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Phosphore

element-chimique-15-phosphore

Caractéristiques du Phosphore

  • Symbole : P
  • Masse atomique : 30,973 761 998 ±5 × 10−9u
  • NumĂ©ro CAS : 7723-14-0(jaune) 29879-37-6(rouge)
  • Configuration Ă©lectronique : [Ne] 3s23p3
  • NumĂ©ro atomique : 15
  • Groupe : 15
  • Bloc : Bloc P
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : Non-mĂ©tal
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 2,19
  • Point de fusion : 44,15 °C (blanc), 590 °C (rouge)

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Le phosphore, élément atomique n°15 de symbole P : son histoire, ses propriétés, son utilité et son cycle.

Dans le tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments chimiques, le phosphore a comme symbole P et le numĂ©ro atomique 15. Sa masse atomique est de 30,973 761 998 u. Cet Ă©lĂ©ment chimique appartient Ă  la famille des pnictogĂšnes. C’est un Ă©lĂ©ment non mĂ©tallique et inexistant Ă  l’état pur dans la nature. GĂ©nĂ©ralement, il se prĂ©sente Ă  l’état insoluble sous forme de phosphates de fer, de calcium ou d’aluminium.

Il est indispensable Ă  toute forme de vie, animale ou vĂ©gĂ©tale. Le phosphore est fondamental pour l’agriculture. En effet, il reprĂ©sente le cinquiĂšme Ă©lĂ©ment le plus abondant en biologie aprĂšs l’oxygĂšne, l’hydrogĂšne, l’azote et le carbone. C’est pourquoi, d’aprĂšs l’ONU et les scientifiques, le phosphore figure parmi les matiĂšres premiĂšres minĂ©rales les plus critiques pour l’économie europĂ©enne. Il est donc primordial de diminuer sa consommation et de savoir comment le traiter en vue d’une nouvelle utilisation.

Le phosphore pur existe sous forme de plusieurs Ă©tats et de couleurs diffĂ©rentes (blanc, rouge et noir), mais ils se distinguent par leur structure cristalline. 

  • Le phosphore blanc est un solide transparent incolore et peut virer Ă  la teinte jaunĂątre lorsqu’il est impur. Il est toxique et s’oxyde lentement lorsqu’il est exposĂ© Ă  l’air pur. Donc, la conservation sous l’eau est recommandĂ©e pour Ă©viter toute rĂ©action.
  • Le phosphore rouge ne se cristallise pas. Ses atomes sont dĂ©sordonnĂ©s tout en formant de longues chaĂźnes dont on ignore la longueur. Le phosphore rouge peut ĂȘtre obtenu Ă  partir du chauffage du phosphore blanc.
  • Quant au phosphore noir, il a une structure semblable Ă  celle du graphite. Sa forme est trĂšs stable. Il est obtenu par chauffage Ă  haute pression du phosphore blanc.

Étymologiquement, le mot phosphore vient du grec « phos » et « pherein » qui signifient respectivement lumiĂšre et porter. Donc, il peut se dĂ©finir comme Ă©tant un « porteur de lumiĂšre ». Ce nom est Ă©galement celui de la planĂšte VĂ©nus pour les Grecs. Cette appellation a Ă©tĂ© choisie, car le phosphore blanc Ă©met de la lumiĂšre visible dans l’obscuritĂ© lorsqu’il est exposĂ© Ă  l’air. Ce phĂ©nomĂšne s’appelle phosphorescence. Le phosphore figure parmi les Ă©lĂ©ments considĂ©rĂ©s comme matiĂšres premiĂšres minĂ©rales critiques pour l’économie. Il est important dans la vie de tout ĂȘtre vivant, pourtant, il peut ĂȘtre en pĂ©nurie dans quelques annĂ©es. C’est pourquoi il est nĂ©cessaire de trouver rapidement une solution pour rĂ©duire sa consommation et procĂ©der Ă  son recyclage.

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Historique de la découverte du phosphore

L’alchimiste allemand Hennig Brandt a dĂ©couvert le phosphore grĂące Ă  l’urine en 1669. Initialement, il Ă©tait Ă  la recherche de la pierre philosophale qui aurait la propriĂ©tĂ© de modifier certains mĂ©taux imparfaits en mĂ©taux prĂ©cieux (en or ou en argent). Il a donc distillĂ© dans une urine humaine ces mĂ©taux dĂ©fectueux et il a obtenu quelques rĂ©sidus solides. Dans ces rĂ©sidus, des petits cristaux blancs apparaissent et brillent dans l’obscuritĂ©. Ils sont aussi brĂ»lants lorsqu’ils Ă©mettent une lumiĂšre aveuglante. Le phosphore fut identifiĂ© Ă  ce moment-lĂ . Mais Ă  cette Ă©poque, il n’a pas encore Ă©tĂ© reconnu comme Ă©tant un Ă©lĂ©ment chimique qui constitue la classification pĂ©riodique.

