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Yttrium

element-chimique-39-yttrium

CaractĂ©ristiques de l’yttrium

  • Symbole : Y
  • Masse atomique : 88,905 84 ± 0,000 02
  • NumĂ©ro CAS : 7440-65-5
  • Configuration Ă©lectronique : [Kr]4d1 5s2
  • NumĂ©ro atomique : 39
  • Groupe : 3
  • Bloc : Bloc d
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal de transition
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1,22
  • Point de fusion : 1 522 °C

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L’yttrium, Ă©lĂ©ment atomique n°39 de symbole Y : son histoire, ses caractĂ©ristiques, son occurrence et ses applications.

L’yttrium est un Ă©lĂ©ment de transition ayant un aspect mĂ©tallique. De symbole Y et de numĂ©ro atomique 39, il fait partie des Ă©lĂ©ments du groupe 3 du tableau de classification pĂ©riodique. Il est classĂ© dans le groupe d de la cinquième pĂ©riode de ce tableau. Historiquement, on le considère comme faisant partie des terres rares, au mĂŞme titre que les lanthanides et le scandium. Le 89Y est son seul isotope naturel.

Histoire de l’yttrium

Découverte

On doit la dĂ©couverte de l’yttrium en 1787 au chimiste amateur et lieutenant de l’armĂ©e, nommĂ© Carl Axel Arrhenius. En explorant une ancienne carrière près du village suĂ©dois d’Ytterby, dans l’archipel de Stockholm, il a remarquĂ© une roche noire lourde. Il croyait que ce minĂ©ral inconnu contenait du tungstène, un Ă©lĂ©ment rĂ©cemment dĂ©couvert. Il a alors dĂ©cidĂ© de le nommer ytterbite, en rĂ©fĂ©rence au nom du village oĂą il l’a trouvĂ©. Le suffixe « -ite » indique qu’il s’agit d’un minĂ©ral. Arrhenius envoie ensuite des Ă©chantillons Ă  de nombreux chimistes pour les faire analyser.

En 1789, Johan Gadolin, de l’universitĂ© d’Ă…bo, dĂ©couvre un nouvel oxyde ou « terre » dans les Ă©chantillons d’Arrhenius. Il a fini de les analyser complètement en 1794. Les travaux de Anders Gustaf Ekeberg confirme ces analyses en 1797. Il nomme donc le nouvel oxyde yttria. D’après les Ă©tudes de Lavoisier, les terres, après ĂŞtre rĂ©duites, sont considĂ©rĂ©es comme des sources d’Ă©lĂ©ments purs. Ce postulat est valable pendant les dix ans qui suivèrent la publication de ces recherches. De ce fait, Ă  l’Ă©poque, l’identification d’une nouvelle terre correspondait Ă  la dĂ©couverte d’un nouvel Ă©lĂ©ment. L’yttrium en serait un cas (une terminaison en -ium fait rĂ©fĂ©rence aux Ă©lĂ©ments et celle en -a, aux oxydes).

Les différents oxydes

En 1843, Carl Gustav Mosander retrouve trois oxydes diffĂ©rents dans les Ă©chantillons d’yttria de Gadolin :

  • L’oxyde d’erbium rose, dont l’ancien nom Ă©tait « terbia » ;
  • L’oxyde de terbium jaune : appelĂ© autrefois « erbia » ;
  • L’oxyde d’yttrium blanc (yttria).
yttrium-01

En 1878, Jean-Charles Galissard de Marignac parvient Ă  isoler un autre oxyde, Ă  savoir l’oxyde d’ytterbium. Il a ensuite sĂ©parĂ© les quatre nouveaux Ă©lĂ©ments Ă  partir de chacun de leurs oxydes. Ils ont Ă©tĂ© nommĂ©s ainsi en rĂ©fĂ©rence au nom du village « Ytterby » (yttrium, ytterbium, terbium et erbium). Au cours des dĂ©cennies qui suivirent, sept mĂ©taux supplĂ©mentaires sont identifiĂ©s dans l’yttria de Gadolin. Après avoir dĂ©couvert que cet « oxyde » Ă©tait en rĂ©alitĂ© un minĂ©ral, Martin Heinrich Klaproth a changĂ© le nom yttria en gadolinite. Cette appellation a Ă©tĂ© choisie en hommage Ă  Gadolin. Friedrich Wöhler a fait une expĂ©rimentation en 1828 en chauffant le chlorure d’yttrium anhydre avec du potassium. Il s’est servi de la rĂ©action suivante pour isoler l’yttrium mĂ©tal : YCl3 + 3 K → 3 KCl + Y.
Jusque dans les annĂ©es 1920, l’yttrium Ă©tait reprĂ©sentĂ© par le symbole chimique Yt. Le symbole Y est devenu prĂ©dominant dans les usages courants par la suite.

