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Vanadium

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Caractéristiques du vanadium

  • Symbole : V
  • Masse atomique : 50,941 5 ± 0,000 1u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-62-2
  • Configuration Ă©lectronique : [Ar] 3d3 4s2
  • NumĂ©ro atomique : 23
  • Groupe : 5
  • Bloc : Bloc d
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal de transition
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1,63
  • Point de fusion : 1 910 °C

Voir les produits associés au vanadium

Le vanadium, Ă©lĂ©ment atomique n°23 de symbole V : ses caractĂ©ristiques, ses utilisations, sa production et ses risques sur la santĂ© et l’Ă©cologie.

Le vanadium, Ă©lĂ©ment chimique de symbole V a Ă©tĂ© dĂ©couvert pour la première fois en 1801 par AndrĂ©s Manuel del Rio. Le minĂ©ralogiste espagnol baptisa le mĂ©tal rare d’après la dĂ©esse nordique de la beautĂ©, Dis des Vanir, d’après les couleurs vives de ses composĂ©s. Ce n’est que 30 ans plus tard que ses travaux ont Ă©tĂ© validĂ©s par Friedrich Wöhler.

Le vanadium appartient au groupe 5B du tableau pĂ©riodique. Le V naturel comprend deux isotopes : l’isotope stable 51V (99,76 %) et l’isotope faiblement radioactif 50V (0,24 %). Le vanadium existe dans diffĂ©rents Ă©tats d’oxydation (de -3 Ă  +5). Ces transitions reprĂ©sentent les couleurs de l’arc-en-ciel. En tant que mĂ©tal de transition, il en prĂ©sente toutes les caractĂ©ristiques, la rĂ©sistance, la conductivitĂ© Ă©lectrique. Ces nombreux atouts lui ont vouĂ© le titre de mĂ©tal polyvalent et de nombreuses applications.

Le vanadium a Ă©tĂ© utilisĂ© depuis le Moyen-Ă‚ge dans la mĂ©tallurgie, notamment dans la conception de lames. C’est grâce Ă  ses caractĂ©ristiques qu’est nĂ© le secret des fameuses lames de Damas avec leurs magnifiques inscriptions. Le vanadium est aujourd’hui encore utilisĂ© dans la mĂ©tallurgie. Il connaĂ®t Ă©galement un intĂ©rĂŞt grandissant dans la technologie et dans de nombreux secteurs, tels que la cĂ©ramique et l’industrie. Il existe plusieurs produits Ă  base de vanadium dans le commerce, et la demande de tels produits va en grandissant. Cette tendance a fait que le vanadium est actuellement considĂ©rĂ© comme un des mĂ©taux stratĂ©giques au monde.

Seulement, les activitĂ©s minières extensives ont provoquĂ© une grave contamination par le vanadium. Près de 53 % du vanadium prĂ©sent dans l’air seraient d’origine humaine. Le vanadium se classe d’ailleurs parmi les cinq premiers Ă©lĂ©ments de transition, avec des concentrations moyennes de 150 mg kg-1 dans le sol, de 1,8 ÎĽg L-1 dans les ocĂ©ans et de 1 000 ng m3 dans l’atmosphère des zones urbaines. La toxicitĂ© du vanadium fait qu’il prĂ©sente un risque pour l’humanitĂ© et la planète. L’Ă©cotoxicitĂ© du vanadium fera l’objet du dernier chapitre de cet article après ses caractĂ©ristiques, son utilisation, sa production et les risques du vanadium sur la santĂ© humaine.