Ensuite, Brandt a envoyĂ© une petite quantitĂ© de ce qu’il a dĂ©couvert au chimiste allemand Johann Kunckel. Il s’agit d’un chercheur renommĂ© qui travaillait Ă  la cour du prince John George II de Saxe. Cependant, Brandt ne lui a pas rĂ©vĂ©lĂ© comment il a créé ces petits cristaux. À son tour, Kunckel les a montrĂ©s Ă  son ami Kraft de Dresde. Celui-ci a Ă©tĂ© fascinĂ© par ce spĂ©cimen. Il se rend alors Ă  Hambourg oĂč il a achetĂ© le secret de la fabrication du phosphore Ă  Brandt. Ce dernier, dans le besoin, lui a remis la formule en Ă©change de l’équivalent de deux cent vingt-cinq euros. Toutefois, il a acceptĂ© cet Ă©change Ă  condition que Kraft de Dresde ne rĂ©vĂšle Ă  personne la formule.

MĂȘme s’il Ă©tait l’ami de Kunckel, Kraft de Dresde ne lui a pas communiquĂ© le secret de la fabrication du phosphore. Ainsi, Kunckel a essayĂ© de trouver par lui-mĂȘme l’élaboration du phosphore en menant plusieurs expĂ©riences. En 1674, il rĂ©ussit Ă  dĂ©couvrir la formule.

AprÚs cette découverte, plusieurs chimistes ont, à leur tour fait, des recherches sur cet élément à partir des résidus biologiques tels que les os et les urines. Diverses formules de préparation du phosphore ont été proposées. Néanmoins, à cette époque-là, le phosphore ne se trouvait que dans les laboratoires de certains chimistes ou dans les cabinets des personnes riches qui étaient des collectionneurs de nouveautés.

Ces chimistes ont donné différents noms du phosphore lors de sa découverte :

  • Phosphorus fulgurans ;
  • Lumen conflans ;
  • Noctiluca aĂ«rea ;
  • LumiĂšre condensĂ©e ;
  • Phosphorus igneus ;
  • Phosphorus pyropus.

Ces noms sont inspirĂ©s par le fait que l’élĂ©ment produit une forte lumiĂšre lorsqu’il est exposĂ© Ă  l’air libre.

Faire connaĂźtre au grand public le phosphore

En 1769, le minĂ©ralogiste suĂ©dois Johan Gottlieb Gahn a dĂ©couvert la prĂ©sence du phosphore dans des os calcinĂ©s et dĂ©composĂ©s par l’acide sulfurique. Il a ensuite rĂ©ussi Ă  en rĂ©cupĂ©rer une quantitĂ© importante par le biais d’os de moutons et de bƓufs. Sa dĂ©marche se rĂ©sume Ă  brĂ»ler les os dans le but de les fragiliser. Puis, il les a mĂ©langĂ©s avec du carbonate de calcium (CaCO3), de sels et de l’acide sulfurique. AprĂšs une rĂ©action de ce mĂ©lange, il les a lavĂ©s et sĂ©chĂ©s avec du charbon. Il a ensuite chauffĂ© le tout dans une cornue couverte d’eau. Il a Ă©galement remarquĂ© que le mĂ©lange de phosphore et d’hydrogĂšne produit un gaz inflammable.

Cette expĂ©rience explique la prĂ©sence des feux-follets dans les marais lorsque les matiĂšres riches en phosphore se dĂ©composent. Elle dĂ©montre Ă©galement l’origine de la lumiĂšre Ă©mise par certaines matiĂšres organiques dans les endroits sombres, Ă  savoir :

  • la substance cĂ©rĂ©brale ou le foie de certains animaux ;
  • la laitance et les Ɠufs de poissons ;
  • la chair de certaines huĂźtres ;
  • les squelettes frais de poissons.

C’est Ă©galement grĂące Ă  la prĂ©sence du phosphore que certains organismes marins sont phosphorescents. Johan Gottlieb Gahn a publiĂ© cette dĂ©couverte avec le chimiste suĂ©dois-allemand Carl Wilhelm Scheele.

