Par contre, les acides peuvent l’attaquer. Voici plus de dĂ©tails sur ses propriĂ©tĂ©s chimiques.

La chimie du fer

Cet Ă©lĂ©ment prĂ©sente trois degrĂ©s d’oxydation :

  • zĂ©ro : dans le corps simple Fe et ses alliages,
  • +II : dans les composĂ©s ferreux, dont l’ion ferreux Fe2+ dans les composĂ©s ioniques,
  • +III : dans les composĂ©s ferriques, dont l’ion ferrique Fe3+ dans les composĂ©s ioniques.

Il n’est pas possible de dĂ©finir de maniĂšre univoque le degrĂ© d’oxydation du fer dans les carbures. Cependant, trois sont connues. Leurs formules sont : Fe3C, Fe5C2 et Fe7C3.

Une fois exposĂ© Ă  une tempĂ©rature trĂšs Ă©levĂ©e, le Fe est Ă©ventuellement prĂ©sent dans des Ă©tats d’ionisation bien plus Ă©levĂ©s. Il est possible de constater une multitude de raies d’émission dans l’atmosphĂšre du Soleil et des autres Ă©toiles.

Les ions Fe9+ et Fe10+ (respectivement notĂ©s FeX et FeXI) se trouvent notamment dans les zones Ă  la couronne solaire portĂ©es Ă  des tempĂ©ratures de 1-1,5 × 106 K.

Le Fe16+ (notĂ© FeXVII) dispose de la mĂȘme configuration Ă©lectronique que le nĂ©on. Il est stable dans un large Ă©ventail de tempĂ©ratures (aux alentours de 2-10 × 106 K). On peut notamment le trouver dans les Ă©ruptions solaires.

L’oxydation du mĂ©tal

AssociĂ© Ă  l’oxygĂšne, le Fe s’oxyde selon les conditions en trois oxydes de fer. Il s’agit tout d’abord d’oxyde ferreux (FeO). Ensuite, on a l’oxyde ferrique (Fe2O3) et l’oxyde magnĂ©tique (Fe3O4).

À l’air libre et en prĂ©sence d’humiditĂ©, le Fe prĂ©sente une corrosion et forme de la rouille. Celle-ci se compose d’oxydes et d’oxyhydroxydes ferriques hydratĂ©s. Les formules de ces derniers sont respectivement Fe2O3 nH2O et FeO

(OH) nH2O. La rouille est un matĂ©riau poreux. À cet effet, l’oxydation peut atteindre le cƓur du mĂ©tal Ă  l’inverse de l’aluminium. Ce dernier forme une couche fine qui sert de tampon impermĂ©able entre l’air et le mĂ©tal.

Il est possible d’utiliser un outil puissant tel que la spectroscopie Mössbauer pour distinguer les diffĂ©rents degrĂ©s d’oxydation du Fe. Cette technique permet de rĂ©aliser une analyse quantitative en prĂ©sence de mĂ©lange de phases de Fe.

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Les ions du fer en solution aqueuse

La raison de la coloration orangĂ©-rougeĂątre d’une riviĂšre est la prĂ©sence d’ion ferrique Fe(III) ou Fe3+ dans les roches.

En solution aqueuse, le fer est prĂ©sent sous forme ionique avec deux valences principales. Tout d’abord, on a le Fe2+ ou l’ion Fe(II) connu anciennement sous l’appellation « ferreux ». Selon le milieu chimique en solution dans lequel il se trouve, il peut prendre diffĂ©rentes couleurs. Ainsi, par la dissolution de sel de Mohr on obtient par exemple une couleur vert pĂąle. La solution est stable pour les pH infĂ©rieurs Ă  six. Pour ceux qui sont supĂ©rieurs, l’hydroxyde de Fe(II) Fe(OH)2 prĂ©cipite.

Ensuite, on a le Fe3+ anciennement connu sous le nom de « ferrique ». Les solutions de chlorure de Fe(III) sont orange. En revanche, celles de nitrate de Fe(III) sont incolores. Elles doivent notamment avoir un pH infĂ©rieur Ă  deux, vu que le Fe(OH)3 est peu soluble.

La précipitation

Il existe plusieurs ions qui peuvent mener Ă  la prĂ©cipitation de ceux du fer en solution. On peut par exemple citer l’hydroxyde HO. Il est possible de former du sulfure de Fe(II) et (III), respectivement FeS et Fe2S3, avec l’ion sulfure S2-. Cela est valable pour des pH pas trop acides. À l’évidence, il faut une quantitĂ© raisonnable de S2-, alors que ce n’est pas le cas Ă  pH acide. En effet, l’ion est sous sa forme diacide en tant que sulfure d’hydrogĂšne (H2S).