CaractĂ©ristiques de l’yttrium

Les isotopes

On dĂ©nombre Ă  ce jour 29 isomères nuclĂ©aires et 33 isotopes d’yttrium dont le nombre de masse varie entre 76 et 108. Seul un isotope est stable, il s’agit du 89Y. Celui-ci reprĂ©sente l’intĂ©gralitĂ© de l’yttrium prĂ©sent naturellement. Ainsi, ce mĂ©tal est considĂ©rĂ© comme un Ă©lĂ©ment monoisotopique et mononuclĂ©idique. Sa masse atomique standard est Ă©gale Ă  la masse isotopique de 89Y, soit 88,905 85(2) u.

Les propriétés

L’yttrium est un mĂ©tal mou, de couleur argentĂ©e. Sa configuration Ă©lectronique est [Kr] 4d1 5s2 . Les niveaux d’énergie de ses Ă©lectrons sont : 2, 8, 18, 9, 2. Son corps simple se prĂ©sente sous une forme solide, de masse volumique de 4,469 g·cm-3 (25 °C). Il a un système cristallin de structure hexagonale compacte. ConformĂ©ment Ă  la pĂ©riodicitĂ© des propriĂ©tĂ©s, il a une Ă©lectronĂ©gativitĂ© infĂ©rieure Ă  celle du scandium et du zirconium, mais supĂ©rieure Ă  celle du lanthane. Ă€ l’Ă©chelle de Pauling, celle-ci est de l’ordre de 1,22. Les autres propriĂ©tĂ©s de l’yttrium sont les suivantes :

  • Chaleur massique : 300 J·kg-1·K-1 ;
  • ConductivitĂ© Ă©lectrique : 1,66Ă—106 S·m-1 ;
  • ConductivitĂ© thermique : 17,2 W·m-1·K-1 ;
  • Rayon de covalence : 190 ± 7 pm ;
  • Vitesse du son : 3 300 m·s-1 Ă  20 °C.

Son point de fusain est de 1 522 °C et son Ă©nergie de fusion est de 11,4 kJ·mol-1. L’yttrium bout Ă  3 345 °C. Son Ă©nergie de vaporisation est de 363 kJ·mol-1. Le volume occupĂ© par sa mole s’Ă©lève Ă  19,88Ă—10-6 m3·mol-1. Il a une pression de vapeur de 5,31 Pa Ă  1 525,85 °C. Ses numĂ©ros CAS, ECHA et CE sont respectivement 7440-65-5, 100.028.340 et 231-174-8. Le tableau suivant reprĂ©sente les Ă©nergies d’ionisation de cet Ă©lĂ©ment :

Le numĂ©ro du niveau Ă©lectroniqueLes valeurs d’Ă©nergie en Ă©lectronvolt (eV)
1re6,217
2e12,224
3e20,52
4e60,597
5e77,0
6e93,0
7e116
8e129
9e146,2
10e191
11e206
12e374,0

L’yttrium est plutĂ´t stable en contact avec l’air. I prend une forme massive en raison de la formation d’une couche d’oxyde d’yttrium Ă  sa surface. Cette couche peut atteindre jusqu’Ă  10 micromètres d’Ă©paisseur lorsqu’elle est chauffĂ©e avec de la vapeur d’eau atteignant 750 °C. Toutefois, sous forme de copeaux ou de poudre, il est instable au contact de l’air. Il prendra feu spontanĂ©ment si la tempĂ©rature dĂ©passe 400 °C. En prĂ©sence d’azote et chauffĂ© Ă  une tempĂ©rature de 1 000 °C, il forme du nitrure d’yttrium YN.

