X

Césium

element-chimique-55-cesium

Caractéristiques du césium

  • Symbole : Cs
  • Masse atomique : 132,905 451 96 ± 0,000 000 06 u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-46-2
  • Configuration Ă©lectronique : [Xe]6s1
  • NumĂ©ro atomique : 55
  • Groupe : 1
  • Bloc : Bloc s
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal alcalin
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 0,79
  • Point de fusion : 28,44 °C

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Le césium, élément atomique n°55 de symbole Cs : sa découverte, son histoire, ses propriétés, ses isotopes, ses effets toxiques et sa réglementation.

Le cĂ©sium est un Ă©lĂ©ment chimique de la famille des mĂ©taux alcalins, de symbole Cs, possède le numĂ©ro atomique 55. Il est blanc, argentĂ© ou dorĂ©, mou et mallĂ©able Ă  tempĂ©rature ambiante. Il peut rester sous forme liquide, mĂŞme Ă  des tempĂ©ratures très basses, jusqu’Ă  -28 °C, qui est son point de fusion. Le cĂ©sium a des propriĂ©tĂ©s chimiques similaires Ă  celles du rubidium et du potassium, en raison de son appartenance Ă  la mĂŞme famille. Il peut rĂ©agir violemment avec l’eau et l’air, et attaquer le verre. On peut extraire le cĂ©sium de la pollucite ou en trouver en faible quantitĂ© dans la lĂ©pidolite. Dans cet article, nous allons explorer les propriĂ©tĂ©s du cĂ©sium, son utilisation dans diverses industries, ainsi que ses effets sur l’environnement et la santĂ© humaine.

Découverte du césium

C’est en 1860 que Robert Wilhelm Bunsen et Gustav Robert Kirchhoff ont dĂ©couvert le cĂ©sium pour la première fois. Lors d’une spectroscopie de l’eau minĂ©rale de DĂĽrkheim, en Allemagne, ils ont observĂ© deux lignes caractĂ©ristiques de couleur bleu clair dans le spectre d’Ă©mission. Le nom cĂ©sium dĂ©rive du latin caesius qui signifie « bleu ciel ». Cette observation a Ă©tĂ© rendue possible grâce au spectroscope qu’ils avaient inventĂ© en 1859. Quelques mois plus tard, ils ont dĂ©couvert le rubidium de la mĂŞme manière.

Propriétés physiques et chimiques

Le cĂ©sium est un mĂ©tal alcalin avec une Ă©lectronĂ©gativitĂ© relativement faible de 0,79 sur l’Ă©chelle de Pauling. Cette faible Ă©lectronĂ©gativitĂ© est due Ă  la grande taille de l’atome de cĂ©sium, qui a un grand rayon atomique et une charge positive faible. Cela donne lieu Ă  un mĂ©tal très rĂ©actif qui rĂ©agit très rapidement avec l’eau, l’oxygène et certains non-mĂ©taux tels que le phosphore, le soufre et le dichlore. De ce fait, il possède Ă©galement des propriĂ©tĂ©s photoĂ©lectriques.

Il se prĂ©sente principalement sous trois formes : les halogĂ©nures (fluorure, chlorure, bromure, iodure), les carbonates et les sels d’acides organiques. Le cĂ©sium est Ă©galement un bon conducteur d’Ă©lectricitĂ©, en raison de la mobilitĂ© de ses Ă©lectrons de valence.

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Isotopes

Le cĂ©sium dĂ©tient le record du plus grand nombre d’isotopes parmi tous les Ă©lĂ©ments chimiques connus. En effet, il en possède 40, allant d’un nombre de masse de 112 Ă  151, ainsi que 17 isomères.

Le cĂ©sium a un seul isotope stable, le 133Cs. En plus d’ĂŞtre monoisotopique, il est aussi mononuclĂ©idique, car cet isotope est le seul qui existe sous sa forme naturelle. Les autres isotopes du cĂ©sium sont radioactifs et toxiques. Ces isotopes sont produits dans les supernovas et sont prĂ©sents sur Terre Ă  cause des retombĂ©es d’essais nuclĂ©aires atmosphĂ©riques, des accidents et des dĂ©chets nuclĂ©aires. Les isotopes 134Cs et 137Cs sont des produits de fission de l’uranium et peuvent ĂŞtre utilisĂ©s comme traceurs pour dĂ©tecter d’Ă©ventuels fuites ou accidents de rĂ©acteurs nuclĂ©aires.

Le cĂ©sium 137 est l’isotope le plus courant. Cet Ă©lĂ©ment a Ă©tĂ© utilisĂ© pour mesurer les effets de diffĂ©rentes contaminations de l’atmosphère, notamment liĂ©es aux bombes atomiques, aux essais nuclĂ©aires, Ă  l’accident de Tchernobyl et aux rejets de centrales nuclĂ©aires. Sa prĂ©sence a permis de mener des Ă©tudes sur la vitesse de renouvellement de l’eau et de comprendre comment le cĂ©sium se dĂ©place dans la chaĂ®ne alimentaire. Cet Ă©lĂ©ment a une pĂ©riode radioactive de 30,15 ans et se dĂ©sintègre en baryum 137m, puis en baryum 137 stable.

