X

Mendélévium

element-chimique-101-mendelevium

Caractéristiques du Mendélévium

  • Symbole : Md
  • Masse atomique : 258 u
  • NumĂ©ro CAS : 7440-11-1
  • Configuration Ă©lectronique : [Rn] 5f13 7s2
  • NumĂ©ro atomique : 101
  • Groupe :
  • Bloc : Bloc f
  • Famille d’Ă©lĂ©ments : Actinide
  • ÉlectronĂ©gativitĂ© : 1,3
  • Point de fusion : 827 °C

Voir les produits associés au mendélévium

Le mendélévium, élément atomique n°101 de symbole Md : sa découverte, sa synthÚse, ses propriétés et ses isotopes.

L’Ă©lĂ©ment chimique, mendĂ©lĂ©vium, de symbole chimique Md et de numĂ©ro atomique 101, appartient Ă  la famille des actinides. Il se situe dans la pĂ©riode 7 et le bloc f du tableau pĂ©riodique. Sa configuration Ă©lectronique est de [Rn] 5f13 7s2 et ses Ă©lectrons par niveau d’Ă©nergie sont 2, 8, 18, 32, 31, 8, 2. Le nom « mendĂ©lĂ©vium » a Ă©tĂ© choisi par les dĂ©couvreurs, en l’honneur du chimiste russe Dmitri MendeleĂŻev. En effet, ce dernier a travaillĂ© sur la classification des Ă©lĂ©ments et a contribuĂ© Ă  la construction du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments. Le mendĂ©lĂ©vium ne dispose pas d’utilisation biologique, d’autant plus que sa production en grande quantitĂ© pourrait entraĂźner un risque radiologique.

Découverte du mendélévium

Le Français Bernard Harvey et les AmĂ©ricains Gregory Choppin, Stanley Thompson Albert Ghiorso et Glenn Seaborg ont identifiĂ© l’élĂ©ment 101 Ă  l’UniversitĂ© de Californie, Ă  Berkeley en 1955. Huit constituants transuraniens ont Ă©tĂ© synthĂ©tisĂ©s avant le mendĂ©lĂ©vium. En utilisant le cyclotron de 60 pouces du Berkeley Radiation Laboratory, les chercheurs ont bombardĂ© une cible de 253Es avec des particules alpha 4He2+. Ils ont ainsi gĂ©nĂ©rĂ© l’isotope 256Md qui a une pĂ©riode radioactive d’environ 77 minutes et cinq secondes. Le 256Md est devenu le premier isotope Ă  ĂȘtre créé par synthĂšse atomique. 70 atomes de Md ont Ă©tĂ© formĂ©s. Leur dĂ©couverte entrait dans le cadre d’un programme initiĂ© en 1952, visant Ă  irradier le plutonium avec des neutrons, afin de le transformer en actinides plus lourds.

mendelevium-01

Cette mĂ©thode Ă©tait d’une grande importance, car l’utilisation de la capture neutronique pour synthĂ©tiser les transuraniens s’est avĂ©rĂ©e inefficace. Cela est dĂ» Ă  l’absence de dĂ©sintĂ©gration bĂȘta parmi les isotopes du fermium, qui devraient normalement produire le prochain Ă©lĂ©ment, le mendĂ©lĂ©vium. De plus, la courte pĂ©riode radioactive de 258Fm a Ă©galement Ă©tĂ© un obstacle Ă  la rĂ©ussite de la capture neutronique.

Afin de vĂ©rifier la possibilitĂ© de produire du mendĂ©lĂ©vium, l’Ă©quipe a effectuĂ© un calcul basĂ© sur le nombre d’atomes de la cible, sa section efficace, l’intensitĂ© du faisceau d’ions et la durĂ©e du bombardement. Cette derniĂšre a un lien avec la pĂ©riode radioactive du produit. En considĂ©rant ces paramĂštres, il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© qu’un atome devrait ĂȘtre produit par expĂ©rience. Ainsi, dans des conditions optimales, une seule particule de l’Ă©lĂ©ment 101 serait gĂ©nĂ©rĂ©e lors de l’expĂ©rience. Ces calculs ont dĂ©montrĂ© la possibilitĂ© de rĂ©aliser la synthĂšse du mendĂ©lĂ©vium et les expĂ©riences ont Ă©tĂ© entreprises.