yttrium-02

Les points communs avec les lanthanides

L’yttrium partage des caractĂ©ristiques similaires Ă  celles des lanthanides. On le rencontre rarement prĂ©sent Ă  l’Ă©tat pur dans la nature. Il est souvent associĂ© aux lanthanides dans les minerais de terres rares. Bien qu’il soit classĂ© dans le groupe 3 de la classification pĂ©riodique, ses propriĂ©tĂ©s chimiques se rapprochent plus de celles des lanthanides que de celles du scandium. En traçant ses propriĂ©tĂ©s physiques en fonction du numĂ©ro atomique, on constate un numĂ©ro apparent compris entre ceux du gadolinium et de l’erbium (entre 64,5 et 67,5).

Sa rĂ©activitĂ© chimique est identique Ă  celle du terbium et du dysprosium. Son rayon atomique de 180 pm (212 pm) est très proche de celui des terres rares lourdes. Par consĂ©quent, en solution, il se comporte comme l’une d’entre elles. Toutefois, contrairement Ă  la plupart des terres rares, l’yttrium n’est quasiment prĂ©sent qu’Ă  l’Ă©tat trivalent. Les rayons ioniques de l’yttrium ressemble Ă  ceux des lanthanides du fait de la contraction lanthanidique.

Les composĂ©s d’yttrium et les rĂ©actions impliquant ce mĂ©tal

Grâce Ă  sa capacitĂ© d’oxydation trivalent, l’yttrium est capable de former de nombreux composĂ©s inorganiques, principalement dans l’Ă©tat d’oxydation +3. Il utilise Ă  cet effet ses trois Ă©lectrons de valence pour crĂ©er des liaisons. L’oxyde d’yttrium Y2O3 en est un exemple.

L’yttrium se prĂ©sente sous forme de composĂ©s insolubles dans l’eau, tels que le fluorure, l’hydroxyde ou l’oxalate. Il peut aussi ĂŞtre dissout dans des composĂ©s comme le bromure, le chlorure, l’iodure, le nitrate et le sulfate. L’ion Y3+ ne contient pas d’Ă©lectrons dans les orbitales Ă©lectroniques d ou f. Il est donc incolore en solution.

Au contact de l’eau, l’yttrium rĂ©agit rapidement pour former de l’oxyde d’yttrium. MĂŞme s’il n’est pas facilement attaquĂ© par de l’acide fluorhydrique ou par de l’acide nitrique concentrĂ©, d’autres acides forts peuvent l’altĂ©rer.

En prĂ©sence d’halogènes et Ă  des tempĂ©ratures d’environ 200 °C, l’yttrium forme des tri halogĂ©nures. Ă€ des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es et en prĂ©sence d’élĂ©ments tels que le carbone, le phosphore, le sĂ©lĂ©nium, le silicium ou le soufre, il engendre des composĂ©s binaires. On retrouve Ă©galement l’yttrium dans des composĂ©s organomĂ©talliques. Ceux-ci apparaissent en un petit nombre au degrĂ© d’oxydation 0. Bien que la majoritĂ© d’entre eux prĂ©sente un Ă©tat d’oxydation +3, on a pu observer une prĂ©sence de degrĂ© +2 dans des chlorures fondus. En phase gazeuse, on note l’existence d’un Ă©tat +1 dans des clusters d’oxyde. Les organo-yttriens peuvent ĂŞtre utilisĂ©s comme catalyseurs dans des rĂ©actions de trimĂ©risation. Ils sont gĂ©nĂ©ralement obtenus Ă  partir de chlorure d’yttrium. Ce dernier rĂ©sulte de la rĂ©action entre l’oxyde d’yttrium, l’acide chlorhydrique concentrĂ© et le chlorure d’ammonium. Les complexes d’yttrium ont des ligands carboranyl liĂ©s Ă  un ion central de configuration Ă©lectronique d0 et d’hapticitĂ© η7.