Quant au cĂ©sium 134, il a une pĂ©riode radioactive de 2 ans. Capable de conserver sa radioactivitĂ© jusqu’à 2,3 millions d’annĂ©es, le cĂ©sium 135 est un dĂ©chet radioactif Ă  durĂ©e extrĂŞme. CatĂ©gorisĂ© de dĂ©chet radioactif Ă  vie longue, ce dernier conserve sa radioactivitĂ© au-delĂ  des milliers d’annĂ©es, nuisant Ă  l’environnement et Ă  la santĂ© humaine.

Effets toxiques

Césium stable

Le cĂ©sium stable est gĂ©nĂ©ralement considĂ©rĂ© comme peu toxique sur le plan chimique, avec une dose lĂ©tale mĂ©diane de 800 Ă  2 000 mg/kg. Cependant, une surdose de cĂ©sium, notamment sous forme de chlorure de cĂ©sium ingĂ©rĂ© par voie orale, peut entraĂ®ner des symptĂ´mes tels que des diarrhĂ©es, une perte d’appĂ©tit, des vomissements, des nausĂ©es, et mĂŞme une arythmie cardiaque. En outre, le contact avec l’hydroxyde de cĂ©sium peut causer des irritations oculaires graves.

Césium 137

Par contre, les isotopes radioactifs, en particulier le cĂ©sium 137, sont nocifs pour l’ĂŞtre humain et l’environnement. Le cĂ©sium 137 Ă©met des rayonnements gamma qui peuvent causer des dommages importants Ă  tous les ĂŞtres vivants. De plus, le cĂ©sium 137 est chimiquement similaire au potassium : il peut ĂŞtre assimilĂ© par les plantes et les animaux en remplacement du potassium. Le cĂ©sium 137 se fixe sur les Ă©lĂ©ments organiques du sol et persiste pendant longtemps, en particulier dans la litière forestière. Les champignons et les baies sauvages qui poussent dans ces zones peuvent donc contenir des niveaux Ă©levĂ©s de cette substance. En Ukraine, en 1998, les champignons et les baies reprĂ©sentaient 95 % du radiocĂ©sium ingĂ©rĂ©, avec une augmentation de 200 fois pour les gros consommateurs de champignons. Les animaux sauvages peuvent aussi ĂŞtre contaminĂ©s en mangeant de la nourriture ou en buvant de l’eau qui contient du cĂ©sium-137. Il contamine les plantes et les algues, qui sont Ă  la base du rĂ©seau trophique, et se propage Ă  travers la chaĂ®ne alimentaire lorsque les animaux mangent des organismes contaminĂ©s.

Les effets que peuvent avoir des expositions prolongĂ©es Ă  de faibles doses de 137Cs ne sont pas connus jusqu’Ă  prĂ©sent. Cependant, les effets de l’exposition Ă  des doses Ă©levĂ©es de 137Cs peuvent causer des symptĂ´mes graves tels que des nausĂ©es, des vomissements, des diarrhĂ©es, des hĂ©morragies, et mĂŞme le coma ou la mort. Si l’exposition est seulement cutanĂ©e, elle peut causer des rougeurs, des ulcères, voire des nĂ©croses de la peau.

La catastrophe nuclĂ©aire de Tchernobyl a permis de tirer quelques observations. Il s’avère que la quantitĂ© de cĂ©sium 137 prĂ©sente dans le corps d’une personne est relative Ă  celle ingĂ©rĂ©e Ă  travers ses aliments. Environ 15 % du 137Cs ingĂ©rĂ© par la mère qui allaite dans une zone contaminĂ©e est transfĂ©rĂ© Ă  son bĂ©bĂ© Ă  travers le lait maternel. L’exposition au cĂ©sium peut causer des dommages aux tissus et aux organes du bĂ©bĂ©. Les effets peuvent inclure des troubles de la croissance, des problèmes de dĂ©veloppement neurologique et une augmentation du risque de cancer. Les enfants vivant en zone contaminĂ©e ont un système immunitaire plus dĂ©faillant. En effet, la prĂ©sence de cette substance diminue la capacitĂ© de l’organisme Ă  se dĂ©fendre contre les infections et les maladies.

Les recherches de Bandazhevsky et d’autres scientifiques ont montrĂ© que l’exposition au cĂ©sium-137 peut ĂŞtre associĂ©e Ă  une augmentation des pathologies cardiovasculaires. Et cela, en particulier chez les personnes exposĂ©es Ă  des doses Ă©levĂ©es de radioactivitĂ©. Ces pathologies se prĂ©sentent sous forme d’hypertrophie du ventricule gauche, d’augmentation de la tension artĂ©rielle, d’arythmie et d’autres problèmes cardiaques.

Le cĂ©sium-137 peut causer des dommages tissulaires dans le foie et les reins. Ces dommages entraĂ®nent une rĂ©duction de la fonction hĂ©patique et rĂ©nale, ainsi qu’une carence en vitamine D. Cela peut augmenter le risque de dĂ©formation des os chez l’enfant et une altĂ©ration de la qualitĂ© de l’Ă©mail dentaire. De mĂŞme, chez les rats, une exposition in utero Ă  de faibles doses de 137Cs via la mère peut perturber le mĂ©tabolisme de la vitamine D des embryons. Cela entraĂ®ne des troubles de la calcification du squelette.