C’est en 1803 que l’Anglais John Dalton a dĂ©montrĂ© que le phosphore est composĂ© de plusieurs atomes. Cependant, c’est le travail de Lavoisier qui a fait connaĂźtre l’atome du phosphore et des autres Ă©lĂ©ments chimiques.

En 1867, une autre création du phosphore a été élaborée par les chimistes M. Boblique et E. Aubertin. Elle consiste à extraire le phosphore en chauffant les rochers entre 1 400 et 1 500 °C avec du sable et du coke. Ils obtiennent par la suite du phosphore blanc P4 qui a comme réaction :

2 Ca3(PO4)2 + 6 SiO2 + 10 C → 6 CaSiO3 + 10 CO + P4

Dans la pratique, habituellement, le minerai est une phosphorite avec une formule de :

3 Ca3(PO4)2, Ca(OH,F,Cl)2

Toutefois, l’hydroxyapatite reprĂ©sente le minerai le plus courant dont la rĂ©action est :

3 Ca3(PO4)2, Ca(OH)2 + 10 SiO2 + 25 C → 10 CaSiO3 + 25 CO + H2 + 1,5 P4

Dans le cas oĂč le minerai renfermerait du fluorapatite, sa rĂ©action est la suivante :

3 Ca3(PO4)2, CaF2 + 9 SiO2 + 24 C → 9 CaSiO3 + CaF2 + 24 CO + 1,5 P4

En procĂ©dant ainsi, l’obtention d’une grande quantitĂ© de phosphore Ă  un meilleur prix est envisageable.

En 1888, J.B. Readman a amĂ©liorĂ© la formule initiale de l’élaboration du phosphore rĂ©alisĂ©e par M. Boblique et E. Aubertin en utilisant un four Ă©lectrique. GrĂące Ă  cette technique, il a rĂ©ussi Ă  obtenir une tonne de phosphore blanc. Cependant, cela a dĂ©pensĂ© 15 MWh d’énergie.

Tous ces travaux ont pu faciliter l’Ă©tude des propriĂ©tĂ©s du phosphore.

Les chimistes cĂ©lĂšbres travaillant sur la combinaison du phosphore avec d’autres Ă©lĂ©ments

Par ailleurs, les chimistes les plus marquants qui ont fait des travaux d’association du phosphore avec d’autres Ă©lĂ©ments sont :

  • En 1772, Lavoisier dĂ©pose Ă  l’AcadĂ©mie Royale des Sciences ses idĂ©es sur le phosphore. Il s’agit de la combinaison du phosphore avec l’oxygĂšne qui donnera par la suite ce qu’on appelle un oxyde.
  • En 1795, Pelletier, Ă  son tour, a soumis ses recherches Ă  l’AcadĂ©mie Royale des Sciences. Il a prĂ©sentĂ© la rĂ©action de la combinaison du phosphore avec d’autres mĂ©taux et la prĂ©paration des acides phosphoriques et phosphoreux.
  • Entre 1813 et 1817, M. Dulong et M. Davy ont travaillĂ© sur les acides phosphoriques.
  • En 1843, M. Berzelius a fait des recherches sur la combinaison du soufre avec le phosphore.
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Le lien entre le phosphore et l’allumette

Historiquement, l’allumette a Ă©tĂ© inventĂ©e au XVIIIe siĂšcle. Pour l’allumer, il fallait la tremper dans l’acide sulfurique pour enflammer le soufre. Cependant, cette allumette ne peut ĂȘtre transportĂ©e et est considĂ©rĂ©e dangereuse.

Pour y remĂ©dier, le Français Charles Sauria a inventĂ© la premiĂšre allumette en 1831 en utilisant du phosphore blanc. En effet, il n’a fait que remplacer le sulfure d’antimoine par du phosphore blanc. Pourtant, il s’avĂšre que ce dernier est aussi dangereux. Il peut s’enflammer tout seul au contact de l’oxygĂšne. Donc, les allumettes se trouvant dans les poches peuvent prendre feu facilement. Elles prĂ©sentent Ă©galement un danger pour les fabricants d’allumettes qui sont toujours victimes de nĂ©crose phosphorĂ©e.

Il a été donc indispensable de remplacer le phosphore blanc par une matiÚre plus commode. En 1913, aprÚs la découverte du phosphore rouge, il a été justifié que ce phosphore soit moins inflammable et moins toxique que le blanc. Le phosphore rouge a donc remplacé le phosphore blanc dans la fabrication des allumettes. La combustion était possible en enrobant les bùtonnets de phosphore rouge avec du chlorate de potassium.