Occurrence

Abondance de l’yttrium

L’yttrium se mĂ©lange souvent aux minĂ©raux contenant des terres rares que l’on retrouve dans certains minerais d’uranium. Il apparaĂ®t dans les sables de bastnäsite ((Ce, La, Th, Nd, Y)(CO3)F) et de monazite ((Ce, La, Th, Nd, Y)PO4). Cet Ă©lĂ©ment est difficile Ă  sĂ©parer des autres mĂ©taux de la mĂŞme famille, avec lesquels il est toujours associĂ©. Les minerais dans lesquels il est prĂ©sent sont plus ou moins radioactifs. Ils incluent la bastnäsite, l’allanite (sorosilicate), l’orthite, la bĂ©tafite, la samarskite, l’euxĂ©nite, la gadolinite, la fergusonite et le xĂ©notime. L’yttrium a Ă©tĂ© observĂ© dans des Ă©chantillons lunaires collectĂ©s lors du programme Apollo.

La croĂ»te terrestre contient de l’yttrium, Ă  hauteur de 31 ppm. Ainsi, il se situe au 28e rang des Ă©lĂ©ments les plus nombreux sur Terre. Son abondance est de 400 fois supĂ©rieure Ă  celle de l’argent. L’eau de mer contient de l’yttrium Ă  hauteur de 9 ppt (parties par million). Dans le sol, sa concentration est de 10 Ă  150 ppm. La quantitĂ© moyenne de cet Ă©lĂ©ment dans des Ă©chantillons secs est de 23 ppm.

L’yttrium n’a pas de fonction biologique connue, mais il est rencontrĂ© dans la plupart des organismes. Dans le corps humain, sa quantitĂ© normale ne dĂ©passe pas 0,5 mg. Il se concentre principalement dans le foie, la rate, les reins, les os et les poumons. Il est prĂ©sent dans le lait maternel Ă  un taux de 4 ppm.

Les plantes comestibles contiennent gĂ©nĂ©ralement 20 Ă  100 ppm d’yttrium. Ces teneurs sont plus Ă©levĂ©es dans certains lĂ©gumes, notamment le chou. On a mesurĂ© des concentrations allant jusqu’à 700 ppm dans les plantes ligneuses.

Gisements

En avril 2018, une Ă©tude a Ă©tĂ© publiĂ©e par des chercheurs japonais dans la revue Nature une Ă©tude. Elle mettait en avant la dĂ©couverte de nouveaux gisements de terres rares, Ă  l’Est du Japon. Ces minerais, situĂ©s Ă  plus de 5 000 mètres de profondeur dans le sĂ©diment marin, couvrent une superficie d’environ 2 500 km2. Les scientifiques ont estimĂ© qu’ils renferment approximativement 16 millions de tonnes de terres rares. Selon une publication parue dans Scientific Reports en avril 2018, une telle quantitĂ© d’oxydes de terres rares Ă©quivaut Ă  l’approvisionnement mondial en yttrium pendant 780 ans. L’exploitation de ces minerais pourrait produire l’équivalent d’un ravitaillement en dysprosium durant 730 ans, en europium pour une durĂ©e de 620 ans et en terbium pendant 420 ans. MĂŞme si la Chine et l’Australie sont les principaux producteurs de terres rares, cette dĂ©couverte pourrait avoir un impact important sur le marchĂ© mondial.

Formation

L’yttrium rĂ©sulte d’une nuclĂ©osynthèse stellaire au niveau du système solaire. Les principaux processus astrophysiques ayant conduit Ă  sa formation sont le processus s (72 %) et le processus (28 %). Étant donnĂ© que tous les Ă©lĂ©ments du groupe 3 ont un nombre impair de protons, ils ont peu d’isotopes stables. L’abondance de l’yttrium 89 est supĂ©rieure Ă  ce Ă  quoi on pourrait s’attendre. Cela s’explique par le fait que le processus sa formation est lent et favorise les isotopes voisins de 90, 138 ou 208. Ces derniers ont des noyaux atomiques particulièrement stables, contenant respectivement 50, 82 et 126 neutrons. Le nombre de masse du noyau de 89Y est de 89 et il possède 50 neutrons.