L’exposition au 13Cs pendant la grossesse peut causer des anomalies congĂ©nitales se formant dès les premières semaines de dĂ©veloppement embryonnaire. Figurent dans la liste : la duplication des reins et des uretères, la polydactylie et des dĂ©fauts du tube neural. Ces derniers peuvent entraĂ®ner des malformations du cerveau et de la moelle Ă©pinière. Des Ă©tudes ont montrĂ© que les anomalies congĂ©nitales Ă©taient plus frĂ©quentes chez les enfants nĂ©s de mères vivant dans des zones exposĂ©es Ă  des niveaux Ă©levĂ©s de 137Cs. Dans certaines zones de BĂ©larus, les mères ont Ă©tĂ© exposĂ©es Ă  plus de 555 Bq/m2.

Lorsqu’il est ingĂ©rĂ© ou inhalĂ©, le cĂ©sium 137 peut se concentrer dans les tissus corporels, y compris la vessie. Il Ă©met ainsi des rayonnements ionisants qui peuvent endommager les cellules et causer des mutations gĂ©nĂ©tiques. Cela peut entraĂ®ner des troubles de la vessie tels que des infections, des inflammations et un risque accru de cancer de la vessie. Les rayonnements ionisants peuvent Ă©galement avoir des effets sur le cerveau, entraĂ®nant des troubles neurocognitifs tels que des troubles de la mĂ©moire, de l’apprentissage et de la coordination. Ces effets dĂ©pendent de la dose de rayonnement, de la durĂ©e d’exposition et de la sensibilitĂ© individuelle.

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Usage du césium

Forage

Le formiate de cĂ©sium Cs(HCOO) est utilisĂ© dans le forage pĂ©trolier et gazier. Thermiquement, cette substance est stable Ă  la pression. Par ailleurs, sa densitĂ© est assez consĂ©quente pour permettre Ă  certains sĂ©diments d’y flotter. Cette propriĂ©tĂ© permet de crĂ©er une boue plus lourde, qui est utilisĂ©e pour Ă©quilibrer la pression d’eau dans un forage profond, en la faisant passer Ă  travers le tube. Cela aide Ă  injecter et Ă  contrĂ´ler les fluides naturels qui remontent. Le champ pĂ©trolier et gazier d’Elgin-Franklin-Glenelg en mer du Nord a Ă©tĂ© forĂ© en utilisant cette mĂ©thode. Il s’agit d’une technique employĂ©e par les projets de forage les plus imposants au monde, facilitant la production de pĂ©trole et de gaz. En effet, les roches broyĂ©es ont pu ĂŞtre extraites plus facilement de la profondeur.

Centrifugation

Les sels de cĂ©sium sont aussi essentiels pour rĂ©aliser une centrifugation, une technique utilisĂ©e pour isoler les composants d’un mĂ©lange en fonction de leur densitĂ©. Lorsque des sels de cĂ©sium sont dissous dans l’eau, ils forment des solutions très denses. Au fil du temps, les composants du mĂ©lange Ă  sĂ©parer vont se rĂ©partir le long du gradient de densitĂ© créé par les sels de cĂ©sium. Les composants les plus denses se trouveront près de la solution de sels de cĂ©sium, tandis que les composants moins denses se trouveront plus haut, près de la surface du contenant.

Horloge atomique

Le cĂ©sium 133 est utilisĂ© dans les horloges atomiques, un type d’horloge très prĂ©cis qui utilise les propriĂ©tĂ©s d’un atome pour mesurer le temps. Les horloges atomiques fonctionnent avec diffĂ©rents types d’atomes tels que le cĂ©sium, l’hydrogène et le rubidium. Pour les horloges atomiques qui servent Ă  dĂ©finir l’unitĂ© de la seconde, on utilise du cĂ©sium 133. Ce dernier est connu, en raison de sa prĂ©cision extrĂŞme pour dĂ©finir les secondes. Les horloges atomiques sont utilisĂ©es pour maintenir l’heure atomique internationale (TAI) et le temps universel coordonnĂ© (UTC), qui sont les Ă©chelles de temps de rĂ©fĂ©rence.

Photomultiplicateurs

Le cĂ©sium amĂ©liore l’efficacitĂ© de la conversion de la lumière en courant Ă©lectrique dans les photocathodes et les photomultiplicateurs. Dans les photocathodes, le cĂ©sium est dĂ©posĂ© sur une surface mĂ©tallique pour former une couche mince. Lorsqu’une particule de lumière frappe la surface, elle libère des Ă©lectrons de la couche de cĂ©sium, crĂ©ant un courant Ă©lectrique. Les photomultiplicateurs utilisent aussi des couches de cĂ©sium pour amĂ©liorer la collecte des Ă©lectrons Ă©mis par la photocathode. La couche de cĂ©sium est placĂ©e sur un ensemble de dynodes, qui amplifient le courant Ă©lectrique. Bien que les photomultiplicateurs offrent une excellente sensibilitĂ© et une rĂ©ponse rapide, ils sont beaucoup plus encombrants et plus lourds par rapport aux dĂ©tecteurs Ă  semi-conducteurs.

Électrolyte pour multiplicateurs

Le cĂ©sium est parfois utilisĂ© comme Ă©lectrolyte dans les accumulateurs. Les Ă©lectrolytes sont des substances qui permettent aux ions de se dĂ©placer entre les deux Ă©lectrodes d’une batterie pendant la charge et la dĂ©charge. Le cĂ©sium est choisi pour son excellente conductivitĂ© Ă©lectrique et sa capacitĂ© Ă  former des composĂ©s ioniques stables. Lorsqu’il est utilisĂ© comme Ă©lectrolyte, il peut aider Ă  amĂ©liorer la durĂ©e de vie de la batterie et Ă  rĂ©duire la rĂ©sistance interne.