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Caractéristiques physico-chimiques du vanadium

Le vanadium est un Ă©lĂ©ment chimique de numĂ©ro atomique 23. Voici ses propriĂ©tĂ©s atomiques et physico-chimiques :

  • Masse atomique : 50,941 5 ± 0,000 1 u
  • Groupe : 5
  • PĂ©riode : 4e pĂ©riode
  • Bloc : Bloc d
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : mĂ©tal de transition
  • Configuration Ă©lectronique :3d3 4s2
  • Électrons par niveau d’Ă©nergie : 2, 8, 11, 2
  • Masse volumique : 6,0 g/cm3 (18,7 Â°C)
  • Point de fusion : 1 910 °C
  • Point d’Ă©bullition : 3 407 °C
  • Énergie de fusion : 20,9 kJ/mol
  • Énergie de vaporisation : 452 kJ/mol
  • ConductivitĂ© Ă©lectrique : 4,89×106 S/m
  • ConductivitĂ© thermique : 30,7 W m-1 K-1
  • Indices de danger (CLP) : H228 (inflammable), H315 (source d’irritation cutanĂ©e), H319 (source de sĂ©vère irritation des yeux), H335 (source d’irritation de la voie respiratoire)

Le vanadium est un mĂ©tal rare de couleur blanc argentĂ© d’oxydation accĂ©lĂ©rĂ©e Ă  environ 660 Â°C. Les Ă©tats d’oxydation communs du vanadium sont le monoxyde de vanadium (+2), le trioxyde de vanadium (+3), le dioxyde de vanadium (+4) et le pentoxyde de vanadium (+5). Ces oxydes, reconnus pour leur caractère amphotère, sont respectivement de couleur violet pâle, vert, bleu et incolore.

La diffĂ©rence de couleurs des diffĂ©rents Ă©tats d’oxydation du vanadium s’explique au fait qu’il appartient aux mĂ©taux de transition. Ce sont des Ă©lĂ©ments chimiques dont les atomes ont une sous-couche Ă©lectronique d incomplète, ou qui peuvent former des cations dont la sous-couche Ă©lectronique d est incomplète. Outre des oxydes colorĂ©s, le vanadium possède les autres caractĂ©ristiques communes Ă  cette famille d’Ă©lĂ©ments.

  • Solide Ă  l’Ă©tat normal avec une tempĂ©rature de fusion Ă©levĂ©e (1 910 Â°C).
  • Bon conducteur d’Ă©lectricitĂ©.
  • Excellentes propriĂ©tĂ©s catalytiques Ă  l’Ă©tat atomique qu’ionique.

Un autre point caractĂ©ristique du vanadium est son rĂ´le d’oligoĂ©lĂ©ment. Le vanadium intervient en effet dans de nombreuses rĂ©actions enzymatiques, ainsi que la minĂ©ralisation des os et des dents et permet d’inhiber la synthèse de cholestĂ©rol. Il est notamment prĂ©sent Ă  très faibles teneurs dans le poivre noir, les champignons, les lĂ©gumineuses et les fruits de mer.

Une autre spĂ©cificitĂ© notable du vanadium est son excellente force structurelle. Le vanadium est un mĂ©tal particulièrement dur. Sa rĂ©sistance aux rayures est estimĂ©e Ă  7 sur l’Ă©chelle de Moh. Sa rĂ©sistance aux indentations quant Ă  elle s’Ă©lève Ă  650 MPa. En plus de sa duretĂ©, le vanadium est Ă©galement ductile et mallĂ©able de par sa structure cristalline cubique centrĂ©e.

Ces nombreuses caractĂ©ristiques valent au vanadium le statut d’Ă©lĂ©ment essentiel de par la multiplicitĂ© de ses applications possibles.

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Utilisations du vanadium et de ses dérivés

Le vanadium est majoritairement utilisĂ© dans l’industrie sidĂ©rurgique, Ă  hauteur de 90 % du stock disponible. Il reste nĂ©anmoins un composant essentiel dans plusieurs industries sophistiquĂ©es. L’Ă©lectronique, la navigation spatiale, la teinture, les industries nuclĂ©aires, ainsi que la mĂ©decine et plus rĂ©cemment les technologies vertes connaissent une demande croissante en cet Ă©lĂ©ment. Avec leurs caractĂ©ristiques spĂ©ciales, le vanadium et ses dĂ©rivĂ©s permettent des secteurs d’application variĂ©s.