Propriétés des phosphores

Le phosphore blanc est Ă©galement appelĂ© phosphore jaune. Il a une structure quadratique et est constituĂ© de molĂ©cules de formule P4. Il s’agit d’un solide extrĂȘmement inflammable quand il est exposĂ© Ă  une tempĂ©rature ambiante. C’est la raison pour laquelle il faut toujours le conserver dans l’eau. Ainsi, il ne rĂ©agit pas avec d’autres particules, mais s’assemble dans le corps des organismes aquatiques. Certaines industries l’utilisent pour fabriquer des produits chimiques. Il est Ă©galement employĂ© pour Ă©laborer des munitions incendiaires. Lorsqu’il est chauffĂ© Ă  280 °C, il se transforme en phosphore rouge.

De mĂȘme que le phosphore blanc, le phosphore rouge a une disposition quadratique. La longueur des molĂ©cules du phosphore rouge est considĂ©rable, et ne peut ĂȘtre dĂ©terminĂ©e. Par rapport au phosphore blanc, le phosphore rouge est beaucoup moins inflammable. Il ne s’enflamme qu’à partir de 500 °C. Cette caractĂ©ristique de phosphore rouge a permis la fabrication des allumettes.

Quant au phosphore noir, il peut se prĂ©senter sous diffĂ©rentes formes de cristalline. Mais sa structure peut ĂȘtre comparable Ă  celle du graphite, c’est-Ă -dire la disposition de ses atomes est empilĂ©e en couches hexagonales. Il est obtenu en chauffant Ă  haute pression le phosphore blanc. Le phosphore noir peut ĂȘtre utilisĂ© comme un conducteur d’un circuit Ă©lectrique. De plus, la transparence et la souplesse des longueurs d’onde de sa lumiĂšre permettent une possibilitĂ© d’amĂ©lioration des Ă©crans et des affichages flexibles.

Parmi ces trois phosphores, le phosphore blanc est le plus répandu et le plus commercialisé.

Gisements de phosphates

Le phosphate est obtenu via assemblage des minĂ©raux qui prĂ©sentent des aspects et des teintes trĂšs variĂ©s. Ces variations peuvent ĂȘtre des nodules, des dĂ©bris de foraminifĂšre ou de coquille de lamellibranches, des grains, des rĂ©sidus de dents ou d’os, des coprolithes et des oolithes. Mais souvent, la concentration de ces minĂ©raux est d’origine animale. Les roches phosphatĂ©es sont transformĂ©es pour avoir du phosphore. Les plus grandes usines de production de roches phosphatĂ©es se trouvent au Maroc, en Afrique du Sud, en Chine et aux États-Unis. Selon les rapports de 2009, la Chine produit 35 % du phosphore mondial. Mais elle a considĂ©rablement rĂ©duit son exportation. Quant aux États-Unis, ils produisent les 17 %, mais n’en exportent plus. D’un autre cĂŽtĂ©, l’extraction du phosphate provoque des impacts environnementaux comme la pollution des eaux souterraines et la destruction des systĂšmes locaux.

La pénurie du phosphore dans quelques années

Le phosphore peut s’épuiser d’ici quelques annĂ©es, alors qu’il s’agit d’un des Ă©lĂ©ments les plus importants pour l’agriculture. En effet, Ă  part l’eau et l’azote, le phosphore, sous forme minĂ©rale, est un Ă©lĂ©ment vital pour faire vivre et pousser les plantes. Depuis le XXe siĂšcle, le nombre de la population connaĂźt une augmentation rapide. Par consĂ©quent, la productivitĂ© agricole doit aussi s’accroĂźtre Ă  la mĂȘme vitesse. Or, il fallait renforcer la quantitĂ© d’engrais obtenue Ă  partir de l’azote et du phosphore pour avoir une meilleure productivitĂ© de l’agriculture.

Ce phosphore utilisĂ© pour l’agriculture provient des roches phosphatĂ©es. Pourtant, il a Ă©tĂ© constatĂ© que, chaque annĂ©e, 18 millions de tonnes de roches phosphatĂ©es sont utilisĂ©es pour soutirer du phosphore. Suite Ă  cette exploitation intensive, la production du phosphore ne sera plus suffisante dans les prochaines annĂ©es, voire inexistante. À noter que le phosphore est un Ă©lĂ©ment non renouvelable. Une solution a Ă©tĂ© proposĂ©e pour remĂ©dier Ă  cette pĂ©nurie de phosphore. Il s’agit de recycler le phosphore dans les dĂ©chets tels que les excrĂ©ments, les urines, les eaux usĂ©es, les dĂ©chets alimentaires et les os.