Promoteur de conversion chimique

Le cĂ©sium a plusieurs applications en tant que catalyseur ou promoteur de conversion chimique. Par exemple, il peut ĂŞtre utilisĂ© pour remplacer partiellement le potassium afin de faciliter la conversion de SO2 en SO3. Il peut Ă©galement servir de catalyseur de polymĂ©risation sous forme d’hydroxyde de cĂ©sium, tel que le CsOH. Le cĂ©sium peut aussi ĂŞtre utilisĂ© comme propulseur de moteur ionique, Ă  condition d’ĂŞtre ionisĂ© au prĂ©alable.

Synthèse organique

Le carbonate de césium CsCO3 sert de base pour la synthèse organique. Il est mieux solubilisé dans les solvants organiques que les autres carbonates tels que le carbonate de potassium. Les solvants organiques sont des liquides à base de carbone qui sont utilisés en chimie organique pour dissoudre les composés organiques.

Halogénures

Le césium et ses composés sont largement utilisés dans diverses applications technologiques, en raison de leurs propriétés physiques et chimiques uniques.

Le bromure de cĂ©sium (CsBr) est utilisĂ© comme matĂ©riau de base dans les Ă©crans fluorescents utilisĂ©s en radiographie. Les Ă©crans fluorescents contenant du CsBr sont capables de convertir les rayons X en lumière visible, permettant ainsi de produire une image claire et prĂ©cise. Le CsBr est Ă©galement utilisĂ© dans la fabrication de prismes pour spectromètres infrarouges, ainsi que dans les fenĂŞtres de cellules pour spectroscopie d’absorption infrarouge.

Le chlorure de cĂ©sium (CsCl) sert d’agent contrastant en radiographie. Lorsqu’il est injectĂ© dans le corps d’un patient, le CsCl se concentre dans les tissus mous. Ainsi, les radiologues peuvent mieux visualiser les structures internes lors de la prise d’images.

L’iodure de cĂ©sium (CsI) est souvent utilisĂ© dans les prismes de spectromètres infrarouges pour sĂ©parer les diffĂ©rentes longueurs d’onde de la lumière. Il est Ă©galement utilisĂ© dans les compteurs Ă  scintillation, qui sont des dĂ©tecteurs de rayonnement de particules ionisantes, de rayons gamma et de rayons X. Le CsI est aussi prĂ©sent dans certains Ă©crans fluorescents aux rayons X.

Le fluorure de cĂ©sium (CsF) est un composĂ© important en chimie des organofluorĂ©s. Il est utilisĂ© comme source de production d’ions fluorure dans diverses rĂ©actions chimiques. Le CsF sert de base pour la condensation de Knoevenagel, une rĂ©action de synthèse organique importante dans la production des composĂ©s Ă  base de carbone. En outre, le CsF aide Ă  l’élimination des groupements protecteurs dans diverses synthèses organiques.

Césium 137

L’isotope 137Cs agit comme une source radioactive.

Il se dĂ©sintègre en Ă©mettant des Ă©lectrons connus comme les particules bĂŞta. Dans les laboratoires de physique, les impulsions Ă©lectriques gĂ©nĂ©rĂ©es par ces dĂ©sintĂ©grations sont alors comptĂ©es, permettant de calculer la radioactivitĂ© de l’Ă©chantillon de cĂ©sium 137. Cette technique est utilisĂ©e pour dĂ©montrer le caractère alĂ©atoire de la dĂ©sintĂ©gration radioactive, qui est une propriĂ©tĂ© fondamentale de la physique nuclĂ©aire.

Dans les irradiateurs industriels pour la radio-stĂ©rilisation des aliments, il Ă©met des rayonnements ionisants qui tuent les bactĂ©ries et les micro-organismes prĂ©sents sur les produits alimentaires. Cela permet de conserver les produits plus longtemps. Il est Ă©galement utilisĂ© dans des jauges de convoyeurs et de masse volumique. La quantitĂ© de rayonnement Ă©mis par le cĂ©sium permet d’Ă©valuer la densitĂ© ou l’Ă©paisseur du matĂ©riau traversĂ© par le rayonnement. Dans les systèmes d’Ă©talonnage, le cĂ©sium 137 Ă©met des rayonnements de manière stable et prĂ©visible. Ce qui permet de calibrer des instruments de mesure tels que des dĂ©tecteurs de rayonnement ou des compteurs Geiger.

En mĂ©decine, la source radioactive du cĂ©sium 137 est utilisĂ©e pour traiter certains types de cancer tels que celui du col de l’utĂ©rus ou de la vessie. Elle est placĂ©e directement en contact avec la tumeur pour dĂ©livrer une dose de rayonnement qui dĂ©truit les cellules cancĂ©reuses. Le chlorure de cĂ©sium est d’ailleurs proposĂ© en mĂ©decine alternative pour arrĂŞter la progression des mĂ©tastases. Toutefois, malgrĂ© cette hypothèse, l’utilisation de cette substance a Ă©tĂ© associĂ©e Ă  des effets cardiotoxiques et ne prĂ©sente pas d’efficacitĂ© notable dans le traitement du cancer. D’autre part, du cĂ©sium 137 plus actif est utilisĂ© pour irradier le sang afin qu’une transfusion sanguine soit sans danger pour les personnes souffrant de dĂ©ficit immunitaire.