Production

La ressemblance entre les propriĂ©tĂ©s chimiques des lanthanides et de l’yttrium fait qu’on le rencontre souvent dans les minerais contenant des terres rares. Bien qu’il y ait une lĂ©gère sĂ©paration entre les terres rares lĂ©gères (dĂ©but de la famille) et lourdes (fin de la famille), celle-ci n’a jamais Ă©tĂ© complète. L’yttrium se retrouve principalement du cĂ´tĂ© des terres rares lourdes, malgrĂ© sa masse atomique faible. On dĂ©nombre quatre principales sources d’yttrium.

La première provient des minerais renfermant des carbonates ou des fluorures de terres rares légères. La bastnäsite ([(Ce, La, etc.)(CO3)F]) en est un exemple. En effet, ce type de minerai contient des terres rares lourdes et de l’yttrium (environ 0,1 %). Mountain Pass, situé en Californie, a été la principale source de bastnäsite entre les années 1960 et 1990. Grâce à cette mine de terres rares, les États-Unis sont devenus le plus important fournisseur de terres rares lourdes durant cette période.

La monazite ([(Ce, La, etc.)PO4]), un phosphate, constitue un gisement alluvionnaire rĂ©sultant de l’Ă©rosion du granit. Ce minerai de terres rares lĂ©gères contient 2 %, voire ou 3 %, d’yttrium. D’importants gisements ont Ă©tĂ© exploitĂ©s au BrĂ©sil et en Inde au dĂ©but du XIXe siècle. Par consĂ©quent, ces deux pays ont Ă©mergĂ© en tant que principaux producteurs d’yttrium au cours de la première moitiĂ© de ce siècle.

La troisième source d’yttrium est le xĂ©notime. Ce phosphate de terres rares lourdes renferme jusqu’à 60 % de phosphate d’yttrium (YPO4). Ce qui en fait le plus grand minerai de xĂ©notime. Ce minĂ©ral est extrait Ă  Bayan Obo, en Chine. Le pays devient alors le plus gros exportateur de terres rares lourdes depuis la fin de l’exploitation de la mine de Mountain Pass.

Les argiles de Lognan, Ă©galement connues sous le nom d’argiles absorbantes d’ions, constituent la quatrième source d’yttrium. Ces argiles sont obtenues par la mĂ©tĂ©orisation du granit. Elles renferment 1 % de terres rares lourdes, dont certaines contiennent jusqu’Ă  8 % d’yttrium. L’exploitation de ces argiles se fait principalement dans le sud de la Chine. Par ailleurs, l’yttrium peut ĂŞtre extrait d’autres minĂ©raux, tels que la fergusonite et la samarskite.

La sĂ©paration de l’yttrium des autres terres rares est un processus difficile. Cependant, l’extraction de l’yttrium pur Ă  partir d’un mĂ©lange d’oxyde contenu dans le minerai est possible. Elle implique la dissolution de l’oxyde dans de l’acide sulfurique, suivie de l’isolation de celui-ci Ă  l’aide de la chromatographie Ă  Ă©change d’ions. En ajoutant de l’acide oxalique, on provoque la prĂ©cipitation de l’oxalate d’yttrium. Ce dernier est ensuite changĂ© en oxyde par chauffage, en prĂ©sence d’oxygène. Pour produire du fluorure d’yttrium, on fait entrer en rĂ©action l’oxyde avec le fluorure d’hydrogène.

En 2001, la production mondiale d’oxyde d’yttrium a atteint 600 tonnes par an. La quantitĂ© des rĂ©serves est estimĂ©e Ă  9 millions de tonnes. La production annuelle d’yttrium mĂ©tal se limite Ă  quelques tonnes seulement. Ce dernier est obtenu par la transformation du fluorure d’yttrium en une Ă©ponge mĂ©tallique après une rĂ©action avec un alliage de magnĂ©sium et de calcium. Pour fondre l’yttrium, on a besoin d’un four Ă  arc chauffĂ© Ă  1 600 °C.

