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Métaux alcalino-terreux

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Caractéristiques des métaux alcalino-terreux

  • Symbole : Be, Mg, Ca, Sr, Ba et Ra
  • Masse atomique :
  • NumĂ©ro CAS :
  • Configuration Ă©lectronique :
  • NumĂ©ro atomique : 12, 20, 38, 56,88
  • Groupe : 2
  • Bloc :
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal alcalino-terreux
  • ConductivitĂ© thermique :
  • Point d’ébullition :

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Les métaux alcalino-terreux : propriétés, apparences, applications et rôle biologique.

Les mĂ©taux alcalino-terreux sont constituĂ©s de six Ă©lĂ©ments chimiques situĂ©s dans le deuxième groupe du tableau pĂ©riodique tels que le bĂ©ryllium, le magnĂ©sium, le calcium, le strontium, le baryum et le radium. Ils ont tous une couleur blanche argentĂ©e ainsi qu’un Ă©clat brillant. Ă€ pression et tempĂ©rature normales, leur rĂ©activitĂ© chimique est assez Ă©levĂ©e. Cette propriĂ©tĂ© est liĂ©e Ă  la prĂ©sence de deux Ă©lectrons dans leur sous-couche Ă©lectronique s, qui sont facilement perdus pour former un cation divalent ayant un Ă©tat d’oxydation de +2. Les mĂ©taux alcalino-terreux ont Ă©tĂ© nommĂ©s ainsi en rĂ©fĂ©rence au terme « mĂ©taux de terre » utilisĂ© en alchimie, qui rĂ©sistent au feu, les oxydes de mĂ©taux alcalino-terreux restant solides Ă  des tempĂ©ratures Ă©levĂ©es.

Propriétés des métaux alcalino-terreux

Les mĂ©taux alcalino-terreux ont un aspect argentĂ© et sont très souples. Ils fondent facilement et leur densitĂ© est faible. Ils rĂ©agissent avec les halogènes et l’eau pour crĂ©er des composĂ©s tels que des sels ioniques et des hydroxydes. Cependant, leur rĂ©activitĂ© avec l’eau est moins importante que celle des mĂ©taux alcalins. Ils deviennent plus rĂ©actifs au fur et Ă  mesure que leur numĂ©ro atomique augmente. Notons que le chlorure de bĂ©ryllium est un cas spĂ©cial, car il est covalent et que le bĂ©ryllium ne rĂ©agit pas facilement avec l’eau.

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Apparence des six métaux alcalino-terreux

Le bĂ©ryllium et le magnĂ©sium ont une apparence plutĂ´t grise en raison de l’existence d’une fine couche d’oxyde protectrice passivant BeO et MgO, respectivement. En revanche, le calcium, le strontium, le baryum et le radium sont plus brillants et plus mous. Toutefois, la surface de ces mĂ©taux s’oxyde rapidement lorsqu’elle est exposĂ©e Ă  l’air libre.

Par exemple, le calcium ne rĂ©agit qu’avec de l’eau chaude, tandis que le magnĂ©sium ne rĂ©agit qu’avec de la vapeur d’eau : Mg + 2 H2O → Mg(OH)2 + H2.

Le bĂ©ryllium est un cas particulier dans ce groupe de mĂ©taux. Il ne rĂ©agit ni avec l’eau liquide ni avec la vapeur d’eau et ses halogĂ©nures sont covalents. MĂŞme le fluorure de bĂ©ryllium, qui est censĂ© ĂŞtre le plus ionique des halogĂ©nures de bĂ©ryllium, est essentiellement covalent avec une basse tempĂ©rature de fusion Ă  553,85 °C et une faible conductivitĂ© Ă©lectrique Ă  l’Ă©tat liquide.

Il est possible de caractĂ©riser les ions M2+ provenant des Ă©lĂ©ments alcalino-terreux tels que le Ca, le Sr et le Ba de manière qualitative en utilisant un test de flamme. Pour effectuer ce test, il faut traiter un sel alcalino-terreux avec de l’acide chlorhydrique concentrĂ© pour obtenir un chlorure mĂ©tallique volatil. Ensuite, en chauffant ce dernier dans la flamme rĂ©ductrice d’un bec Bunsen, on peut observer une couleur spĂ©cifique pour chaque ion M2+. Par exemple, la flamme est rouge orangĂ© pour le Ca (mais vert pâle Ă  travers du verre bleu), pourpre pour le Sr (mais violette Ă  travers du verre bleu) et vert pomme pour le Ba.