Enfin, les niveaux de 137Cs dans l’environnement sont souvent utilisĂ©s comme indicateur de la gravitĂ© de la contamination radioactive et des risques pour la santĂ© humaine et l’environnement.

Cinétique environnementale

Les Ă©tudes de comportement des isotopes du cĂ©sium dans l’environnement visent Ă  comprendre comment ces Ă©lĂ©ments se dĂ©placent dans l’environnement. Et notamment, comment ils sont transportĂ©s par l’eau, par l’air ou par les sols, ou encore comment ils sont absorbĂ©s et accumulĂ©s dans les organismes vivants. Ces Ă©tudes ont pris de l’ampleur depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Elles aident Ă  dĂ©terminer les niveaux de contamination dans l’environnement et Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies pour minimiser l’exposition humaine Ă  ces Ă©lĂ©ments dangereux.

Les ions de cĂ©sium prĂ©sents dans l’eau peuvent s’accrocher Ă  certains matĂ©riaux de construction tels que les briques et les mortiers, ou se coller sur les ciments et bĂ©tons. Cette adsorption dĂ©pend de la tempĂ©rature, du temps d’exposition et de la quantitĂ© de cĂ©sium dans l’eau. Plus l’eau contient de cĂ©sium, plus les ions de cĂ©sium se colleront aux matĂ©riaux de construction. Les scientifiques ont trouvĂ© un modèle mathĂ©matique pour expliquer ce phĂ©nomène, appelĂ© le modèle de Freundlich. Les chercheurs ont Ă©galement observĂ© que la tempĂ©rature influe sur l’adsorption de cĂ©sium : plus elle est Ă©levĂ©e, plus le cĂ©sium se colle rapidement aux matĂ©riaux de construction.

Récupération du césium

Pour nettoyer les zones les plus contaminĂ©es suite Ă  l’explosion nuclĂ©aire de Fukushima, un robot hydrodĂ©capeur a Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©. Ce robot utilise l’hydrodĂ©capage Ă  très haute pression, qui consiste Ă  projeter de l’eau sous pression très Ă©levĂ©e sur les surfaces contaminĂ©es pour les nettoyer. Cela peut arracher la peinture et la surface du bĂ©ton ou de l’asphalte, mais permet Ă©galement de retirer la contamination radioactive. Les rĂ©sidus aqueux qui en rĂ©sultent, dont des Ă©lĂ©ments radioactifs tels que le cĂ©sium, sont ensuite rĂ©cupĂ©rĂ©s et traitĂ©s afin de ne pas contaminer davantage l’environnement.

Des scientifiques ont Ă©galement expĂ©rimentĂ© des mĂ©thodes pour rĂ©duire la radioactivitĂ© des dĂ©chets nuclĂ©aires. L’une de ces mĂ©thodes est l’extraction sĂ©lective par solvant, consistant Ă  utiliser le cĂ©sium 137 et le strontium 90 pour extraire les Ă©lĂ©ments radioactifs. Cette mĂ©thode utilise le Calix[4]arene-crown-6, un composĂ© organique qui forme une liaison avec les ions de cĂ©sium et de strontium, pour l’extraction.

Occurrence du césium dans l’écosystème

Lorsque le cĂ©sium radioactif est libĂ©rĂ© dans un sol argileux et nu, il est fortement absorbĂ© par les particules d’argile prĂ©sentes dans le sol. Les argiles sont des minĂ©raux qui ont une grande capacitĂ© d’adsorption. Par consĂ©quent, le radiocĂ©sium se dĂ©place difficilement vers les eaux profondes ou superficielles. Les nappes d’eau souterraines et les rivières sont rarement contaminĂ©es par le radiocĂ©sium, sauf en cas d’Ă©rosion qui peut transporter les particules d’argile contaminĂ©es.

Le césium est beaucoup plus présent dans la couche supérieure des sols. Dans ces couches, il peut être absorbé par les racines et les rhizomes de certaines plantes. Les fougères, les truffes, les champignons peuvent, par exemple, concentrer le césium dans leurs tissus.

Dans les annĂ©es 1990, des scientifiques de l’Institut national de la recherche agronomique de Montpellier ont Ă©tudiĂ© comment le cĂ©sium se dĂ©plaçait dans les plantes et le sol. Ils ont dĂ©couvert que diffĂ©rentes espèces de plantes absorbent le cĂ©sium Ă  des vitesses diffĂ©rentes. La quantitĂ© de potassium dans le sol, la densitĂ© et la profondeur des racines de la plante affectent Ă©galement la vitesse Ă  laquelle le cĂ©sium est absorbĂ©. Selon les rĂ©sultats, le cĂ©sium est vĂ©hiculĂ© plus facilement grâce Ă  la prĂ©sence de matière organique dans l’argile. La plante peut ainsi en absorber plus de 90%. Cependant, une grande partie du cĂ©sium qui est absorbĂ© par la plante est Ă©liminĂ©e, mais ne se retrouve pas dans les parties supĂ©rieures de la plante.

Après un contact externe avec le césium, les plantes à racines superficielles sont souvent contaminées en premier. Ensuite, environ 10 à 20 ans plus tard, ce sont les plantes qui ont des racines plus profondes et certains champignons qui sont contaminés. Les animaux qui vivent en liberté et se nourrissent de plantes contaminées subissent également une contamination. Cependant, le degré varie en fonction de leur position dans la chaîne alimentaire. Quant à la durée de contamination des arbres, elle reste encore indéterminée.

