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Rhodium

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Caractéristiques du rhodium

  • Symbole : Rh
  • Masse atomique : 102,905 50 ± 0,000 02 u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-16-6
  • Configuration Ă©lectronique : [Kr] 4d8 5s1
  • NumĂ©ro atomique : 45
  • Groupe : 9
  • Bloc : Bloc d
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : MĂ©tal de transition
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 2,28
  • Point de fusion : 1 964 °C

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Le rhodium, élément atomique n°45 de symbole Rh : son histoire et ses généralités, ses isotopes, ses propriétés, ses utilisations et et sa nocivité.

Le rhodium, ce mĂ©tal rare et prĂ©cieux, appartient au groupe 9 du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments. Il s’agit d’un mĂ©tal dur et cassant de couleur argentĂ©e avec une teinte rosĂ©e. Il possède un point de fusion Ă©levĂ© et rĂ©siste parfaitement Ă  la corrosion. Le rhodium est le plus souvent utilisĂ© comme catalyseur dans les rĂ©actions chimiques, en particulier dans l’industrie automobile, dans les convertisseurs catalytiques, oĂą il aide Ă  rĂ©duire les Ă©missions nocives. Ses propriĂ©tĂ©s uniques le rendent Ă©galement utile pour diverses applications Ă©lectroniques, ainsi que dans la production de bijoux et d’autres articles dĂ©coratifs.

Histoire et généralités du rhodium

Le terme « rhodium », d’origine grĂ©co-latine, a Ă©tĂ© introduit en français en 1805 dans les Annales de chimie. C’est le scientifique William Hyde Wollaston qui a dĂ©couvert cet Ă©lĂ©ment en 1803, en mĂŞme temps que le palladium, et qui a proposĂ© son nom. « Rhodium » trouve son origine dans le mot grec ῥόδον (rhodon), signifiant « rose », en raison de la couleur rose-rouge caractĂ©ristique de certains des composĂ©s les plus importants du mĂ©tal, notamment l’hydroxyde. Le premier mĂ©tal obtenu semblait comporter des impuretĂ©s mineures, notamment des traces significatives de cuivre ou de fer qui produisaient un effet rougeoyant.

Le groupe du platine, Ă©galement appelĂ© « ensemble des platinoĂŻdes », est composĂ© de cinq mĂ©taux : le ruthĂ©nium, le palladium, l’osmium, l’iridium et le platine. Le rhodium, quant Ă  lui, fait partie du groupe des « platinoĂŻdes lĂ©gers ». En effet, bien que les propriĂ©tĂ©s du corps simple du rhodium soient similaires Ă  celles du platine, celui-ci ne fait pas partie du sous-groupe du platine, mais plutĂ´t du sous-groupe de l’iridium.

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En 1803, Wollaston a fait une dĂ©couverte capitale en isolant le palladium et le rhodium Ă  partir de minerais de platine originaires de Colombie, en AmĂ©rique du Sud. En Ă©liminant l’osmium des restes de production, une « liqueur jaune » a Ă©tĂ© obtenue en ajoutant de l’eau chaude. Cette liqueur contenait principalement des platinoĂŻdes tels que l’iridium ainsi que du rhodium, du ruthĂ©nium et parfois du platine en quantitĂ© variable selon les Ă©chantillons.

Pour faire tomber les platinoĂŻdes de cette liqueur, il est possible d’utiliser du sel ammoniac ou du chlorure d’ammonium. Cependant, le rhodium ne peut ĂŞtre isolĂ© avec ces produits. Le processus pour l’obtention de la forme Ă©lĂ©mentaire du rhodium consiste Ă  faire passer du gaz dihydrogène sur la liqueur après Ă©vaporation de l’eau. Pour obtenir des cristaux de rhodium relativement purs, il est important de filtrer le rhodium afin d’Ă©liminer les impuretĂ©s telles que le fer ou le cuivre, qui peuvent afficher une couleur rouge foncĂ©, et de rĂ©aliser un lavage final avec de l’acide nitrique ou de l’acide chlorhydrique.

Une petite partie du rhodium se retrouve dans le chlorure de ruthĂ©nium et d’iridium, et  nĂ©cessite une rĂ©duction au rouge par le gaz dihydrogène pour obtenir l’Ă©ponge de mĂ©tal platinoĂŻde. Cette dernière est fondue avec du plomb pour sĂ©parer les cristaux indĂ©sirables de rhodium, de platine et de platine rhodiĂ©. Pour rĂ©cupĂ©rer les composĂ©s de rhodium et de platine, de l’acide nitrique doit ĂŞtre ajoutĂ© au plomb fondu. Le rhodium est ensuite isolĂ© sous forme de sulfate de rhodium grâce Ă  l’acide sulfurique, tandis que le platine est sĂ©parĂ© sous forme de complexes hexachloroplatinates grâce Ă  l’eau rĂ©gale.

