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Gadolinium

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Caractéristiques du gadolinium

  • Symbole : Gd
  • Masse atomique : 157,25 ± 0,03 u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-54-2
  • Configuration Ă©lectronique : [Xe]6f7 5d1 6s2
  • NumĂ©ro atomique : 64
  • Groupe : n. a
  • Bloc : Bloc f
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : Lanthanide
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1, 20
  • Point de fusion : 1313 °C

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Le gadolinium, élément atomique n°64 de symbole Gd : ses propriétés et ses utilisations.

Le gadolinium est l’élĂ©ment chimique de symbole Gd et de numĂ©ro atomique 64. Il fait partie du groupe des lanthanides. Le corps simple du gadolinium se prĂ©sente sous forme hexagonale, de couleur gris argent. En 1880, Jean Charles Galissard de Marignac rĂ©ussit Ă  isoler l’oxyde de gadolinium. Ensuite, en 1886, Paul-Émile Lecoq de Boisbaudran a extrait le mĂ©tal pur. Le nom gadolinium a Ă©tĂ© donnĂ© en hommage au chimiste finlandais Johan Gadolin.

Propriétés du gadolinium

Le gadolinium appartient à la famille des terres rares, et partage les mêmes caractéristiques que les autres éléments de cette famille. Il est malléable et peut subir une déformation plastique sans se rompre à température ambiante. Le gadolinium existe sous une autre forme cristalline appelée la forme « bêta ». En effet, au-dessus de 1 508 K, il prend une forme cubique centrée.

Le gadolinium ne se dĂ©sintègre pas dans l’air sec, mais rĂ©agit avec l’oxygène quand il est en contact avec l’air humide. Contrairement Ă  d’autres Ă©lĂ©ments des terres rares, qui peuvent rĂ©agir violemment avec l’eau, le gadolinium ne prĂ©sente pas de danger significatif lorsqu’il est exposĂ© Ă  l’eau. Cependant, lorsque le gadolinium est dissous dans des acides, il peut libĂ©rer de l’hydrogène gazeux.

Le gadolinium est classĂ© parmi les Ă©lĂ©ments ferromagnĂ©tiques, avec le fer, le nickel et le cobalt. Ces Ă©lĂ©ments possèdent une forte aimantation. Cependant, le gadolinium perd ses propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques Ă  une tempĂ©rature basse (292 K environ, soit 19 °C). C’est pourquoi les propriĂ©tĂ©s ferromagnĂ©tiques de cet Ă©lĂ©ment sont contestĂ©es.

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Le gadolinium a une forte tendance à absorber les neutrons thermiques. En effet, sa section efficace de capture neutronique thermique est de 49 kilobarns. En comparaison aux autres éléments naturels, la section efficace du gadolinium est considérée comme la plus élevée.

Le gadolinium est nĂ©faste pour le corps humain lorsqu’il est prĂ©sent sous forme ionique (Gd3+). Cette forme particulière du gadolinium se substitue au calcium dans le corps, et perturbe des fonctions importantes telles que la respiration, la contraction des muscles, les battements du cĹ“ur et la coagulation du sang. Cependant, le gadolinium est parfois utilisĂ© en mĂ©decine pour amĂ©liorer les images d’IRM. Il est administrĂ© sous forme de composĂ© complexĂ© afin d’Ă©viter les effets toxiques.

Il n’existe qu’un seul minĂ©ral dans lequel le gadolinium est le principal composant, la lepersonnite-(Gd). Il est extrait essentiellement de deux minĂ©raux. Il s’agit de la monazite (Ce,La,Th,Nd,Y)PO4 et de la bastnäsite (Ce,La,Y)CO3F. Ces minĂ©raux sont souvent exploitĂ©s pour leur contenu en terres rares, qui ont de nombreuses applications industrielles, telles que la fabrication de batteries, de matĂ©riaux Ă©lectroniques et d’Ă©quipements mĂ©dicaux.

Utilisation du gadolinium

En médecine

Le gadolinium Gd3+ est couramment employĂ© comme agent de contraste en imagerie par rĂ©sonance magnĂ©tique (IRM) pour amĂ©liorer la qualitĂ© des images produites lors de l’examen. Il est associĂ© Ă  d’autres substances (chĂ©lateurs) pour attĂ©nuer les effets toxiques qu’il a sur les cellules humaines. L’ion Gd3+ Ă©tant proche de l’ion calcium, il peut facilement le remplacer dans l’organisme. Cette substitution peut avoir des effets plus ou moins graves sur l’organisme, en fonction de la dose injectĂ©e. Ainsi, si une dose Ă©levĂ©e de l’ion Gd3+ est administrĂ©e, elle peut provoquer des effets indĂ©sirables sur le rythme cardiaque et d’autres fonctions biologiques.