Le cĂ©sium 137 a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en quantitĂ© dans l’environnement Ă  la suite de l’accident de la centrale nuclĂ©aire de Tchernobyl en 1986. Il est particulièrement prĂ©sent et stable dans les Ă©cosystèmes forestiers, en particulier dans les rĂ©gions oĂą il a plu lors de l’accident. Il s’est accumulĂ© dans les sols forestiers, en particulier dans les creux et les parties infĂ©rieures des montagnes. Les analyses effectuĂ©es depuis l’accident ont rĂ©vĂ©lĂ© un taux de contamination Ă©levĂ© de cĂ©sium radioactif dans les produits de forĂŞt de ces zones.

Occurrence du césium dans la chaîne alimentaire

Les racines, les rhizomes, les tubercules, et notamment les champignons peuvent être contaminés, si le sol dans lequel ils poussent est déjà rempli de substances radioactives. Les animaux qui les consomment peuvent ensuite être contaminés à leur tour, et cela de manière durable. Le sanglier est particulièrement vulnérable à la bioaccumulation du césium 137. En effet, il accumule cet élément dans son organisme tout au long de sa vie. En effet, non seulement il se nourrit de champignons et de racines, mais il fouille également le sol pour chercher de la nourriture. Il est également un animal nécrophage.

Une étude menée en Allemagne montre que la radioactivité moyenne de la viande de chevreuil a diminué au fil des ans, mais pas celle du sanglier. Les analyses ont montré que la teneur en césium 137 chez les sangliers pouvait varier considérablement, entre 5 Bq/kg à plus de 8 000 Bq/kg. Les chercheurs ont constaté que les facteurs saisonniers et environnementaux, tels que les choix alimentaires et les conditions météorologiques, peuvent influencer la quantité de césium 137 que les sangliers absorbent.

Conséquences humaines

Exposition professionnelle

L’exposition professionnelle au cĂ©sium 137 est considĂ©rĂ©e comme faible pour la plupart des travailleurs de l’industrie nuclĂ©aire. Les travailleurs sont tenus de porter des Ă©quipements de protection individuelle et sont soumis Ă  des tests rĂ©guliers pour surveiller leur exposition au cĂ©sium 137 et Ă  d’autres matières radioactives.

Sources d’exposition

Les aliments d’origine animale, dont les produits laitiers, les coquillages, les champignons et certaines espèces de gibier, sont les principales sources d’exposition par le cĂ©sium. Les concentrations de cĂ©sium dans les produits laitiers en France sont aujourd’hui très faibles et respectent les normes en vigueur. Cependant, dans d’autres rĂ©gions d’Europe, notamment en ce qui concerne la viande de sanglier, des problèmes de contamination au cĂ©sium rĂ©sident encore.

La pĂ©riode la plus vulnĂ©rable Ă  l’exposition au cĂ©sium est celle de la pĂ©rinatalitĂ©, qui correspond aux 1 000 premiers jours de la vie d’un enfant, Ă  partir de la conception. La raison de cette vulnĂ©rabilitĂ© est double. Premièrement, pendant la grossesse, le cĂ©sium et ses isotopes peuvent traverser la barrière placentaire et atteindre le fĹ“tus, qui a besoin de potassium pour se dĂ©velopper, et le cĂ©sium est similaire au potassium. Deuxièmement, lors de la grossesse et de l’allaitement, des changements mĂ©taboliques se produisent chez la mère. Cela peut conduire Ă  la prĂ©sence de cĂ©sium dans le lait maternel, y compris s’il est radioactif. Bien que les taux urinaires de cĂ©sium des femmes diminuent lĂ©gèrement au cours de la grossesse, ils restent plus Ă©levĂ©s que ceux des femmes non enceintes pour des raisons inconnues.

Contamination

Il existe peu de donnĂ©es sur l’imprĂ©gnation au cĂ©sium des enfants, Ă  l’exception de ceux vivant dans des zones touchĂ©es par des accidents. Les femmes adultes ont Ă©tĂ© mieux Ă©tudiĂ©es, notamment pendant la pĂ©riode pĂ©rinatale. Les rĂ©sultats de ces Ă©tudes montrent que la concentration de cĂ©sium dans l’urine est assez similaire entre les pays. Les concentrations d’Ă©lĂ©ments dans l’urine sont souvent mesurĂ©es par rapport Ă  la crĂ©atinine, une substance produite par les muscles. Cette unitĂ© de mesure aide Ă  standardiser les rĂ©sultats en prenant en compte les variations de volume d’urine produites par chaque personne. Au Canada, elle est de 4,5 ÎĽg/L (4,8 ÎĽg/g de crĂ©atinine) ; au Royaume-Uni, la concentration est de 5,8 ÎĽg/g de crĂ©atinine et aux États-Unis, elle est de 3,6 ÎĽg/L (5,0 ÎĽg/g de crĂ©atinine). 

En 2018, une Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e en France, en rapport au programme national de biosurveillance, sur l’imprĂ©gnation des femmes enceintes par le cĂ©sium et d’autres polluants. Les rĂ©sultats montrent que les 4 245 femmes testĂ©es prĂ©sentaient du cĂ©sium dans leurs analyses d’urine, avec une moyenne de 5 ÎĽg/L.