Métallurgie

Le vanadium est très prisĂ© dans la sidĂ©rurgie pour le renforcement des mĂ©taux et sa forte rĂ©sistance Ă  la corrosion. Ă€ l’Ă©tat Ă©lĂ©mentaire, le vanadium est principalement destinĂ© Ă  la fabrication d’alliages de mĂ©taux.

  • Alliages ferreux et aciers, plus de 80 % de la consommation de vanadium.
  • Alliages non ferreux comme l’alliage au titane ou au chrome.

Le ferrovanadium est le principal alliage mĂ©tallique composĂ© de vanadium. Il est gĂ©nĂ©ralement produit par rĂ©duction de minerai de vanadium avec du fer ou de l’acier. Il sert principalement d’additif dans la production d’acier pour amĂ©liorer la rĂ©sistance, la duretĂ©, la rĂ©sistance Ă  la corrosion et la rĂ©sistance Ă  l’usure. Le ferrovanadium est particulièrement utile dans la production d’aciers spĂ©ciaux pour les applications oĂą la rĂ©sistance est une exigence critique, telles que les outils de coupe, les pièces de moteurs Ă  haute performance, les ponts et les pipelines. Il est Ă©galement utilisĂ© dans la production de titane et d’aluminium pour amĂ©liorer leurs propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques.

Avec sa force et sa stabilitĂ© thermique, le vanadium est un Ă©lĂ©ment irremplaçable dans l’industrie aĂ©rospatiale. L’alliage du vanadium au titane est notamment utilisĂ© dans la fabrication des moteurs Ă  rĂ©action.

L’alliage chrome-vanadium est quant Ă  lui prisĂ© pour la rĂ©sistance Ă  l’usure et est utilisĂ© dans la fabrication de couteaux, d’outils et pièces mĂ©caniques comme les tournevis et les boulons haute rĂ©sistance. Les autres alliages non ferreux (aluminium, cuivre, …) sont aussi importants dans l’aĂ©ronautique et la technologie spatiale.

Construction

La construction constitue un autre domaine oĂą le vanadium est une ressource capitale. Sa duretĂ© et sa rĂ©sistance Ă  la corrosion et Ă  l’usure en font un additif majeur. Il est utilisĂ© dans les bâtiments Ă  structure d’acier micro-alliĂ©. Il sert par exemple, dans la conception des barres d’armatures antisismiques, une application essentielle pour les pays Ă  forte exposition aux sĂ©ismes.

Une autre utilisation du vanadium est la fabrication de verre opacifiant Ă©coĂ©nergĂ©tique pour fenĂŞtre. Le vanadium, sous forme de pentoxyde de vanadium, qui est un absorbant des rayons UV, permet d’Ă©viter la perte de chaleur par le blocage de la radiation thermique durant l’hiver et l’infiltration des radiations infrarouges dans le bâtiment.

Chimie

L’application du vanadium dans la chimie est diversifiĂ©e, en particulier Ă  l’Ă©tat d’oxyde. Il sert surtout de catalyseur dans plusieurs industries. Le pentoxyde de vanadium permet de produire notamment de l’acide sulfurique et du formaldĂ©hyde.

Le bleu vanadium, autre nom du pentoxyde de vanadium, est aussi utilisĂ© comme pigment dans l’industrie des peintures et des revĂŞtements pour produire des teintes de bleu clair Ă  bleu profond. En plus de son utilisation dans l’industrie, le bleu vanadium est de mĂŞme utilisĂ© en chimie analytique comme rĂ©actif pour la dĂ©termination de la teneur en alcalinitĂ© dans les eaux naturelles et les eaux usĂ©es. Il est Ă©galement utilisĂ© dans la recherche scientifique pour Ă©tudier les propriĂ©tĂ©s de la matière Ă  l’Ă©chelle atomique et molĂ©culaire.