Applications de l’yttrium

Utilisations au grand public

L’yttrium est utilisĂ© dans divers domaines. Sa principale application se trouve dans la fabrication de luminophores, notamment ceux dans les LEDs. De mĂŞme, cet Ă©lĂ©ment joue un rĂ´le important dans la production des luminophores rouges utilisĂ©s dans les tĂ©lĂ©viseurs Ă  tube cathodique.

Il est possible de rĂ©aliser un dopage de l’oxyde d’yttrium en y incorporant des ions Eu3+. Il sert ainsi de rĂ©actif pour produire de l’orthovanadate d’yttrium YVO4:Eu3+ ou de l’oxysulfure d’yttrium Y2O2S:Eu3+. La dĂ©sexcitation des atomes d’europium est responsable de la coloration rouge obtenue. On peut introduire d’autres cations lanthanides comme le Tb3+dans l’yttrium afin d’obtenir une luminescence verte. L’oxyde d’yttrium trouve aussi une application en tant qu’additif de frittage dans la fabrication de nitrure de silicium poreux. Par ailleurs, en dehors de son usage dans cette industrie, l’yttrium sert de catalyseur dans la polymĂ©risation de l’Ă©thylène. Il entre dans la confection d’électrodes des bougies d’allumage haute performance. Il est utilisĂ© comme substitut au thorium radioactif dans la fabrication des manchons Ă  incandescence des lampes au propane. On utilise de plus en plus la zircone stabilisĂ©e Ă  l’yttrium actuellement. Elle est employĂ©e comme conducteur Ă©lectrolyte solide et capteur d’oxygène dans les systèmes d’Ă©chappement automobile. En outre, cet Ă©lĂ©ment chimique trouve Ă©galement des applications dans la production d’Ă©lectrodes, d’Ă©lectrolytes, de filtres Ă©lectroniques, de lasers et de matĂ©riaux supraconducteurs.

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Grenats

L’yttrium est un Ă©lĂ©ment clĂ© dans la production d’une variĂ©tĂ© de grenats synthĂ©tiques. L’oxyde d’yttrium est utilisĂ© dans la crĂ©ation de filtres microondes très efficaces appelĂ©s YIG (grenat de fer et d’yttrium). Les grenats contenant de l’yttrium, du fer, de l’aluminium et du gadolinium, tels que Y3(Fe, Al)5O12 et Y3(Fe, Ga)5O12, prĂ©sentent des propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques significatives. Les YIG possèdent des capacitĂ©s remarquables en tant que transmetteurs d’Ă©nergie acoustique et des transducteurs hautement performants.

Les grenats d’aluminium et d’yttrium (Y3Al5O12 ou YAG) affichent un niveau de duretĂ© de 8,5, sur l’Ă©chelle de Mohs. L’industrie de la joaillerie en fait l’usage frĂ©quemment pour imiter l’apparence du diamant. En outre, les cristaux de YAG:Ce, qui sont dopĂ©s avec du cĂ©rium, sont exploitĂ©s en tant que luminophores dans la production de LEDs blanches.

Les cristaux de YAG, d’oxyde d’yttrium, de fluorure d’yttrium et de lithium, ainsi que d’ortho vanadate d’yttrium, sont couramment dopĂ©s avec des Ă©lĂ©ments, tels que le nĂ©odyme, l’erbium et l’ytterbium. Ils sont utilisĂ©s dans les lasers Ă  infrarouge proche. Les lasers YAG Ă  haute puissance peuvent servir Ă  la dĂ©coupe de mĂ©taux. Le procĂ©dĂ© utilisĂ© pour la fabrication des monocristaux dopĂ©s aux YAG est souvent la mĂ©thode Czochralski.