Isotopes du rhodium

La masse atomique standard du rhodium est de 102,905 50 u. Cet Ă©lĂ©ment chimique dispose de 34 isotopes diffĂ©rents, dont les nombres de masse varient entre 89 et 122, ainsi que 22 isomères nuclĂ©aires. NĂ©anmoins, il est important de prĂ©ciser que seul un isotope est stable, Ă  savoir le 103Rh, qui reprĂ©sente l’intĂ©gralitĂ© du rhodium naturel. Cette particularitĂ© fait du rhodium un Ă©lĂ©ment monoisotopique et mononuclĂ©idique.

Présence du rhodium dans les milieux naturels, la minéralogie et la géologie

Le rhodium est un Ă©lĂ©ment rare du groupe des platinoĂŻdes, prĂ©sent dans la croĂ»te terrestre Ă  une concentration de 0,001 g/t ou 0,001 ppm, ce qui en fait l’un des mĂ©taux les plus rares au monde. Le rhodium est Ă©galement prĂ©sent dans certaines mĂ©tĂ©orites, ce qui suggère une origine cosmique. Le rhodium brut, correspondant au corps simple mĂ©tallique, est exceptionnellement rare, mais elle est plus connue sous forme de rhodite qui est un alliage d’or et de rhodium. La production annuelle mondiale de rhodium est faible, avec seulement 12 tonnes dans les annĂ©es 1990 et 20 tonnes en 2010, principalement rĂ©cupĂ©rĂ©es au cours du traitement d’autres minerais. Les principales sources de production se situent en Afrique du Sud et en Russie. Il est extrait laborieusement des gangues minĂ©rales oĂą il est associĂ© au palladium, Ă  l’argent ou au platine. En raison de sa raretĂ© et de sa valeur, il figure dans la liste des mĂ©taux les plus chers au monde.

Propriétés physiques et chimiques du rhodium

Le rhodium est un mĂ©tal blanc brillant et argentĂ©, avec une structure cristalline CFC (cubique Ă  faces centrĂ©es). Il possède une forte rĂ©flectivitĂ© – bien que moins importante que celle de l’argent. Le rhodium est moyennement dur et affiche une rĂ©sistance accrue Ă  la corrosion, grâce Ă  son inertie thermochimique. Il est facile Ă  travailler avec une torche Ă  fusion propane-oxygène. Le rhodium compact est insoluble dans les acides forts, mais ils se dissolvent facilement dans l’acide sulfurique ou l’eau rĂ©gale sous forme de poudre fine appelĂ©e noir de rhodium. Il est Ă©galement soluble dans les sels alcalins fondus et les bains de cyanures fondus, et possède des propriĂ©tĂ©s catalytiques similaires Ă  celles du platine. En outre, le rhodium est bactĂ©ricide et peut dĂ©truire les germes.

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Alliages du rhodium

Le rhodium, comme le palladium, est connu pour sa capacitĂ© Ă  durcir les mĂ©taux. Il est souvent utilisĂ© pour produire des alliages avec d’autres mĂ©taux dans le but d’amĂ©liorer leurs propriĂ©tĂ©s mĂ©caniques ou leur rĂ©sistance Ă  la corrosion. Il est associĂ© Ă  plusieurs mĂ©taux tels que le platine, l’argent ou l’or.

Comportements chimiques du rhodium

Le rhodium, tout comme les autres Ă©lĂ©ments du groupe des platinoĂŻdes, est vulnĂ©rable Ă  l’attaque de certains Ă©lĂ©ments chimiques tels que le soufre. Il est Ă©galement attaquĂ© par des semi-mĂ©taux, tels que l’antimoine (Sb), le sĂ©lĂ©nium (Se), le phosphore (P), l’arsenic (As) et le tellure (Te). Ces Ă©lĂ©ments peuvent rĂ©agir avec le rhodium pour former des composĂ©s indĂ©sirables, ce qui peut affecter sa performance dans les applications industrielles. Si on chauffe le rhodium mĂ©tallique Ă  plus de 600 °C avec de l’oxygène gazeux, il se transforme en Rh2O3 (appelĂ© sesquioxyde de rhodium). ChauffĂ© Ă  une tempĂ©rature de 2 000 °C, il se dĂ©compose. Ă€ plus de 300 °C, le rhodium rĂ©agit avec le fluor pour former du RhF3 gazeux. Avec le chlore, il forme des chlorures (comme RhCl3) et du bromure (RhBr3) Ă  haute tempĂ©rature. Il est Ă  noter que le rhodium n’existe pas sous forme d’ions simples, mais peut former des ions polyatomiques (ou oxoanions) et des complexes.