Le vanadium est utilisĂ© dans les applications nuclĂ©aires sous forme composĂ©e. Les alliages de vanadium sont par exemple utilisĂ©s dans la structure des rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Ils ont l’avantage de prĂ©senter une faible absorption des neutrons, un facteur de stress thermique Ă©levĂ© et une rĂ©sistance aux radiations. Un autre composĂ©, l’hydrure de vanadium, sert Ă©galement de modĂ©rateur Ă  neutrons dans les rĂ©acteurs atomiques.

Médecine

Le vanadium connaĂ®t des applications en mĂ©decine. AjoutĂ© Ă  l’aluminium et au titane, il permet de concevoir les dispositifs mĂ©dicaux tels que les implants orthopĂ©diques. Outre l’utilitĂ© mĂ©tallique du vanadium, cet Ă©lĂ©ment connaĂ®t aussi un intĂ©rĂŞt dans le domaine pharmaceutique. Un de ses dĂ©rivĂ©s, le sulfate de vanadyle par exemple, est utilisĂ© dans la conception de vitamines servant Ă  amĂ©liorer le mĂ©tabolisme du glucose dans le sang. La propriĂ©tĂ© insulino-sensibilisante des produits thĂ©rapeutiques Ă  base de vanadium a supposĂ© une possible utilisation du vanadium dans la cure contre la diabĂ©tique. Mais les recherches ont dĂ©montrĂ© l’impossibilitĂ© de la solution Ă  long terme, vu la toxicitĂ© du vanadium. Une autre piste de recherche mĂ©dicale sur le vanadium cible la chimiothĂ©rapie, Ă©tant donnĂ© les effets antitumoraux prometteurs de l’Ă©lĂ©ment et de ses dĂ©rivĂ©s. Les Ă©tudes ont montrĂ© que les composĂ©s du vanadium ont des effets prĂ©ventifs contre la cancĂ©rogenèse chimique par la modification des enzymes xĂ©nobiotiques. Cette caractĂ©ristique permet d’inhiber les mĂ©tabolites actifs issus des cancĂ©rogènes. Les Ă©tudes ont Ă©galement montrĂ© que les effets antitumoraux du vanadium conduisaient Ă  l’activation des gènes suppresseurs de tumeurs par l’inhibition des tyrosines phosphatases cellulaires et l’activation des tyrosines phosphorylases. Le vanadium a aussi des effets inhibiteurs sur le potentiel mĂ©tastatique des cellules cancĂ©reuses grâce Ă  la modulation des molĂ©cules adhĂ©sives cellulaires et peut inverser la rĂ©sistance aux mĂ©dicaments antitumoraux. Sa toxicitĂ© Ă©tant notamment plus faible par rapport aux autres mĂ©taux ou agents antitumoraux organiques, il pourrait ĂŞtre une solution efficace dans le traitement du cancer.

Électronique

Le vanadium connaĂ®t un intĂ©rĂŞt grandissant dans l’Ă©lectronique. Le vanadate d’yttrium est notamment utilisĂ© dans la conception des tubes de tĂ©lĂ©vision en couleur. L’utilisation la plus prometteuse de ce mĂ©tal est dans la production de batteries dites Ă  flux au vanadium-redox, qui sont considĂ©rĂ©es comme une alternative prometteuse aux batteries au lithium-ion en raison de leur capacitĂ© de stockage d’Ă©nergie Ă  grande Ă©chelle et de leur longue durĂ©e de vie.