La cible d’einsteinium 253 Ă©tait facile Ă  produire en irradiant du plutonium, considĂ©rant qu’aprĂšs une annĂ©e de rayonnement on obtiendrait un milliard d’atomes. La pĂ©riode radioactive du Es est de trois semaines. Ainsi, les expĂ©riences pouvaient dĂ©buter une semaine aprĂšs avoir obtenu une cible par sĂ©paration et purification de cet Ă©lĂ©ment. Toutefois, une amĂ©lioration du cyclotron s’avĂ©rait indispensable, car l’intensitĂ© des particules alpha requise pour la synthĂšse Ă©tait de l’ordre de 1014 particules par seconde.

Afin de sĂ©parer les atomes de mendĂ©lĂ©vium et d’actinides plus lĂ©gers produits pendant la synthĂšse, Choppin proposa l’utilisation de l’acide α-hydroxyisobutyrique. La mĂ©thode de synthĂšse a recours Ă  une technique dĂ©veloppĂ©e par Albert Ghiorso, exploitant le recul des atomes de Md formĂ©s. La cible fait face au faisceau de particules alpha et Ă  son opposĂ© on a disposĂ© l’einsteinium. Ainsi, les atomes du mendĂ©lĂ©vium ont suffisamment d’élan pour quitter la cible et ĂȘtre rĂ©coltĂ©s dans une mince feuille d’or placĂ©e juste derriĂšre. Cette approche est efficace Ă©tant donnĂ© la faible quantitĂ© d’Es prĂ©sente dans la cible.

Environ 109 atomes de 253Es ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s par Ă©lectroplacage sur la feuille d’or. Le bombardement a Ă©tĂ© effectuĂ© dans le cyclotron de Berkeley avec des particules alpha d’une Ă©nergie 41 MeV, Ă  une intensitĂ© de 6×1013 particules par seconde sur une surface de 0,05 cm3.  Afin de maintenir une tempĂ©rature constante de la cible, elle a Ă©tĂ© refroidie par de l’eau ou de l’hĂ©lium liquide, sinon on pouvait la remplacer en cas de besoin.

En septembre 1954, les premiĂšres expĂ©riences rĂ©alisĂ©es n’ont pas dĂ©tectĂ© de dĂ©sintĂ©gration alpha d’un atome de mendĂ©lĂ©vium. Par consĂ©quent, Ghiorso a supposĂ© que le mendĂ©lĂ©vium formĂ© se serait dĂ©sagrĂ©gĂ© totalement en fermium par capture Ă©lectronique. Il a alors suggĂ©rĂ© une reprise de la synthĂšse, en recherchant cette fois des Ă©vĂ©nements de fission spontanĂ©e. Ainsi, en fĂ©vrier 1955, les travaux de synthĂšse ont Ă©tĂ© repris.

Le 19 fĂ©vrier 1955, jour de la dĂ©couverte, l’irradiation alpha de la cible d’einsteinium a Ă©tĂ© rĂ©partie sur trois sessions de trois heures.

Comme le cyclotron Ă©tait situĂ© loin du Radiation Laboratory, sur le campus de l’UniversitĂ© de Californie, une mĂ©thode de travail complexe a Ă©tĂ© mise en place. Ghiorso a pris les feuilles du dispositif rĂ©cepteur du cyclotron (composĂ© de trois cibles et trois dispositifs rĂ©cepteurs) et les a remises Ă  Harvey. Ce dernier a dissous les feuilles dans de l’eau rĂ©gale, puis les a fait passer Ă  travers une colonne de rĂ©sine Ă©changeuse d’anions afin de dissocier les Ă©lĂ©ments transuraniens de l’or et les autres produits. Choppin et Ghiorso versĂšrent les gouttes de solution obtenues dans un tube Ă  essais et les transportĂšrent rapidement au Radiation Laboratory. À leur arrivĂ©e, Thompson et Choppin ont employĂ© l’acide α-hydroxyisobutyrique et une colonne de rĂ©sine Ă©changeuse de cations pour recueillir les gouttes de solutions sur des disques de platine. Ces derniers ont Ă©tĂ© sĂ©chĂ©s sous des lampes chauffantes. On a prĂ©sumĂ© que les trois disques contenaient respectivement du fermium, aucun nouvel Ă©lĂ©ment et du mendĂ©lĂ©vium. Enfin, ils ont Ă©tĂ© mis dans un dispositif qui enregistrait les Ă©vĂ©nements de fission spontanĂ©e et rĂ©vĂ©lait ainsi le moment et le nombre des dĂ©sintĂ©grations.