Pour ĂŞtre utilisĂ© comme agent de contraste en imagerie mĂ©dicale, le gadolinium est complexĂ© avec une molĂ©cule appelĂ©e chĂ©late, le rendant inerte et moins toxique. Lorsqu’il est administrĂ© sous cette forme, une quantitĂ© importante de gadolinium est retenue dans certaines zones du cerveau, notamment le noyau dentelĂ© et le globus pallidus. Le système glymphatique se charge de l’absorption et de l’Ă©limination des agents de contraste Ă  base de gadolinium administrĂ©s par voie intraveineuse. Il s’agit du système de nettoyage et de drainage du cerveau, qui permet l’Ă©limination des dĂ©chets mĂ©taboliques et des toxines du cerveau.

L’administration du gadolinium en IRM peut aussi se faire Ă  partir d’une injection intrathĂ©cale. Il s’agit d’une voie d’administration qui permet de dĂ©livrer l’agent de contraste directement au niveau de la moelle Ă©pinière. Toutefois, lorsque ces doses sont trop Ă©levĂ©es (supĂ©rieures Ă  1 mmol), elles peuvent causer des complications neurologiques graves et potentiellement mortelles.

Il existe deux types d’agents de contraste Ă  base de gadolinium (GBCA) : les agents linĂ©aires et les agents macrocycliques. Les agents linĂ©aires ont une structure chimique plus simple et moins stable que les agents macrocycliques. Des Ă©tudes in vitro ont montrĂ© que les agents linĂ©aires Ă©taient plus toxiques pour les cellules nerveuses que les agents macrocycliques. L’utilisation de l’Omniscan et du Magnevist, des agents de contraste linĂ©aire de gadolinium, a Ă©tĂ© suspendue par l’Agence europĂ©enne des mĂ©dicaments (AEM) en 2017, en raison de prĂ©occupations quant Ă  leur sĂ©curitĂ©. D’autre part, l’usage des agents macrocycliques reste autorisĂ© en France Ă  faible dose, et seulement lorsque le diagnostic l’exige.

Les GBCA sont considĂ©rĂ©s comme nĂ©phrotoxiques. Ils peuvent endommager les reins et entraĂ®ner une insuffisance rĂ©nale. Les patients prĂ©sentant une insuffisance rĂ©nale prĂ©existante sont particulièrement Ă  risque. En outre, les GBCA peuvent provoquer une rĂ©action inflammatoire chez certains patients, qui peut se manifester par des symptĂ´mes tels que des rougeurs, des dĂ©mangeaisons, des douleurs et des gonflements. L’utilisation de GBCA peut entraĂ®ner une fibrose nĂ©phrogĂ©nique systĂ©mique (FNS) dans certains cas. Cette maladie rare affecte les tissus du corps, y compris la peau, les muscles et les organes internes, et peut ĂŞtre mortelle chez les patients prĂ©sentant une insuffisance rĂ©nale.

Les rĂ©sultats d’une Ă©tude suggèrent que l’utilisation rĂ©pĂ©tĂ©e d’agents de contraste pour les IRM pourrait ĂŞtre associĂ©e Ă  des effets nĂ©gatifs sur les capacitĂ©s verbales. Elle entraĂ®ne Ă©galement un risque de confusion chez certains patients.

Une autre Ă©tude menĂ©e au Danemark sur l’utilisation du GBCA a rĂ©vĂ©lĂ© un total de 11,6 cas de FNS par million dans le pays, et 6,1 cas suspects n’ayant subi aucun examen. Ce taux est plus Ă©levĂ© que dans d’autres pays qui utilisent du gadolinium en quantitĂ© similaire. Les auteurs de l’Ă©tude suggèrent que la maladie est sous-diagnostiquĂ©e dans d’autres pays en raison du manque de connaissances des mĂ©decins. Cependant, les hĂ´pitaux danois ont utilisĂ© des techniques de diagnostic avancĂ©es, telles que la spectromĂ©trie de masse. Elles permettent d’identifier la prĂ©sence de gadolinium dans les biopsies cutanĂ©es des patients atteints de FNS.

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Pollution

Des scientifiques ont dĂ©couvert que les coquilles Saint-Jacques, que l’on peut trouver dans les eaux cĂ´tières, contiennent du gadolinium. Ils ont utilisĂ© un spicilège de mollusque bivalve qui couvre une pĂ©riode de trente ans pour Ă©tudier l’Ă©volution de la quantitĂ© de gadolinium dans les coquilles. Ils se sont Ă©galement basĂ©s sur les donnĂ©es de la SĂ©curitĂ© sociale française pour Ă©valuer la consommation de gadolinium par IRM en France. Les scientifiques ont constatĂ© une augmentation de la quantitĂ© de gadolinium prĂ©sente dans les coquilles Saint-Jacques au fil du temps. Cette hausse est liĂ©e Ă  l’utilisation accrue de produits de contraste Ă  base de gadolinium en mĂ©decine.