Les rĂ©sultats ont Ă©tĂ© confirmĂ©s par la cohorte ELFE ou « Étude Longitudinale Française depuis l’Enfance ». La moyenne de concentration urinaire au cĂ©sium Ă©tait de 4,93 ÎĽg/L sur 990 femmes enceintes. Près de 95 % des femmes testĂ©es avaient une concentration de cĂ©sium infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  15,0 ÎĽg/l dans leur urine. Par contre, il est moins Ă©levĂ© chez les femmes qui ne sont pas enceintes, dont l’organisme Ă©limine le cĂ©sium par voie urinaire.

Ces rĂ©sultats suggèrent que le cĂ©sium est prĂ©sent dans l’environnement et que les organismes humains en sont largement imprĂ©gnĂ©s. MalgrĂ© cela, il n’existe pas encore de donnĂ©es claires sur les sources possibles d’exposition de la population au cĂ©sium.

cesium-03

Transmission

La transmission du radiocésium a été étudiée en Suède. Ces études montrent que la quantité de césium dans le corps dépend non seulement de sa présence dans l’environnement, mais aussi du sexe de la personne.

La quantité de césium radioactif a été mesurée dans les familles qui pratiquent la chasse dans 5 zones différentes. Les résultats montrent que la quantité de césium 137 présente dans le corps variait selon le sexe, avec une quantité plus élevée chez les hommes (0,6 à 4,7 kBq) que chez les femmes (0,3 à 1,9 kBq). Les chasseurs suédois qui consomment régulièrement du gibier ont des niveaux de radioactivité élevés. En effet, le taux de césium 137 dans le gibier varie selon la saison et les sites. Ce taux est plus élevé en automne, lorsque les champignons sont abondants et que les animaux en consomment davantage.

Cependant, une autre Ă©tude menĂ©e entre 1994 et 1998 a montrĂ© que la quantitĂ© moyenne de cĂ©sium 137 dans le corps des chasseurs avait diminuĂ© de 37 % en deux ans. Cela s’explique par la demi-vie Ă©cologique du cĂ©sium, qui est d’environ 6 ans. La quantitĂ© de cĂ©sium 137 dans l’environnement diminue lentement au fil du temps.

Une autre Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e en 2017 pour mesurer le degrĂ© d’exposition des chasseurs suĂ©dois Ă  la quantitĂ© de radiation suite Ă  l’accident de Tchernobyl. Les scientifiques ont constatĂ© que les chasseurs vivant dans trois zones contaminĂ©es ont reçu en moyenne une dose de radiation totale Ă  vie entre 4,1 mSv et 8,3 mSv. La dose de radiation totale correspond Ă  la quantitĂ© totale de radiation que le corps peut absorber et elle est mesurĂ©e en millisieverts (mSv). Les doses Ă©taient en moyenne plus Ă©levĂ©es pour les hommes que pour les femmes, les hommes ayant une dose totale d’environ 40% plus Ă©levĂ©e que les femmes. La plupart de la radiation a Ă©tĂ© absorbĂ©e par leur corps en mangeant de la nourriture contaminĂ©e, ce qui reprĂ©sente environ 75% de la dose totale. Enfin, l’Ă©tude a estimĂ© que l’ensemble de la population de chasseurs et leurs proches, soit environ 44 000 personnes, ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  une dose totale de radiation de 256 mSv au cours de leur vie.

Comportement dans l’organisme humain

Le cĂ©sium peut ĂŞtre dangereux pour la santĂ©, s’il est inhalĂ© ou ingĂ©rĂ©. Une fois dans le corps, il se rĂ©pand rapidement dans tout l’organisme. Les scientifiques ont dĂ©couvert que chez les animaux, jusqu’Ă  98 % du cĂ©sium ingĂ©rĂ© peut ĂŞtre absorbĂ© par l’intestin. D’autre part, chez l’homme, le cĂ©sium est absorbĂ© par le corps Ă  100 %, sauf s’il est sous une forme physico-chimique qui le rend moins soluble ou moins absorbable.

Les particules de cĂ©sium sont principalement ingĂ©rĂ©es par l’organisme via la nourriture ou l’eau contaminĂ©e et sont ensuite absorbĂ©es dans le système gastro-intestinal. Toutefois, des Ă©tudes ont montrĂ© que le cĂ©sium peut aussi ĂŞtre transfĂ©rĂ© de manière percutanĂ©e : il peut pĂ©nĂ©trer dans l’organisme Ă  travers la peau. Par exemple, une exposition cutanĂ©e au cĂ©sium peut se produire lorsqu’une personne est en contact avec des matières contaminĂ©es. Il peut s’agir de poussière ou de la terre contenant des particules de cĂ©sium.

Lorsqu’il est absorbĂ© par le corps humain, le cĂ©sium stable et radioactif se comporte de manière similaire. Le cĂ©sium est rapidement absorbĂ©, en raison de sa similaritĂ© avec le potassium et a tendance Ă  rester plus longtemps dans le corps humain. Le cĂ©sium est ensuite transportĂ© par le sang pour remplacer le potassium dans l’organisme, oĂą il se retrouve en grande partie dans les muscles. Certains tissus tels que les glandes surrĂ©nales, le foie, l’aorte et la rate l’absorbent aussi Ă  la place du potassium. Le cĂ©sium peut facilement traverser la barrière placentaire et atteindre le fĹ“tus en dĂ©veloppement. Il peut Ă©galement franchir la barrière protectrice du cerveau, causant ainsi des dommages Ă  long terme, en raison de son potentiel radioactif.