ÉlĂ©mentMasse atomiqueTempĂ©rature de fusionTempĂ©rature d’Ă©bullitionMasse volumiqueRayon atomiqueConfiguration Ă©lectronique2Énergie d’ionisationÉlectronĂ©gativitĂ© (Pauling)
Béryllium9,012 183 1 u1 287 °C2 469 °C1,85 g·cm-3112 pm[He] 2s2899,5 kJ·mol-11,57
Magnésium24,305 5 u650 °C1 091 °C1,738 g·cm-3160 pm[Ne] 3s2737,7 kJ·mol-11,31
Calcium40,078(4) u842 °C1 484 °C1,55 g·cm-3197 pm[Ar] 4s2589,8 kJ·mol-11,00
Strontium87,62(1) u777 °C1 377 °C2,64 g·cm-3215 pm[Kr] 5s2549,5 kJ·mol-10,95
Baryum137,327(7) u727 °C1 845 °C3,51 g·cm-3222 pm[Xe] 6s2502,9 kJ·mol-10,89
Radium[226]700 °C1 737 °C5,5 g·cm-3—[Rn] 7s2509,3 kJ·mol-10,9

Applications

Les barres de combustible nuclĂ©aire destinĂ©es au rĂ©acteur CANDU sont fabriquĂ©es Ă  l’aide de brasage Ă  induction impliquant l’utilisation de bĂ©ryllium.

Le bĂ©ryllium est principalement utilisĂ© dans des applications militaires. En tant que dopant de type p, il est Ă©galement utilisĂ© dans certains semi-conducteurs. L’oxyde de bĂ©ryllium (BeO) est employĂ© comme isolant Ă©lectrique et conducteur thermique rĂ©sistant. Grâce Ă  ses propriĂ©tĂ©s gĂ©nĂ©rales, le bĂ©ryllium est couramment utilisĂ© dans des applications nĂ©cessitant une rigiditĂ©, une lĂ©gèretĂ© et une stabilitĂ© tridimensionnelle dans une plage de tempĂ©rature Ă©tendue.

Le magnĂ©sium Ă©tait souvent employĂ© dans l’industrie pour son rĂ´le structurel, car il possède des caractĂ©ristiques supĂ©rieures Ă  celles de l’aluminium dans ce domaine. NĂ©anmoins, son utilisation a Ă©tĂ© limitĂ©e Ă  cause de son risque d’inflammation. Il est frĂ©quemment alliĂ© Ă  l’aluminium ou au zinc pour crĂ©er des matĂ©riaux prĂ©sentant des propriĂ©tĂ©s attrayantes. Il est utilisĂ© dans l’élaboration d’autres mĂ©taux, tels que le fer, l’acier et le titane.

Le calcium joue un rĂ´le de rĂ©ducteur dans la fragmentation de certains mĂ©taux de leurs minerais, tels que l’uranium. Il est couramment combinĂ© avec d’autres mĂ©taux, comme l’aluminium et le cuivre, pour former des alliages, et est Ă©galement utilisĂ© pour dĂ©soxyder certains types de combinaison. Il est impliquĂ© dans la fabrication de mortier et de ciment.

Les mĂ©taux alcalino-terreux plus lĂ©gers ont une plus grande variĂ©tĂ© d’applications que le strontium et le baryum. Par exemple, le carbonate de strontium SrCO3 est utilisĂ© dans la production de feux d’artifice rouges et le strontium pur est employĂ© pour Ă©tudier la libĂ©ration des neurotransmetteurs par les neurones 4,5. Quant au baryum, il est sollicitĂ© pour le pompage du vide dans les tubes Ă©lectroniques et le sulfate de baryum BaSO4 a des applications dans l’industrie pĂ©trolière ainsi que dans d’autres domaines. Le radium Ă©tait frĂ©quemment employĂ© dans le passĂ© dans de nombreux domaines, mais il a Ă©tĂ© substituĂ© par d’autres matĂ©riaux plus sĂ»rs Ă  cause de sa radioactivitĂ©, d’oĂą une utilisation risquĂ©e. On l’exploitait notamment pour fabriquer des peintures luminescentes ; dans les annĂ©es 30, il Ă©tait ajoutĂ© Ă  l’eau de table, aux dentifrices et aux produits cosmĂ©tiques, en raison de ses supposĂ©es propriĂ©tĂ©s rajeunissantes et bĂ©nĂ©fiques liĂ©es Ă  la radioactivitĂ©. Toutefois, due Ă  sa dangerositĂ©, le radium n’est plus utilisĂ© de nos jours, mĂŞme en radiologie oĂą des sources radioactives plus intenses et plus sĂ»res sont prĂ©fĂ©rĂ©es.