Composition chimique du rhodium

Le rhodium a deux oxydes stables connus : le dioxyde de rhodium, RhO2, et le sesquioxyde de rhodium, RhO3. Ses valences les plus courantes sont de II Ă  VI. Il peut former plusieurs fluorures avec une valence allant de III Ă  VI, tels que le RhF3, RhF4, RhF5 et RhF6, similaire aux composĂ©s analogues du ruthĂ©nium. Le trichlorure de rhodium, le tribromure de rhodium et le triodure de rhodium sont les principaux halogĂ©nures de rhodium. En plus des composĂ©s mentionnĂ©s prĂ©cĂ©demment, il existe Ă©galement le nitrate de rhodium Rh(NO3)3 et le sulfate de rhodium Rh2(SO4)3. Il peut aussi former des complexes avec divers composĂ©s tels que les carbonyles, les olĂ©fines et l’acĂ©tylacĂ©tone. Des sulfures, des sĂ©lĂ©niures et des tellurures simples, tels que RhS2, Rh2S3 ou Rh2S7, RhSe2 et RhTe2, sont aussi connus.

Différentes utilisations du rhodium

Le rhodium est un élément chimique polyvalent en raison de ses propriétés physiques et chimiques uniques, ce qui explique sa large utilisation dans de nombreux domaines.

Le platine, le palladium et le rhodium sont souvent prĂ©sents dans les catalyseurs dans les voitures Ă  essence, qui reprĂ©sentent environ 80 % de la production mondiale. Outre leur utilisation dans les systèmes de contrĂ´le des Ă©missions des vĂ©hicules, ces catalyseurs sont aussi couramment exploitĂ©s dans l’industrie chimique pour faciliter les rĂ©actions chimiques et pour gĂ©nĂ©rer de la chaleur. Le rhodium est employĂ© comme catalyseur pour faciliter la liaison de l’hydrogène lors de certaines rĂ©actions chimiques.

En qualitĂ© de couche de protection pour les contacts Ă©lectriques, le rhodium est rĂ©sistant Ă  la corrosion et Ă  l’usure. Il est ainsi parfait pour les pyromètres de prĂ©cision et les thermocouples qui mesurent les tempĂ©ratures Ă©levĂ©es. Il sert Ă©galement de matĂ©riau d’anode pour certains tubes Ă  rayons X dans le domaine de la spectromĂ©trie de fluorescence. Les miroirs de projecteurs tels que les projecteurs de cinĂ©ma et les miroirs astronomiques sont Ă©galement enduits de rhodium.

En joaillerie, il est utilisĂ© dans la conception de bijoux en argent et en or blanc. Il les rend plus brillants et durs, sous forme de placage fin, et Ă©vite le ternissement de l’argent. Dans le cas des bijoux en or, il prĂ©serve la teinte jaunâtre d’origine au fil du temps. Il est aussi employĂ© dans la fabrication de supports de pierres prĂ©cieuses pour les bijoux haut de gamme tels que les parures Swarovski.

Dans le domaine musical, il a Ă©tĂ© utilisĂ© pour crĂ©er un disque de rhodium offert Ă  l’artiste Paul McCartney. Le rhodium est employĂ© en orthodontie pour rĂ©duire la friction entre les fils orthodontiques et les braquets en cĂ©ramique. Son revĂŞtement diminue l’adhĂ©rence et l’usure du fil, garantissant une longue durĂ©e de vie aux braquets. Enfin, il offre un aspect esthĂ©tique brillant et lĂ©gèrement mĂ©tallique, s’intĂ©grant parfaitement avec les dents naturelles et les autres composants de l’appareil dentaire.

