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Germanium

element-chimique-32-germanium

Caractéristiques du germanium

  • Symbole : Ge
  • Masse atomique : 72,64 ± 0,02 u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-56-4
  • Configuration Ă©lectronique : [Ar] 4d10 4s2 4p2
  • NumĂ©ro atomique : 32
  • Groupe : 14
  • Bloc : Bloc p
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©talloĂŻde
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1,81
  • Point de fusion : 938,25 °C

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Le germanium, élément atomique n°32 de symbole Ge : ses propriétés, son histoire, ses isotopes, son exploitation et ses utilisations.

Dans le tableau périodique de Mendeleïev, le germanium porte le numéro atomique 32. Il se trouve dans le groupe 14, sur la période 4 et dans le bloc p. De symbole Ge, il constitue un élément semi-métal appartenant à la famille des cristallogÚnes.

Cet élément chimique possÚde 13 isomÚres nucléaires ainsi que 32 isotopes connus. Parmi ces derniers, cinq sont présents dans la nature : 70Ge, 72Ge, 73Ge, 74Ge et 76Ge.

Le germanium est un semi-conducteur de type n intrinsĂšque et possĂšde la mĂȘme structure cristalline que le silicium et le diamant. D’ailleurs, il fut le premier matĂ©riau Ă  avoir Ă©tĂ© utilisĂ© en Ă©lectronique, notamment en 1948, en tant que substrat semi-conducteur des premiers transistors.

La quasi-totalitĂ© de l’élĂ©ment Ge puise sa source dans les minerais de zinc.

Propriétés du germanium

Le germanium est un semi-mĂ©tal blanc ou argentĂ© qui est connu pour ĂȘtre fragile. Entre 600 et 700 °C, il s’oxyde Ă  l’air et rĂ©agit vivement avec les halogĂšnes pour former des tĂ©tra-halogĂ©nures. Il se dissout rapidement dans les bases alcalines fondues afin de donner des germanites. Toutefois, le germanium rĂ©siste aux acides, sauf aux acides sulfurique et nitrique. Il constitue l’un des rares Ă©lĂ©ments chimiques Ă  augmenter en volume lorsqu’il passe de l’état liquide Ă  l’état solide.

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Histoire de la découverte, appellation et production du germanium

Le chimiste russe Dmitri Ivanovitch MendeleĂŻev avait prĂ©vu l’existence de cet Ă©lĂ©ment chimique en 1871. Il avait notamment prĂ©dit certaines de ses propriĂ©tĂ©s sur la base de son rang dans le tableau pĂ©riodique. En effet, celles-ci sont analogues Ă  celles du silicium, d’oĂč la premiĂšre dĂ©nomination de cet Ă©lĂ©ment inconnu « Ă©kasilicium ».

Le germanium a ensuite Ă©tĂ© dĂ©couvert par Clemens Alexandre Winkler le 6 fĂ©vrier 1886. Ce savant allemand a rĂ©ussi Ă  l’isoler et Ă  l’identifier Ă  partir de l’argyrodite (Ag8GeS6) issu de la mine d’argent de HimmelsfĂŒrst en Saxe. Il proposa de nommer cet Ă©lĂ©ment en hommage Ă  son pays, notamment le mot « germanium » qui dĂ©rive du latin Germania signifiant Germanie (Allemagne). Toutefois, cette appellation fut l’objet d’une controverse, car elle rĂ©sulte d’une erreur sĂ©mantique. Winkler crut que l’élĂ©ment chimique prĂ©cĂ©dent, le gallium, fut nommĂ© en raison de la nationalitĂ© de son dĂ©couvreur, le chimiste français Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran. Ce dernier venait effectivement de Gaule, Gallia en latin. Or, le nom « gallium » ne dĂ©rive pas de Gallia, mais de gallus signifiant coq, nom latinisĂ© de Paul-Émile.

Pendant l’ouverture de la mine de Saint-Salvy-de-la-Balme, l’un des premiers producteurs mondiaux de germanium a Ă©tĂ© la SociĂ©tĂ© miniĂšre et mĂ©tallurgique de Peñarroya.

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Isotopes

Le germanium compte 32 isotopes connus ayant un nombre de masse compris entre 58 et 89. Ses isotopes les plus stables sont :

  • le 74Ge avec 42 neutrons (abondance naturelle de 35,94 %) ;
  • le 72Ge avec 40 neutrons (27,66 %) ;
  • le 70Ge avec 38 neutrons (21,23 %) ;
  • le 73Ge avec une demi-vie de plus de 1,8 x 1023 annĂ©es (7,76 %) ;
  • le 76Ge avec une demi-vie de 1021 annĂ©es (7,61 %).

Ce dernier isotope est lĂ©gĂšrement radioactif et se dĂ©sagrĂšge par double dĂ©sintĂ©gration bĂȘta en sĂ©lĂ©nium 76 avec une demi-vie de 1,78 x 1021 annĂ©es. Cela correspond Ă  130 milliards de fois l’ñge de l’Univers.

Gisement et exploitation

Il est possible de trouver du germanium Ă  plusieurs endroits. Actuellement, il est rĂ©cupĂ©rĂ© en tant que sous-produit de fusion dans les minerais de zinc. On en trouve Ă©galement dans la reniĂ©rite (systĂšme cristallin tĂ©tragonal) et la germanite (minĂ©ral composĂ© Ă©galement de sulfure de cuivre et de fer). Il est aussi prĂ©sent dans l’argyrodite ainsi que dans d’autres minerais non exploitĂ©s.