Une batterie Ă  flux est un type de batterie rechargeable qui stocke de l’Ă©nergie Ă©lectrique, gĂ©nĂ©ralement sous forme de solutions d’ions mĂ©talliques. Contrairement aux batteries conventionnelles, cette technologie sĂ©pare les processus de stockage et de conversion d’Ă©nergie, ce qui leur permet de stocker de grandes quantitĂ©s d’Ă©nergie Ă  des coĂ»ts relativement bas. Les batteries Ă  flux sont destinĂ©es au stockage de l’Ă©nergie renouvelable de source Ă©olienne ou solaire, car elles permettent de stocker de l’Ă©nergie en excès lorsque la production est supĂ©rieure Ă  la demande et la libĂ©rer au besoin. Les batteries Ă  flux permettent Ă©galement de stabiliser le rĂ©seau Ă©lectrique et de fournir de l’Ă©nergie de secours. Les avantages des batteries Ă  flux comprennent leur durabilitĂ©, leur faible coĂ»t de maintenance, leur grande capacitĂ© de stockage, leur sĂ©curitĂ© et leur faible impact environnemental. Leur efficacitĂ© Ă©nergĂ©tique est seulement infĂ©rieure Ă  celle des batteries conventionnelles, ce qui limite leur utilisation dans certaines applications. Mais les prĂ©visions des experts du domaine montrent que la part de production mondiale du vanadium destinĂ©e Ă  ce marchĂ© devrait augmenter dans les annĂ©es Ă  venir face Ă  la demande Ă©nergĂ©tique croissante.

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Production du vanadium

Le vanadium consommé dans les diverses applications citées ci-dessus vient de trois sources. Ce sont les minerais, les autres sources naturelles et les procédés industriels.

Minerais de vanadium

Selon l’Institut de recherche en minĂ©ralogie amĂ©ricaine, la rĂ©serve mondiale en vanadium est estimĂ©e Ă  plus de 63 millions de tonnes. L’Ă©lĂ©ment se rencontre dans la nature sous forme de composĂ©s chimiques prĂ©sents dans plus de 65 espèces de minerais, dont la bauxite, la tanzanite et les matières carbonĂ©es comme le charbon.

Les minerais les plus courants dans la mĂ©tallurgie du vanadium sont les suivants :

  • la patronite, la bravoite dans les mines du PĂ©rou, la sulvanite dans des exploitations australiennes et amĂ©ricaines, la davidite en Australie, la cuprodescloizite et la descloizite de Namibie et de Zambie ;
  • la carnotite, la roscoĂ©lite, extraites des roches grĂ©seuses des plateaux du Colorado (USA), sont des sources moins importantes de vanadium, mais qui permettent de produire conjointement de l’uranium ;
  • les roches schisteuses phosphato-vanado-ferreuses sont des sources importantes pour la mĂ©tallurgie du vanadium et l’obtention du phosphore,
  • la magnĂ©tite titano-ferreuse ou titanomagnĂ©tite prĂ©sente en Russie, en Chine, mais surtout dans la RĂ©publique sud africaine, devient aussi une source significative de vanadium.

Tous les minerais sont, au prĂ©alable, concassĂ©s, broyĂ©s et tamisĂ©s avant d’être engagĂ©s dans un procĂ©dĂ© d’extraction. Le minerai de vanadium est gĂ©nĂ©ralement un sous-produit de l’extraction minière d’une autre matière. La production minière mondiale de vanadium en 2022 Ă©tait estimĂ©e Ă  100 000 millions de tonnes. Les 4 principaux pays producteurs sont la Chine Ă  70 000 millions de tonnes, la Russie Ă  17 000 millions, l’Afrique du Sud Ă  9 100 millions et le BrĂ©sil Ă  6 200 millions. Les mines amĂ©ricaines, elles, ont Ă©tĂ© fermĂ©es en 2020 suite Ă  la situation sanitaire et n’ont pas encore repris en 2022.

Production industrielle du vanadium

Outre la source naturelle, le vanadium et ses dĂ©rivĂ©s peuvent ĂŞtre obtenus de la production industrielle. Le vanadium est notamment obtenu comme produit secondaire dans certaines fabrications industrielles. La mĂ©tallurgie de l’aluminium avec la bauxite comme matière produit notamment du sel de vanadium comme dĂ©chet. Il en est de mĂŞme des raffineries de pĂ©trole dont les rĂ©sidus renferment jusqu’Ă  40 % de vanadium. Les suies et les cendres des centrales thermiques contiennent Ă©galement du vanadium.