Additif

Des quantitĂ©s minimes d’yttrium (0,1 Ă  0,2 %) permettent de rĂ©duire la taille des grains prĂ©sents dans le chrome, le molybdène, le titane et le zirconium. L’yttrium sert Ă  amĂ©liorer les caractĂ©ristiques mĂ©caniques des alliages de magnĂ©sium et d’aluminium. En effet, l’ajout de cet Ă©lĂ©ment facilite la mise en forme des alliages. Il rĂ©duit la recristallisation Ă  haute tempĂ©rature et accentue considĂ©rablement la rĂ©sistance Ă  l’oxydation Ă  haute tempĂ©rature. Par ailleurs, il entre en jeu dans le processus de dĂ©soxydation du vanadium et d’autres mĂ©taux non ferreux. L’oxyde d’yttrium est un stabilisant de la zircone cubique utilisĂ©e dans la bijouterie. L’incorporation d’yttrium dans la composition de cĂ©ramiques et de verres aide Ă  diminuer leur coefficient de dilatation thermique et Ă  accroĂ®tre leur rĂ©sistance aux chocs. Pour cette raison, l’yttrium est couramment utilisĂ© dans la fabrication d’objectifs photographiques.

Médecine

On utilise le 90Y, un isotope radioactif de l’yttrium, dans divers mĂ©dicaments, tels que l’ibritumomab tiuxĂ©tan et l’yttrium Y 90-DOTA-tyr3-octreotide. Ils traitent diffĂ©rents types de cancer, comme les lymphomes, les leucĂ©mies, les cancers des ovaires, du pancrĂ©as, des os et le cancer colorectal. Cet isotope se lie Ă  des anticorps monoclonaux qui se fixent Ă  leur tour aux cellules cancĂ©reuses. La destruction de ces dernières est possible grâce aux Ă©missions β provenant de la dĂ©sintĂ©gration de l’yttrium 90.

Les aiguilles en yttrium-90 sont plus prĂ©cises que les scalpels. Elles agissent sur les nerfs qui responsables de la transmission de la douleur au niveau de la moelle Ă©pinière. Les synoviorthèses isotopiques ont Ă©galement recours Ă  l’yttrium 90. Il intervient dans le traitement des inflammations articulaires, en particulier celles affectant les genoux, chez les patients souffrant de polyarthrite rhumatoĂŻde.

Supraconducteurs

En 1987, on a dĂ©couvert de la supraconductivitĂ© Ă  haute tempĂ©rature critique dans un composĂ© contenant de l’yttrium. En effet, le YBa2Cu3O7 est le deuxième matĂ©riau Ă  prĂ©senter cette propriĂ©tĂ©. C’est le premier oxyde mixte de baryum, de cuivre et d’yttrium Ă  prĂ©senter une tempĂ©rature critique (Tc = 93K) supĂ©rieure Ă  celle d’Ă©bullition de l’azote liquide (77K).

Sécurité

Les composĂ©s d’yttrium solubles dans l’eau ont une toxicitĂ© modĂ©rĂ©e. En revanche, ceux qui ne sont pas solubles dans l’eau sont considĂ©rĂ©s comme non toxiques. D’autres expĂ©riences ont Ă©tĂ© effectuĂ©es avec les animaux. Celles-ci ont montrĂ© que l’yttrium et ses dĂ©rivĂ©s peuvent causer des dommages au foie et aux poumons. Toutefois, la toxicitĂ© varie selon le composĂ© en question.

Chez le rat, l’inhalation de citrate d’yttrium provoque des Ĺ“dèmes pulmonaires et des difficultĂ©s respiratoires. Mettre ces animaux en prĂ©sence de chlorure d’yttrium entraĂ®ne des Ĺ“dèmes du foie, des Ă©panchements pleuraux et des hyperhĂ©mies pulmonaires.

Le contact avec des composĂ©s de l’yttrium peut provoquer des maladies pulmonaires chez l’homme. Des poussières en suspension contenant de vanadate d’europium et d’yttrium ont entraĂ®nĂ© de lĂ©gères irritations des yeux, de la peau et des voies respiratoires. Cependant, il est possible que ces troubles proviennent du vanadium plutĂ´t que de l’yttrium. Une exposition prolongĂ©e Ă  des composĂ©s d’yttrium peut causer des affections, telles que des difficultĂ©s respiratoires, une toux, des douleurs thoraciques et une cyanose. Le NIOSH recommande de limiter l’exposition Ă  ces produits Ă  1 mg/m3 contre 500 mg/m3 pour DIVS. Il convient de noter que les poussières d’yttrium sont inflammables.


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