Le recyclage du phosphore à partir des déchets

Les scientifiques ont trouvĂ© un moyen de rĂ©cupĂ©rer du phosphore en Ă©purant des eaux usĂ©es ou des effluents d’agriculture. La sĂ©paration du phosphore de la matiĂšre organique Ă  laquelle il est combinĂ© dans les effluents est rĂ©alisĂ©e en quatre Ă©tapes.

  1. Dissoudre le phosphore dans l’acide formique.
  2. Séparer la phase solide de la phase liquide qui contient le phosphore.
  3. Cristalliser le phosphore en y incorporant de la magnésie pour provoquer une précipitation chimique.
  4. ProcĂ©der Ă  une filtration pour rĂ©cupĂ©rer le phosphore sous forme minĂ©rale. Ainsi, le phosphore peut ĂȘtre utilisĂ© comme engrais dans l’agriculture.

À partir de ce processus, il est facile d’obtenir de gros cristaux qui sont faciles Ă  filtrer et Ă  sĂ©cher.

De plus, le phosphore recyclé est moins cher que les engrais chimiques.

Les aliments riches en phosphore

 Avec le calcium, le phosphore participe au processus de minĂ©ralisation des os et des dents humains. À part cela, il joue un rĂŽle important dans la production d’énergie dans notre organisme et il intervient dans la production des neurones. Il est indispensable de consommer des aliments riches en phosphore Ă  une dose moyenne de 700 mg par jour. Les aliments qui contiennent plus de phosphore sont :

  • les produits laitiers comme le lait, le fromage, le yaourt, etc. ;
  • les graines telles que les lentilles, les noix de cajou et les graines de tournesol ;
  • les poissons et les produits de la mer ;
  • les dattes ;
  • les noix de coco ;
  • le germe de soja ;
  • le son de blĂ© ;
  • l’avoine.

Toutefois, presque tous les aliments contiennent du phosphore. Dans l’organisme humain, c’est au niveau de l’intestin que se passe l’absorption du phosphore. Il est conservĂ© dans les os et rejetĂ© dans les reins. Il est donc prĂ©sent dans l’organisme sous forme de phosphate. En Ă©tant conservĂ© dans les os, le phosphate est utilisĂ© selon les besoins de l’organisme.

Cependant, l’excĂšs de phosphore alimentaire peut entraĂźner une hyperphosphatĂ©mie, c’est-Ă -dire un dosage excessif de phosphate inorganique dans le plasma. Cela provoque la synthĂšse de vitamine D dans l’organisme. Cet excĂšs peut aussi engendrer l’accumulation de cristaux qui est Ă  l’origine d’un AVC, d’une apparition d’un prurit sur la peau et d’une artĂ©riosclĂ©rose. En revanche, la carence en phosphore est appelĂ©e hypophosphatĂ©mie. Elle se manifeste par une faiblesse musculaire, des troubles osseux et une grande fatigue suite Ă  un effort. Elle peut Ă©galement provoquer une perte d’appĂ©tit.

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Les diffĂ©rentes utilitĂ©s du phosphore, du phosphate et de l’acide phosphorique H3PO4

Lors des alliages avec l’acier, le phosphore est Ă©cartĂ© parce qu’il dĂ©grade les caractĂ©ristiques mĂ©caniques. Cependant, les alliages peuvent aussi se faire avec le bronze, ce qui leur attribue une meilleure forme de façonnage.

Les propriĂ©tĂ©s chimiques du phosphore rouge sont utilisĂ©es dans les grattoirs pour allumettes. En effet, le frottement entre la tĂȘte de l’allumette soufrĂ©e et les grattoirs de l’allumette permet une production de l’étincelle.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bombes incendiaires contiennent du phosphore blanc. De mĂȘme, les armĂ©es ont recours Ă  ce type de phosphore en tant que munitions pour incendier, Ă©clairer et produire de la fumĂ©e (pour se dĂ©placer sans se faire voir par les adversaires).

Le phosphore rouge est utilisĂ© pour les feux d’artifice.

Le phosphore est l’un des composants des molĂ©cules d’ADN, de l’ATP et de l’ADT de la lĂ©cithine des ĂȘtres vivants.