L’oxydorĂ©duction des ions du fer

Les potentiels de référence des couples du fer sont les suivants :

Fe2+/Fe : E° = -0,44 V

Fe3+/Fe2+ : E° = +0,77 V

GrĂące Ă  cela, on peut conclure que le Fe mĂ©tallique n’est pas stable en milieu aqueux. Plus le pH est bas, plus il s’oxyde vite.

En outre, on sait qu’en prĂ©sence de dioxygĂšne dissous, E°(O2/H2O) = 1,3 V. Les ions Fe(II) ne sont pas non plus stables. Les potentiels de rĂ©fĂ©rence varient selon les ions prĂ©sents dans la solution. Cela arrive surtout lorsque les constantes de stabilitĂ© complexes correspondant en Fe(II) et en Fe(III) sont relativement diffĂ©rentes.

L’oxydorĂ©duction aide Ă  tirer les ions Fe(II) par des ions cĂ©rium(IV) (couple Ce4+/Ce3+). Cela peut aussi se faire avec des ions permanganate MnO4- (couple MnO4-/Mn2+ en milieu acide sulfurique). On pratique rarement la rĂ©duction en Fe mĂ©tallique des ions du Fe Ă  partir de solutions aqueuses.

La complexation des ions fer

Toujours concernant le fer, une multitude de complexes en solution aqueuse se forment aisément juste par addition du ligand. Cela doit, cependant, se faire au bon pH.

Les complexes les plus courants sont ceux qui impliquent des ligands. On a par exemple l’ion cyanure CN. Pour le Fe(II), on a du Fe(CN)64-, un ion hexacyanoferrate(II) et diamagnĂ©tique jaune. Pour le Fe(III), on a du Fe(CN)63-, un ion hexacyanoferrate(III) et paramagnĂ©tique orange. Ces complexes servent notamment Ă  prĂ©parer le bleu de Prusse.

Avec l’ion fluorure F, pour le Fe(III), on a du FeF2+, un ion fluorofer(III) incolore. En chimie analytique, il est possible de marquer la couleur des ions Fe(III) avec ce complexe.

Ensuite, avec 1,10-phĂ©nantroline (o-phen en abrĂ©gĂ©), on a, pour le Fe(II), du Fe(ophen)32+ rouge et des ions triorphophĂ©nantrolinefer(II). Pour le Fe(III), on a du Fe(ophen)33+ vert et des ions triorphophĂ©nantrolinefer(III). Le couple redox avec ces deux complexes agit comme un indicateur de titrage d’oxydorĂ©duction.

Enfin, avec les ions thiocyanate SCN, pour le Fe(III), on a du Fe(SCN)2+ rouge sang et un ion thiocyanatofer(III). Ce complexe aide Ă  mettre en Ă©vidence une quantitĂ© minime d’ions de Fe(III) en solution grĂące Ă  une couleur spĂ©cifique.

La chimie organométallique

Le premier complexe organomĂ©tallique, isolĂ© en 1951, est celui du fer appelĂ© « ferrocĂšne ». Il se compose d’un ion Fe(II) et de deux ions cyclopentadiĂ©nyles C5H5-. Les autres complexes produits plus tard sont dĂ©rivĂ©s du ferrocĂšne ou de toute autre nature.

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Les gisements de l’élĂ©ment dans le monde

Une grande partie du Fe prĂ©sent sur Terre est combinĂ© Ă  l’oxygĂšne dans les minerais d’oxyde de fer. Cela donne de l’hĂ©matite (Fe2O3), de la magnĂ©tite (Fe3O4) et de la limonite (Fe2O3‱nH2O). On connaĂźt l’oxyde magnĂ©tique ou la magnĂ©tite (Fe3O4) depuis l’AntiquitĂ© grecque. Il doit son nom au mont Magnetos, une montagne grecque trĂšs riche en ce minĂ©ral.

Selon les recherches menĂ©es, environ une mĂ©tĂ©orite sur vingt prĂ©sente de la kamacite (Fe 90 Ă  95 %) et de la taĂ©nite. Cette derniĂšre est le seul alliage de minĂ©ral de fer-nickel (Fe 35 Ă  80 %). Toutes deux sont rares, mais les mĂ©tĂ©orites de Fe existent. Elles sont notamment des sources de Fe nickelĂ©. Le Fe mĂ©tĂ©oritique, arrivĂ© sur Terre, est Ă  l’origine de la sidĂ©rurgie au sens Ă©tymologique. Les gisements de Fe tellurique ou de Fe natif des minĂ©ralogistes plus rares sont une autre source de Fe mĂ©tal lĂ©gĂšrement nickelĂ©.