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Rôle biologique des métaux alcalino-terreux

Les Ă©lĂ©ments mĂ©talliques de la famille des alcalino-terreux prĂ©sentent une grande diversitĂ© de fonctions biochimiques. Certains d’entre eux sont essentiels, tandis que d’autres sont fortement toxiques.

  • Le bĂ©ryllium est peu soluble dans l’eau, ce qui explique sa rare prĂ©sence dans les cellules vivantes. Bien qu’il n’ait pas de rĂ´le biologique connu, il est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme très toxique pour les organismes vivants.
  • Le magnĂ©sium et le calcium sont des Ă©lĂ©ments essentiels dans les organismes vivants et ont des rĂ´les importants. Par exemple, le magnĂ©sium agit comme cofacteur pour de nombreuses enzymes, tandis que les sels de calcium sont importants pour la structure osseuse chez les vertĂ©brĂ©s et les coquilles chez les mollusques. Pour maintenir les gradients de concentration des ions Mg2+ et Ca2+ Ă  travers les membranes cellulaires ou intracellulaires, qui sont impliquĂ©s dans de nombreux processus biochimiques fondamentaux, des pompes ioniques rĂ©gulent leur transport.
  • Les Ă©lĂ©ments chimiques strontium et baryum sont considĂ©rĂ©s comme rares dans la biosphère, ce qui limite leur rĂ´le biologique. Toutefois, chez les animaux marins tels que les coraux, le strontium est essentiel dans la synthèse de l’exosquelette. Ces Ă©lĂ©ments ont Ă©galement des applications mĂ©dicales. Le strontium est utilisĂ© dans certains dentifrices, tandis que le baryum est utilisĂ© comme agent de contraste dans l’imagerie mĂ©dicale aux rayons X pour amĂ©liorer la visibilitĂ© des tissus internes. Ce dernier est administrĂ© aux patients sous forme de prĂ©parations barytĂ©es.
  • L’isotope 90Sr est un Ă©lĂ©ment qui se forme lorsque de l’uranium se fissure. En cas d’un Ă©vĂ©nement nuclĂ©aire imprĂ©vu tel qu’une fuite de dĂ©chets ou une explosion nuclĂ©aire, il se peut que cet Ă©lĂ©ment pollue l’environnement et finisse par se fixer dans les os en se liant au phosphate de calcium.
  • En raison de sa raretĂ© dans le milieu naturel et de sa forte radioactivitĂ©, le radium n’est pas prĂ©sent dans les organismes vivants et peut leur ĂŞtre nocif en raison de sa toxicitĂ© radioactive.

Étymologie des métaux alcalino-terreux

Les termes utilisés pour nommer ces éléments sont basés sur leurs oxydes, communément appelés terres alcalines. Les oxydes en question étaient autrefois connus sous les noms de béryllia (oxyde de béryllium), magnésia, chaux vive, strontia et baryta.

La dĂ©nomination « alcalino-terreux » est attribuĂ©e aux mĂ©taux dont les oxydes se situent entre ceux des mĂ©taux alcalins et ceux des terres rares. Depuis l’AntiquitĂ©, les substances ayant une apparence inerte ont Ă©tĂ© classĂ©es comme « terreuses ». Le premier système connu remonte Ă  la Grèce antique, oĂą quatre Ă©lĂ©ments classiques ont Ă©tĂ© identifiĂ©s, dont la terre en fait partie. Par la suite, ce système a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© par des philosophes et des alchimistes tels qu’Aristote, Paracelse, John Becher et George Stahl.

En 1789, Antoine Lavoisier a observĂ© que les terres Ă©taient en rĂ©alitĂ© des composĂ©s chimiques dans son TraitĂ© Ă©lĂ©mentaire de chimie. Il les a alors nommĂ© substances simples salifiables terreuses. Il a Ă©galement suggĂ©rĂ© que les terres alcalines pourraient ĂŞtre des oxydes de mĂ©taux, mais il a admis que cela n’Ă©tait qu’une hypothèse. Humphry Davy a poursuivi le travail de Lavoisier et en 1808, il a Ă©tĂ© le premier Ă  avoir des fragments de mĂ©tal en utilisant la technique de l’électrolyse des terres fondues.


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