En tant que phosphate, il peut ĂȘtre utilisĂ© comme engrais minĂ©raux sous forme de monohydrogĂ©nophosphate CaHPO4 ou dihydrogĂ©nophosphate Ca(H2PO4)2. Il nourrit les plantes et amĂ©liore la croissance des cultures.

Dans les compositions alimentaires, les phosphates de sodium ou de potassium sont comme des substances absorbantes qui jouent un rĂŽle de stabilisateur.

Les boissons gazeuses contiennent de l’acide phosphorique afin de les acidifier.

Le phosphore est en mesure de neutraliser l’action du calcaire. C’est pourquoi il figure dans la liste des Ă©lĂ©ments essentiels pour la fabrication des produits de nettoyage. Cependant, sa concentration doit ĂȘtre rĂ©glementĂ©e afin de protĂ©ger les Ă©cosystĂšmes hydriques.

Il est également utilisé en tant que polisseur dans les dentifrices. Il y est présent sous forme de dihydrogénophosphate et fournit du fluor Na2PO3F.

L’acide phosphorique est aussi un dĂ©tartrant pour les appareils mĂ©nagers et sanitaires.

En ajoutant le phosphore à un réacteur biologique, il assure la survie et la croissance des bactéries dans les eaux. Il est donc considéré comme une sorte de nutriments.

En immergeant l’acier dans un bain d’acide composĂ© d’ions phosphatĂ©s et d’ions de manganĂšse, une couche de phosphate mĂ©tallique se forme sur le mĂ©tal. Ce procĂ©dĂ© s’appelle la phosphatation. Elle assure la base d’accrochage pour les revĂȘtements organiques et l’amĂ©lioration des propriĂ©tĂ©s anticorrosion et antifriction. Elle sert Ă©galement de support en cas de dĂ©formation des mĂ©taux.

Les qualitĂ©s du phosphore noir sont pratiques dans des applications biomĂ©dicales comme la bio imagerie, la bio dĂ©tection et l’administration de mĂ©dicaments. Il peut donc ĂȘtre trĂšs utile dans les thĂ©rapies du cancer.

Les corps composés à partir du phosphore

Le phosphore est un Ă©lĂ©ment qui rĂ©agit facilement. C’est pourquoi il intervient dans diffĂ©rents composĂ©s tels que :

L’acide phosphorique qui a comme formule H3PO4. Il peut ĂȘtre prĂ©sent dans la nourriture comme additif alimentaire. Par exemple, les sodas en contiennent.

Les phosphates de formule PO43- sont des produits naturels et essentiels dans les engrais en tant que phosphate d’ammonium ou phosphate de calcium. Ils favorisent la croissance, le dĂ©veloppement et la production des vĂ©gĂ©taux.

La phosphine est un gaz toxique lĂ©gĂšrement plus lourd que l’air. Il a comme formule brute PH3. Il est employĂ© en qualitĂ© d’agent de fumigation.

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Le cycle du phosphore

Le cycle du phosphore suit une sorte de cycle biogĂ©ochimique. Cela montre que le phosphore passe d’un milieu Ă  l’autre, mais retourne dans son milieu original en suivant une boucle de recyclage infinie. Dans un Ă©cosystĂšme, le phosphore s’échange entre la lithosphĂšre, l’hydrosphĂšre, la biosphĂšre et les organismes vivants. Cependant, le cycle du phosphore correspond Ă  un cycle sĂ©dimentaire qui ne contient pas de composantes gazeuses et n’entraĂźne pas de processus atmosphĂ©riques.

Ce sont les ĂȘtres vivants qui puisent du phosphore sous forme de phosphates en provenance des roches phosphatĂ©es. Celles-ci se dĂ©composent et libĂšrent les phosphates suite aux intempĂ©ries. Ces phosphates vont ensuite passer dans les plantes qui poussent sur le sol et dans les animaux. Ensuite, ces derniers Ă©vacuent de leur organisme les dĂ©composeurs qui se reproduisent en phosphates.

Certaines quantitĂ©s de ces phosphates sont emportĂ©es par les eaux vers la mer. Des animaux marins tels que les saumons, les algues et les oiseaux marins, par leurs excrĂ©ments, produisent du guano qui contient plusieurs phosphates. Ce guano est utilisĂ© en tant qu’engrais dans l’agriculture. Quant aux cadavres et squelettes des animaux marins, ils se transforment en roches phosphatĂ©es au fond de la mer.