Outre les dĂ©chets industriels, plusieurs procĂ©dĂ©s permettent de produire le vanadium. Le vanadium Ă©lĂ©mentaire est produit par la rĂ©duction du chlorure de vanadium par l’hydrogène ou le magnĂ©sium. Il est Ă©galement obtenu par le mĂŞme processus, mais avec du pentoxyde de vanadium comme matière première et le calcium comme agent rĂ©ducteur. Cette dernière mĂ©thode permet de produire un vanadium pur Ă  99,5 % Ă  l’échelle commerciale. Ce niveau de puretĂ© peut ĂŞtre augmentĂ© jusqu’Ă  plus de 99,9 % par des mĂ©thodes d’affinage (aluminothermie, traitement par iode ou Ă©lectrotransport) selon la qualitĂ© dĂ©sirĂ©e.

Le pentoxyde de vanadium quant Ă  lui peut ĂŞtre obtenu par rĂ©duction de titanomagnĂ©tite par du charbon Ă  haute tempĂ©rature. Le procĂ©dĂ© produit des scories contenant en majoritĂ© du titane et de la fonte brute avec principalement du fer et du vanadium. De l’oxygène est ensuite insufflĂ© Ă  la fonte brute en fusion pour produire un autre type de scorie contenant jusqu’Ă  12 Ă  24 % de pentoxyde de vanadium.

Il peut Ă©galement ĂŞtre produit de la carnotite (uranium-vanadium) par lavage Ă  l’acide sulfurique. Le procĂ©dĂ© consiste Ă  l’extraction au solvant de l’uranium et la rĂ©duction Ă  la poudre de fer du vanadium. Le vanadium obtenu est Ă  l’Ă©tat de sulfate de vanadyle, qui est oxydĂ© par du chlorate de sodium pour ĂŞtre ensuite prĂ©cipitĂ© par sel d’ammonium.

Risques du vanadium sur la santĂ© et sur l’Ă©cologie

Comme il a Ă©tĂ© dit plus haut, le vanadium est un composant essentiel dans certaines activitĂ©s industrielles. Seulement les composĂ©s du vanadium, en particulier le pentoxyde de vanadium, prĂ©sentent une toxicitĂ© pouvant prĂ©senter des risques pour l’humanitĂ© et l’environnement.

Toxicité du vanadium

Si toute la population mondiale est faiblement exposĂ©e au vanadium par sa prĂ©sence dans l’air, l’eau et les aliments, les personnes travaillant dans les usines de traitement du vanadium sont les plus Ă  risque. Le vanadium est effectivement plus concentrĂ© dans les usines de traitement du produit, mais il est Ă©galement prĂ©sent dans la fumĂ©e des cigarettes, les installations industrielles de combustion de fioul ou de charbon.

Les effets de l’exposition aux composĂ©s du vanadium, que ce soit par ingestion, contact cutanĂ© ou inhalation, varient selon la dose, la durĂ©e et le degrĂ© de toxicitĂ© de la matière. Certains dĂ©rivĂ©s du vanadium sont plus toxiques que d’autres, comme les oxydes de vanadium le sont plus que les vanadates. Ils sont classĂ©s en trois niveaux de gravitĂ©. La forme lĂ©gère se prĂ©sente par une rhinite et une irritation de la gorge. Le rhume peut donner suite Ă  un Ă©tat de faiblesse gĂ©nĂ©rale. Des cas de conjonctivite et de diarrhĂ©e peuvent de mĂŞme survenir. La forme modĂ©rĂ©e inclut la conjonctivite, l’irritation des bronchites avec une difficultĂ© Ă  respirer, ainsi que des vomissements et de la diarrhĂ©e. Elle peut Ă©galement se manifester par des Ă©ruptions cutanĂ©es. La forme sĂ©vère se caractĂ©rise par des bronchites et des broncho-pneumonies. Les maux de tĂŞte, vomissements et palpitations peuvent aussi s’aggraver. Des dĂ©sordres du système nerveux comme des Ă©tats neurotoxiques sĂ©vères et des tremblements des mains et des doigts en constituent d’autres symptĂ´mes.