Le germanium est un mĂ©tal rare, car sa teneur dans la croĂ»te terrestre est seulement d’environ 1,5 ppm. Il est prĂ©sent sous forme de traces dans les cendres de certains charbons appelĂ©s « vitrain ». Sur le territoire français, il se trouve aussi dans des filons Pb-Zn.

En 2004, sa production mondiale Ă©tait estimĂ©e Ă  40 t, avec la Chine et les États-Unis comme plus gros consommateurs. En 2006, la Chine produisait 79 % de l’approvisionnement mondial en raison de sa production de charbon.

Il est possible de purifier le germanium mĂ©tal ou son oxyde Ă  partir du tĂ©trachlorure de germanium. Également appelĂ© chlorure de germanium (IV), ce liquide est un composĂ© chimique volatil ayant une tempĂ©rature d’ébullition de 86 °C. Cette technique permet de produire du germanium d’une extrĂȘme puretĂ©. Des mĂ©thodes d’affinage de zone permettent de produire du germanium cristallin pour semi-conducteur de puretĂ© 10-9 (99,999 999 99 % avec seulement 0,1 ppb d’impuretĂ©).

Applications

En 2007, le germanium Ă©tait utilisĂ© dans la fabrication de fibres optiques (35 %) et dans le domaine de l’infrarouge (20 %). Ses autres applications concernaient les catalyseurs (20 %), l’électronique (15 %) et quelques types de cellules photovoltaĂŻques.

Dans les années quatre-vingt, cet élément faisait partie des huit matiÚres premiÚres stratégiques les plus indispensables, que ce soit en temps de paix ou de guerre.

Électronique

La polarisation de la jonction PN inverse par un faible courant Ă©lectrique appelĂ©e effet transistor a Ă©tĂ© observĂ©e en 1948 dans du germanium. Cela a permis Ă  cet Ă©lĂ©ment de servir de substrat semi-conducteur jusqu’en 1970, date Ă  laquelle le silicium a pris le relais. Jusqu’en 2020, des transistors en germanium Ă©taient encore utilisĂ©s comme composants principaux de certaines pĂ©dales d’effet pour guitare Ă©lectrique. La raison Ă©tait que leur sonoritĂ© Ă©tait considĂ©rĂ©e comme particuliĂšre et fortement apprĂ©ciĂ©e par les amateurs de sons « annĂ©es soixante ».

De nos jours, le germanium est employĂ© dans le domaine des hautes frĂ©quences et pour la rĂ©alisation de diodes Ă  faible chute d’un poste Ă  diode. Il est aussi utilisĂ© dans les cellules photovoltaĂŻques multi-jonctions Ă  des fins spatiales et terrestres. Cet Ă©lĂ©ment chimique est prĂ©sent Ă  l’état de multicouches ou d’alliage avec le silicium (SiGe) pour la crĂ©ation de circuits intĂ©grĂ©s Ă  haute performance. Initialement, son dĂ©pĂŽt en alternance avec le silicium reposait sur la possibilitĂ© de rendre directe la bande interdite du silicium et du germanium. Cette mĂ©thode est la mĂȘme que celle utilisĂ©e lorsqu’on introduit des contraintes qui amĂ©liorent la mobilitĂ© des porteurs dans les transistors Ă  effet de champ. Les transistors utilisant du SiGe sont des modĂšles bipolaires Ă  hĂ©tĂ©rojonction qui sont plĂ©biscitĂ©s pour les applications d’amplification de puissance.

Optique

Le germanium a une importance pratique dans la fabrication de composants optiques grĂące Ă  sa transparence Ă  l’infrarouge. En effet, il peut transmettre des radiations de l’infrarouge proche de la longueur d’onde comprise entre 1,6 ”m et 18 ”m. En revanche, le germanium n’est pas transparent dans le spectre visible. Les lentilles Ă  base de cette matiĂšre permettent une ouverture numĂ©rique Ă©levĂ©e grĂące Ă  son indice de rĂ©fraction de 4.

Tout comme pour l’acier, il est impossible de dĂ©truire par rayonnement neutronique la structure du germanium. Cependant, son irradiation aux neutrons rapides gĂ©nĂšre des dĂ©fauts ponctuels qui recuisent vers 200 °C. De plus, cet Ă©lĂ©ment chimique perd ses qualitĂ©s optiques dĂšs 100 °C. GĂ©nĂ©ralement, une couche de protection cristalline Ă  base de carbone vient renforcer la surface extĂ©rieure des composants optiques en germanium. Ce traitement DLC (Diamond Like Carbon) lui assure une duretĂ© avoisinant celle du diamant.

Présence alimentaire

Le germanium est essentiellement présent dans :

  • l’ail (754 mg/kg−1) ;
  • les champignons de type Ganoderma (jusqu’à 2,5 mg kg−1) ;
  • les racines de ginseng de CorĂ©e (jusqu’Ă  4 000 mg kg−1) ;
  • l’algue chlorella ;
  • le kombucha, une boisson traditionnelle rĂ©putĂ©e dans plusieurs pays.

Selon la FNCLCC ou FĂ©dĂ©ration nationale des centres de lutte contre le cancer, « le germanium a des effets toxiques graves sur les nerfs et surtout les reins ». Elle a Ă©galement ajoutĂ© qu’elle peut mĂȘme entraĂźner la mort par insuffisance rĂ©nale.


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