À part cela, l’Homme peut aussi se procurer du phosphore en explosant les roches qui contiennent des phosphates. Ainsi, ce sont les roches, les sĂ©diments, le sol et l’eau qui sont les principales sources non vivantes de phosphore. En ce qui concerne les plantes et les animaux, ils forment les principales sources vivantes du phosphore.

Plus précisément, le cycle du phosphore suit les étapes suivantes :

  • Les intempĂ©ries ou l’érosion : le phosphore est prĂ©sent dans les roches de la lithosphĂšre sous forme de PO43-. Sous l’action de la pluie et du vent, des phosphates se dĂ©sintĂšgrent de ces roches. À part les intempĂ©ries, la poussiĂšre minĂ©rale, les cendres volcaniques et les aĂ©rosols peuvent ĂȘtre des sources de phosphates.
  • L’absorption par les ĂȘtres vivants : les plantes absorbent le phosphore organique qui se trouve dans le sol et l’eau souterraine. Ces plantes transforment ces phosphores en formes inorganiques, un phĂ©nomĂšne appelĂ© minĂ©ralisation. Les animaux herbivores et carnivores, ainsi que les humains ingĂšrent le phosphore lorsque ces plantes se trouvent dans leur alimentation. Cette absorption est qualifiĂ©e en tant que processus d’assimilation. Il se peut Ă©galement que les animaux intĂšgrent du phosphore dans leur organisme lorsqu’ils boivent de l’eau potable. Toutefois, cette chaĂźne alimentaire prend fin lorsque les carnivores mangent des herbivores.
  • La dĂ©composition des dĂ©chets ou le retour Ă  l’environnement : les phosphates absorbĂ©s par les animaux reviennent dans le sol par leurs excrĂ©ments et leur urine. De plus, les cadavres des animaux libĂšrent les phosphates, qui retournent donc dans le sol, et le cycle recommence. Ces composĂ©s inorganiques peuvent Ă©galement ĂȘtre transportĂ©s vers les riviĂšres, les lacs et les ocĂ©ans pour devenir des sĂ©diments.
  • Le soulĂšvement gĂ©ologique : les roches sĂ©dimentaires se trouvant dans la mer peuvent ĂȘtre dĂ©placĂ©es vers la terre. Cela est possible par le processus appelĂ© soulĂšvement gĂ©ologique. Ainsi, aprĂšs plusieurs annĂ©es, les phosphores dans les sĂ©diments sont dĂ©livrĂ©s dans la nature grĂące au processus d’altĂ©ration. Ce dernier processus complĂšte le cycle du phosphore.

Le cycle du phosphore est essentiel parce que :

  • c’est un composant indispensable pour les nuclĂ©otides et les acides nuclĂ©iques comme l’ADN et l’ARN ;
  • c’est un Ă©lĂ©ment nĂ©cessaire pour l’os et l’émail des dents de mammifĂšres ;
  • il constitue l’agencement de l’exosquelette des insectes ;
  • c’est un composant important des phospholipides se trouvant dans les membranes biologiques, par exemple, dans la membrane cellulaire ;
  • il s’agit d’un agent tampon pour garder un physio-chimique stable du corps.

L’homme peut crĂ©er un dĂ©sĂ©quilibre dans le cycle biogĂ©ochimique du phosphore. Cela peut ĂȘtre causĂ© par l’utilisation de grandes quantitĂ©s d’engrais riches en phosphates sur l’agriculture et par le rejet des rĂ©sidus phosphatĂ©s dans les eaux usĂ©es. Une grande quantitĂ© de phosphore dans les lacs, les riviĂšres et les mers gĂ©nĂšre la croissance des algues. Cet accroissement entraĂźne l’eutrophisation des milieux aquatiques.

L’eutrophisation entraĂźnant un dĂ©sĂ©quilibre Ă©cologique

Étymologiquement, l’eutrophisation vient du grec « eutrophos » signifiant « bien nourri », « trophos » qui veut dire « nourriture » et le prĂ©fixe « eu- » indiquant « l’abondance ». Ainsi, l’eutrophisation dĂ©signe une mauvaise qualitĂ© des eaux douces ou marines littorales. Cela est provoquĂ© par l’enrichissement de l’eau en phosphore. En effet, ce sont les activitĂ©s humaines qui provoquent l’eutrophisation.