Les recherches sur la caractĂ©ristique de perturbateur endocrinien du vanadium ont dĂ©montrĂ© que l’Ă©lĂ©ment peut ĂŞtre mortel Ă  forte dose et prĂ©senter des effets secondaires majeurs en termes reproductif et gĂ©nĂ©tique. Les expĂ©riences menĂ©es sur des animaux de laboratoire ont montrĂ© qu’Ă  long terme, une forte exposition au vanadium entraĂ®nait un affaiblissement avec anorexie et perte de poids. Ces symptĂ´mes s’ensuivent d’hĂ©morragies nasales ou pulmonaires avec une nĂ©crose des tissus lymphoĂŻdes et une nĂ©crose tubulaire rĂ©nale, le foie et le poumon Ă©tant les organes montrant le plus de concentration de vanadium. Ces pathologies conduisent Ă  la mort. La reprotoxicitĂ©, Ă  savoir la diminution du nombre de nouveau-nĂ©s viables et la gĂ©notoxicitĂ© (transformation de l’ADN) ont Ă©galement Ă©tĂ© observĂ©es chez des rats de laboratoire suite Ă  une exposition continue au vanadium.

Des antidotes et chélateurs existent pour réduire la toxicité du vanadium et ses dérivés, comme les extraits végétaux de sésame. Seulement leur utilisation donne suite à des effets secondaires.

Écotoxicité du vanadium

Le cycle bio-gĂ©ochimique du vanadium se caractĂ©rise par un relargage naturel dans l’atmosphère, l’eau et la terre, et par des sources anthropogĂ©niques. Les sources d’exposition au vanadium dues Ă  des phĂ©nomènes naturels semblent consĂ©quentes. Par exemple, dans l’air ou dans l’eau, le vanadium provient principalement des Ă©missions volcaniques, de l’Ă©rosion des roches. Mais les sources anthropiques gagnent en importance dans la pollution de l’air, du sol et des eaux avec l’accroissement des activitĂ©s industrielles relatives au vanadium, notamment dans les rĂ©gions pĂ©trolières et industrielles.

Les aĂ©rosols d’hydrocarbures des usines de chauffage et de raffinement du pĂ©trole produisent notamment pas moins de 100 Gg de vanadium par an. Les usines d’extraction de pĂ©trole produisent au maximum 410 Gg de vanadium par an. Les particules de vanadium prĂ©sent dans l’atmosphère sont estimĂ©es Ă  150 Gg dont un pourcentage est transformĂ© en eau de pluie pour terminer dans les ocĂ©ans.

Ces quantitĂ©s prĂ©sentent un risque pour la faune et la flore, notamment avec la pollution des eaux et des sols. Les seuils de toxicitĂ© varient selon les espèces. Chez les animaux marins, la concentration d’effet se situe entre 0,37 et 65 mg/L chez les crustacĂ©s et entre 0,16 et 55 mg/L pour les poissons. La phytotoxicitĂ© a Ă©tĂ© avĂ©rĂ©e dès quelques mg/L chez les algues d’eau douce et les zooplanctons cultivĂ©s en laboratoire. Une situation Ă  risque pour la chaĂ®ne alimentaire des milieux aquatiques et l’écosystème en entier. Pour les animaux, la dose lĂ©tale varie Ă©galement selon l’espèce, mais un cas rĂ©cent suĂ©dois a vu la mort de 23 bovins d’un troupeau de 98 tĂŞtes en 10 jours après une intoxication aigĂĽe par ingestion d’herbe contaminĂ©e au vanadium, issu d’un Ă©pandage de laitier mĂ©tallurgique. Quant Ă  la pollution des sols au vanadium, elle est plus observĂ©e dans les rĂ©gions exploitant cet Ă©lĂ©ment, notamment aux États-Unis et en Afrique du Sud. Les concentrations varient selon le niveau d’exploitation et la nature du sol, pouvant aller jusqu’Ă  9 200 mg/kg de sol. En cas de forte concentration, la diffusion de cet Ă©lĂ©ment toxique peut augmenter les risques environnementaux.


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