Un rĂ©golithe riche en hĂ©matite amorphe explique notamment la couleur rouge de la surface de Mars. Cette planĂšte rouge est donc en quelque sorte une « planĂšte rouillĂ©e ».

La quasi-totalitĂ© (90 %) des gisements de minerai de Fe du monde se trouve dans une couche de faible Ă©paisseur. Celle-ci est trĂšs riche en Fe(II). Il s’agit de la couche de fer rubanĂ©. Aux premiers temps de la vie, Ă  l’éon ArchĂ©en entre -2 et -4 Ga, des cyanobactĂ©ries vivaient dans des ocĂ©ans de Fe(II). Ils ont commencĂ© Ă  faire de la photosynthĂšse et l’oxygĂšne produit Ă©tait dissous et rĂ©agissait avec le Fe(II). Il a ensuite formĂ© des oxydes de Fe(III) pour finir par prĂ©cipiter au fond des ocĂ©ans. Suite Ă  la consommation de Fe(II), l’oxygĂšne s’est concentrĂ© dans les eaux puis dans l’atmosphĂšre. Cela a constituĂ© un vĂ©ritable poison pour la proto vie de l’époque. Ainsi, on trouve systĂ©matiquement les gisements de fer rubanĂ© entre les couches gĂ©ologiques des massifs cristallins et les couches calcaires dolomitiques. Ces derniers constituent notamment les massifs prĂ©alpins.

L’histoire de la mĂ©tallurgie de l’élĂ©ment

L’élĂ©ment est connu depuis le chalcolithique. Cela s’est fait Ă  travers les sites de Fe telluriques et notamment les mĂ©tĂ©orites de Fe au Fe habituellement dĂ©jĂ  alliĂ© de grande qualitĂ©. On ne peut pas affirmer que sa mĂ©tallurgie est restĂ©e confidentielle mĂȘme si l’on a pu l’estimer jusqu’au XIIe siĂšcle av. J.-C. Cette Ă©poque marque notamment le dĂ©but de l’Âge du fer vers le XVe siĂšcle av. J.-C. Les Hittites, situĂ©s en Anatolie, ont dĂ©veloppĂ© une maĂźtrise assez bonne du travail de l’élĂ©ment. L’origine de la tradition se trouve dans la rĂ©gion Caucase. Cependant, cette technique est Ă©galement connue assez tĂŽt dans l’Inde du Nord (dans l’Uttar Pradesh).

Dans le monde hellĂ©nistique, cet Ă©lĂ©ment est un cadeau d’HĂ©phaĂŻstos. Ce dernier est le dieu grec de la mĂ©tallurgie et des volcans. Par contre, selon les Romains, Vulcain, avatar italique d’HĂ©phaĂŻstos, est celui qui l’a forgĂ©. Il constituerait Ă©galement un attribut princier de Mars. Dans la mythologie romaine, il s’agit du dieu de la guerre. Les alchimistes ont alors donnĂ© son nom au fer.

Jusqu’au milieu du Moyen Âge, l’Europe raffina la substance par le biais de bas fourneaux qui ne produisent pas de fonte. La technique inverse (de hauts fourneaux) produit, quant à elle, de la fonte brute grñce à du charbon de bois et du minerai de Fe. Le peuple chinois a notamment mis au point cette derniùre technique au milieu du Ve siùcle av. J.-C. Elle est ensuite devenue courante en Europe occidentale à partir du milieu du XVe siùcle.

Plus d’un millier d’annĂ©es aprĂšs les Chinois, les Occidentaux rĂ©inventent indĂ©pendamment la technique. D’aprĂšs le doxographe antique ThĂ©ophraste, DĂ©las, un Phrygien, est celui qui a inventĂ© le fer.

Les chimistes ont tendance Ă  nĂ©gliger les infimes changements dans les piĂšces de mĂ©tal solide obtenues par le labeur physique du forgeron. Cela concerne notamment le martelage, le rĂ©chauffement, les alliages superficiels, etc. La chimie du Fe oublie souvent l’apprĂ©ciation relativement fine des forgerons ou des mares de forges durant la longue histoire de l’élĂ©ment.

L’industrie du fer

Le Fe est recyclable. En revanche, son extraction agit grandement sur l’environnement. Voici davantage de dĂ©tails sur l’industrie de cet Ă©lĂ©ment.

L’extraction de minerais de fer

Le tableau suivant énonce la production miniÚre mondiale de minerai de fer, par pays, aux derniÚres nouvelles (en 2021).


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