Entre autres, lorsque l’Homme utilise excessivement des engrais chimiques et des fumiers, ceux-ci sont transportĂ©s par les intempĂ©ries et se rĂ©pandent dans les milieux naturels. Il y a aussi le rejet des eaux usĂ©es qui contiennent de nombreux nutriments entraĂźnant l’intensification de la charge de ces substances dans les plans d’eau. Par consĂ©quent, l’eutrophisation entraĂźne une multiplication rapide d’algues et de plusieurs plantes aquatiques qui rĂ©duisent la lumiĂšre des autres plantes et organismes. Cela crĂ©e des zones mortes dans lesquelles la vie aquatique n’existe plus. La biodiversitĂ© des Ă©cosystĂšmes aquatiques est donc rĂ©duite. Les algues produisent Ă©galement des toxines et des substances nocives pour les animaux aquatiques. Pourtant, ils figurent dans l’alimentation de l’Homme.

Face Ă  cela, il est donc primordial de prendre des mesures pour prĂ©venir l’eutrophisation. Il faut Ă  tout prix protĂ©ger la qualitĂ© de l’eau et conserver la santĂ© des Ă©cosystĂšmes aquatiques. Pour ce faire, l’Homme doit d’abord rĂ©duire l’utilisation des engrais chimiques. Ensuite, il est tenu de crĂ©er des systĂšmes bocagers de haies et des zones tampons. Ces systĂšmes peuvent limiter le ruissellement et bloquer les nutriments qui se dirigent vers les eaux. Et enfin, il peut Ă©liminer ou recycler le phosphore dans les eaux en rĂ©alisant des stations d’épuration et de traitement des lisiers d’élevage.

Les effets toxiques du phosphore

Le phosphore est un Ă©lĂ©ment omniprĂ©sent dans la nature en tant que minerai phosphatĂ©. Ces phosphates sont des substances nutritives indispensables pour tout ĂȘtre vivant. De plus, lorsque le phosphore est soluble et solubilisĂ©, il est utilisĂ© en tant que mĂ©dicament. C’est l’Allemand Johann Kuchel qui, aprĂšs avoir dĂ©couvert la formule du phosphore, l’utilisait pour crĂ©er des pilules lumineuses. Celles-ci peuvent soigner quelques pathologies telles que la diarrhĂ©e, l’épilepsie et la fiĂšvre maligne. Certains complĂ©ments alimentaires sont mĂȘme Ă  base de phosphore pour avoir plus d’énergie dans un Ă©tat de fatigue. Ils entretiennent Ă©galement les os.

Cependant, il est bon de noter que cet Ă©lĂ©ment peut parfois ĂȘtre toxique. Le phosphore blanc, qui Ă©tait autrefois utilisĂ© comme raticide et matiĂšre premiĂšre dans la fabrication d’allumettes, est aujourd’hui un des Ă©lĂ©ments dans la fabrication de certaines armes militaires. AprĂšs une explosion de bombes ou de grenades incendiaires, les victimes peuvent ĂȘtre atteintes d’une grave brĂ»lure Ă  cause du phosphore. Le phosphore blanc ingĂ©rĂ©, mĂȘme Ă  trĂšs faible dose, entraĂźne la mort. Cependant, avant de mourir, elle souffre de nausĂ©es, de crampes d’estomac et de somnolence, car le phosphore blanc brĂ»le le foie, le cƓur ou les reins.

La forte prĂ©sence du phosphore dans l’eau entraĂźne une multiplication rapide et importante des plantes aquatiques telles que les algues. À leur mort, elles se dĂ©composent dans une couche Ă©paisse de matiĂšre vĂ©gĂ©tale au fond de l’eau. Cette couche de vase s’accumule et engendre la turbiditĂ© de l’eau. Par consĂ©quent, cela provoque la photosynthĂšse et le dĂ©veloppement des bactĂ©ries Ă  la suite d’une pĂ©nĂ©tration de la lumiĂšre et des ultra-violets dans l’eau. De plus, la turbiditĂ© change la couleur de l’eau, qui provoquera la hausse de sa tempĂ©rature, sa teneur en oxygĂšne et en sel, et son Ă©vaporation. Donc, l’eau ne sera plus adaptĂ©e pour la baignade. De mĂȘme, elle ne sera plus pratique pour les bateaux motorisĂ©s parce que les plantes aquatiques se coincent dans les hĂ©lices. En outre, la prolifĂ©ration des algues rĂ©duit la quantitĂ© d’oxygĂšne dans l’eau. Cela provoquera la disparition de la majoritĂ© des animaux aquatiques.


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