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Nocivité du rhodium

Les composĂ©s du rhodium, comme ceux des autres mĂ©taux du groupe du platine, peuvent ĂŞtre dangereux pour la santĂ© et l’environnement, et peuvent causer le cancer. Cependant, des tests rĂ©alisĂ©s sur des organismes aquatiques appelĂ©s daphnies ont montrĂ© que le rhodium Ă©tait moins toxique que le platine et le palladium. La dose de rhodium nĂ©cessaire pour tuer 50 % des daphnies en 48 heures est plus Ă©levĂ©e que celle requise pour le platine et le palladium. En outre,  la durĂ©e d’exposition peut aggraver l’effet toxique de ces mĂ©taux. Ils se retrouvent dans l’environnement, rejetĂ©s notamment par les pots catalytiques des voitures, et s’accumulent dans les sĂ©diments des lacs, mares et cours d’eau. Une Ă©tude a Ă©tĂ© menĂ©e pour Ă©valuer les effets de ces mĂ©taux sur la croissance, la fertilitĂ© et la reproduction en utilisant le nĂ©matode Caenorhabditis elegans. Selon les rĂ©sultats de cette recherche, le palladium Ă©tait le plus toxique, suivi du platine, puis du rhodium qui est le moins toxique des trois. Ce rĂ©sultat confirme ce qui a Ă©tĂ© Ă©voquĂ© prĂ©cĂ©demment.

Les nanoparticules de mĂ©taux, tels que l’argent, l’or, le platine, le palladium et le rhodium, sont de plus en plus prĂ©sentes dans l’environnement. Cela s’explique par leurs propriĂ©tĂ©s utiles pour l’industrie, telles que la catalyse, la fonctionnalisation de surface et l’optoĂ©lectronique. Des recherches ont montrĂ© que ces mĂ©taux peuvent avoir des effets toxiques sur les cellules humaines. Les moules, qui filtrent l’eau, sont les premiers Ă  ĂŞtre exposĂ©s Ă  ces mĂ©taux, en particulier le rhodium qui peut agir en synergie avec d’autres mĂ©taux toxiques ou catalytiques. Les experts recommandent de travailler sur l’ensemble des mĂ©taux du groupe du platine, plutĂ´t que sur le rhodium seul, qui proviennent de la pollution automobile. Cela permettrait de mieux comprendre les risques associĂ©s Ă  l’exposition Ă  ces mĂ©taux pour l’environnement et la santĂ© humaine.

Le rhodium sous forme de mĂ©tal massif n’est pas considĂ©rĂ© comme dangereux. En revanche, sous forme dissoute, de poudre fine, d’aĂ©rosols ou de nanoparticules, il peut nuire Ă  la santĂ© et Ă  l’environnement. Ces dernières sont particulièrement nĂ©fastes quand elles sont en contact avec l’air, l’oxygène ou les gaz halogènes. En effet, cette explosion peut avoir des effets toxiques sur la peau et les muqueuses nasales. Des Ă©tudes ont montrĂ© que les nanoparticules de rhodium peuvent agresser la peau et altĂ©rer sa couleur de manière permanente, en particulier en prĂ©sence de blessures ou de sueur ayant un pH acide. Cela peut mĂŞme aller jusqu’à des nĂ©croses locales et des irritations nasales.

Évolution et commercialisation du rhodium

En mai 2008, le prix du rhodium a connu une augmentation remarquable, atteignant 9 900 $ l’once Troy (31,103 5 grammes) ou 300 000 $ le kilogramme, d’après les donnĂ©es de The Bullion Desk. Le prix a Ă©tĂ© multipliĂ© par dix en seulement quatre ans. Cette hausse Ă©tait principalement due Ă  la forte demande pour le rhodium, connu pour ses propriĂ©tĂ©s catalytiques. Les capacitĂ©s uniques des mĂ©taux du groupe du platine, dont le rhodium fait partie, leur permettent d’oxyder les polluants gazeux et de les transformer en composĂ©s inoffensifs. Cette technologie est cruciale pour rĂ©duire les Ă©missions de gaz nocifs provenant des pots d’Ă©chappement.

En 2014, la France Ă©tait la principale importatrice de rhodium, avec un prix moyen d’importation de 23 € par gramme, selon les douanes françaises. En 2021, le prix du rhodium oscillait entre 12 350 et 29 800 dollars l’once. Cette fluctuation de prix peut ĂŞtre attribuĂ©e Ă  plusieurs facteurs, notamment l’offre et la demande du marchĂ© mondial, les variations des coĂ»ts de production et les fluctuations des taux de change. En mai 2022, on estimait que l’offre mondiale de rhodium s’Ă©levait Ă  environ 644 000 onces.


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