Alternatives

Il existe d’autres alternatives aux agents de contraste Ă  base de gadolinium en IRM. Les agents de contraste Ă  base de manganèse (Mn2+), tels que le MnLMe ou le Mn-PyC3A, font actuellement l’objet de recherches. Le manganèse est Ă©liminĂ© plus rapidement par les reins que l’acide gadotĂ©rique, qui est aussi un agent de contraste utilisĂ© en IRM. Le cerveau retient Ă©galement moins de manganèse que d’acide gadotĂ©rique, vu que le manganèse peut ĂŞtre absorbĂ© par d’autres organes et tissus corporels. En outre, le manganèse est prĂ©sent naturellement dans le monde vĂ©gĂ©tal (0,36 Ă  10 mg/kg) et animal (0,05 Ă  16,60 mg/kg).

Le fer (Fe3+) est un ion qui possède quatre Ă©lectrons non appariĂ©s. Cependant, comparĂ© Ă  l’acide gadotĂ©rique (Gd3+), qui possède sept Ă©lectrons non appariĂ©s, et au manganèse (Mn2+), qui en possède cinq, le moment magnĂ©tique de l’ion Fe3+ est moins intense. C’est pourquoi le fer peut aussi ĂŞtre utilisĂ© comme agent de contraste en imagerie mĂ©dicale, mais il est moins efficace que ses semblables.

Alliages

Le gadolinium est souvent ajoutĂ© comme additif dans les aciers au chrome pour amĂ©liorer leurs propriĂ©tĂ©s de transformation. En gĂ©nĂ©ral, son ajout se fait jusqu’Ă  concurrence de 1 %. Il aide Ă  augmenter la duretĂ©, la rĂ©sistance Ă  la corrosion, la rĂ©sistance Ă  la fatigue et la rĂ©sistance Ă  l’oxydation de l’acier.

Lasers

Le grenat de gadolinium-gallium (GGG) est utilisĂ© dans la fabrication de lasers lorsqu’il est dopĂ© avec des ions de nĂ©odyme, d’ytterbium ou de dysporium. Le GGG est un cristal transparent qui possède d’excellentes propriĂ©tĂ©s optiques. Il sert de substrat pour la croissance de couches minces de matĂ©riaux magnĂ©tiques, utiles pour les appareils Ă©lectroniques et les technologies Ă©mergentes. Actuellement, des travaux sont en cours pour crĂ©er des lasers Ă  rayons X en utilisant du cristal de Nd:GGG.

Capteur neutronique

Le gadolinium est utilisĂ© dans certains rĂ©acteurs nuclĂ©aires sous forme oxydĂ©e (Gd2O3). Le but de cette utilisation est de contrĂ´ler la rĂ©activitĂ© du rĂ©acteur en exploitant les propriĂ©tĂ©s neutrophages des isotopes 155Gd et 157Gd. Ces isotopes ont de grandes sections efficaces de capture neutronique, respectivement de 61 kilobarns et de 254 kilobarns. En capturant des neutrons, ces derniers se transforment en isotopes 156Gd et 158Gd, qui, selon leurs sections efficaces, ne sont pas absorbants. Le comportement du gadolinium sous irradiation est particulier en raison de l’effet de peau. Le neutron du gadolinium n’est efficace que jusqu’Ă  un point de rupture dĂ©terminĂ©. En outre, le gadolinium a une durĂ©e de vie limitĂ©e dans le rĂ©acteur et doit ĂŞtre remplacĂ© pĂ©riodiquement.

En 2019, l’eau du Super-Kamiokande, un dĂ©tecteur de neutronis japonais, a Ă©tĂ© dopĂ©e au gadolinium. L’ajout de ce produit contraste IRM permet aux scientifiques de dĂ©tecter les neutrons produits par les collisions entre les particules qui sont Ă©mises lors de rĂ©actions nuclĂ©aires (antineutrinos) et les protons prĂ©sents dans les molĂ©cules d’eau. Ce processus peut aider Ă  mieux comprendre les rĂ©actions nuclĂ©aires qui se produisent dans les Ă©toiles.

Autres utilisations du gadolinium

Le gadolinium est l’un des matĂ©riaux les plus couramment utilisĂ©s dans la technologie de la rĂ©frigĂ©ration magnĂ©tique en raison de sa forte capacitĂ© des rapportant Ă  l’effet magnĂ©tocalorique (EMC). Cette propriĂ©tĂ© physique permet au matĂ©riau de se refroidir lorsqu’il est exposĂ© Ă  un champ magnĂ©tique et de se rĂ©chauffer Ă  nouveau lorsqu’il est retirĂ©.

Le gadolinium est un Ă©lĂ©ment utilisĂ© comme matĂ©riau phosphorescent dans les tubes cathodiques, prĂ©sent dans les tĂ©lĂ©visions et les moniteurs d’ordinateur CRT (Cathode Ray Tube).

Enfin, le gadolinium est employĂ© dans la fabrication d’alliages supraconducteurs en raison de ses propriĂ©tĂ©s magnĂ©tiques spĂ©cifiques.


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