La toxicitĂ© du cĂ©sium 137 est principalement due Ă  sa radioactivitĂ©. Selon l’Institut de Radioprotection et de SĂ»retĂ© NuclĂ©aire, le cĂ©sium 137 peut avoir des effets nĂ©fastes sur le processus biologique des animaux et des humains. Il peut affecter le système immunitaire, qui est responsable de la dĂ©fense du corps contre les infections et les maladies. Il peut Ă©galement causer des malformations congĂ©nitales et des troubles du système nerveux chez les enfants. Des Ă©tudes sur des rongeurs ont montrĂ© que des doses faibles de cĂ©sium 137 ingĂ©rĂ©es peuvent perturber le cycle de sommeil et affecter le système circulatoire. Cet Ă©lĂ©ment peut perturber des fonctions mĂ©taboliques essentielles telles que le mĂ©tabolisme des hormones stĂ©roĂŻdiennes, de la vitamine D et du cholestĂ©rol. Cela peut se produire mĂŞme en l’absence de symptĂ´mes cliniques apparents, rendant difficile la dĂ©tection de la contamination environnementale.

Pour examiner les effets de la contamination radioactive de Tchernobyl, les scientifiques ont contaminĂ© les rats avec de faibles doses de cĂ©sium 137 sur une longue pĂ©riode de temps. L’Ă©tude a montrĂ© que les rats contaminĂ©s avaient des diffĂ©rences de mĂ©tabolisme qui ne pouvaient pas ĂŞtre dĂ©tectĂ©es par les marqueurs cliniques habituels. En 2004, l’IRSN a estimĂ© que le cĂ©sium, combinĂ© Ă  d’autres substances prĂ©sentes dans l’environnement, pourrait augmenter les risques de maladies non cancĂ©reuses dans certaines rĂ©gions du monde.

La principale voie d’Ă©limination du cĂ©sium est l’urine. Cependant, une petite partie du cĂ©sium ingĂ©rĂ© peut former des composĂ©s insolubles dans l’urine et sera plutĂ´t Ă©liminĂ©e dans les selles. Si une personne ingère du cĂ©sium, près de la moitiĂ© de la quantitĂ© ingĂ©rĂ©e sera Ă©liminĂ©e de son corps après 27 jours. Le cĂ©sium n’est dĂ©tectable dans l’urine que pendant cette pĂ©riode. Ensuite, il sera Ă©liminĂ© du corps.

Désintoxication

Les ions cĂ©sium et thallium ont la capacitĂ© de se fixer dans les sites tĂ©traĂ©driques de la structure molĂ©culaire. Cela les rend disponibles pour les organismes vivants tels que les plantes. Cependant, le bleu de Prusse peut les piĂ©ger dans une forme insoluble qui n’est pas disponible pour les plantes et autres organismes vivants. En absorbant ces ions, le bleu de Prusse rĂ©duit leur impact Ă©cologique et empĂŞche leur absorption par les plantes. Le bleu de Prusse est ensuite Ă©liminĂ© du corps par les selles, qui peuvent ĂŞtre colorĂ©es en bleu très foncĂ©, en raison de sa prĂ©sence.

Protection de l’environnement

Après l’accident nuclĂ©aire de Fukushima survenu en mars 2011 au Japon, l’Institut national de science industrielle avancĂ©e et de la technologie japonaise a dĂ©veloppĂ© une mĂ©thode. Celle-ci consiste Ă  mesurer la contamination de l’eau et des sols par l’isotope radiogĂ©nique cĂ©sium. Le dĂ©veloppement de cette mĂ©thode de mesure utilise le bleu de Prusse. Ce composĂ© a pour rĂ´le de piĂ©ger le cĂ©sium radioactif prĂ©sent dans l’eau et les sols, afin de mesurer leur taux de contamination. Ces pastilles de bleu de Prusse ont ensuite Ă©tĂ© commercialisĂ©es sous l’appellation Radiogardase pour ĂŞtre utilisĂ©es comme traitement contre l’ingestion de cĂ©sium ou de thallium dans le corps humain.

Réglementation

Des limites ont été mises en place pour protéger la santé publique contre les effets nocifs du césium radioactif. Ces limites définissent la quantité maximale de césium radioactif autorisée dans les aliments. En France, si la limite est de 370 Bq/kg pour les aliments destinés aux nourrissons, le seuil maximal des autres aliments est fixé à 600 Bq/kg.

En cas d’accident nuclĂ©aire, des normes temporaires peuvent ĂŞtre adoptĂ©es pour rĂ©glementer l’importation de produits provenant de contaminĂ©es. En Europe, c’est la loi (UE) n° 733/2008 et n° 996/2012 qui les rĂ©glemente.

Localisation

Le césium se retrouve dans différentes mines à travers le monde. Le gisement Bernic Lake au Canada produit les deux tiers de la réserve mondiale. Des pays européens tels que la Suède, l’Italie, l’Espagne ; et des pays sud-américains comme le Chili et le Brésil en produisent également. De même, des gisements figurent en Asie (Tibet, Inde, Afghanistan), en Afrique (Zimbabwe, Namibie) et aux États-Unis (Maine, Dakota du Sud).

La demande mondiale en cĂ©sium pur est relativement faible par rapport Ă  la demande d’autres mĂ©taux. En 2004, elle est infĂ©rieure Ă  25 000 kg par an.


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