La dĂ©tection a Ă©tĂ© faite par l’observation de cinq Ă©vĂ©nements de fission spontanĂ©e qui ont eu lieu dans le 256Fm (isotope fils du mendĂ©lĂ©vium), par capture Ă©lectronique. Quatre ont Ă©tĂ© suffisants pour prouver l’identification chimique de l’Ă©lĂ©ment 101. Des expĂ©riences plus avancĂ©es et des analyses supplĂ©mentaires ont rĂ©vĂ©lĂ© que l’isotope du mendĂ©lĂ©vium créé avait un nombre de masses de 256. Il s’est dĂ©sagrĂ©gĂ© en fermium 256 par capture Ă©lectronique, avec une pĂ©riode radioactive d’environ 1,5 heure.

MendeleĂŻev Ă©tait un chimiste russe et la dĂ©couverte a Ă©tĂ© faite dans un contexte de guerre froide. Seaborg a dĂ» user de persuasion pour convaincre le gouvernement des États-Unis d’accepter le nom de mendĂ©lĂ©vium pour le nouvel Ă©lĂ©ment. Ce nom n’a Ă©tĂ© approuvĂ© qu’en 1955 par l’Union internationale de chimie pure et appliquĂ©e (UICPA). Une assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’organisation s’est tenue Ă  Paris en 1957, durant laquelle le symbole original « Mv » a Ă©tĂ© modifiĂ© en « Md ».

mendelevium-02

SynthÚse et séparation

Le bombardement de cibles de 209Bi avec de 40Ar engendre essentiellement des isotopes légers du mendélévium (245Md à 247Md). En revanche, les isotopes plus lourds (248Md à 253Md) sont conçus par irradiation de cibles :

  • le plutonium (239Pu et 240Pu) ;
  • l’amĂ©ricium (241Am et 243Am) ;
  • le carbone (12C et 13C) ;
  • l’azote (14N et 15N).

Le bombardement des isotopes 253Es, 254Es et 255Es par des particules alpha génÚre les isotopes 254Md à 258Md. Le 259Md est obtenu par la désintégration du 259No, tandis que le 260Md se forme suite au bombardement du 254Es avec des particules 18O.

Le 256Md ne possĂšde pas la plus grande pĂ©riode radioactive, mais il se prĂ©sente comme l’isotope le plus employĂ© pour des expĂ©riences chimiques, grĂące Ă  sa facilitĂ© de production. En effet, il a la possibilitĂ© d’engendrer plus d’un million d’atomes par heure, par le bombardement de 253Es avec des particules alpha.

On peut exploiter le recul des atomes de mendĂ©lĂ©vium 256 pour les Ă©loigner de la cible d’einsteinium. Ensuite, ils sont dĂ©posĂ©s sur une feuille mĂ©tallique mince, telle que le bĂ©ryllium, l’aluminium, le platine ou l’or, qui est positionnĂ©e directement derriĂšre la cible. Avec cette mĂ©thode, une sĂ©paration chimique Ă  partir de la cible, n’est plus nĂ©cessaire et on peut rĂ©utiliser la cible d’einsteinium.

Pour sĂ©parer le mendĂ©lĂ©vium des produits de fission, il est possible de dissoudre la feuille avec de l’acide et de la prĂ©cipiter ensuite avec du fluorure de lanthane. Puis, on utilise une colonne de rĂ©sine Ă©changeuse de cations avec une solution aqueuse contenant Ă  10% d’Ă©thanol saturĂ©e en acide chlorhydrique. Toutefois, si la feuille en or est assez fine, il est plus pratique de dissoudre l’or dans de l’eau rĂ©gale. Par la suite, on procĂšde Ă  la sĂ©paration des actinides trivalents de l’or par la chromatographie Ă  Ă©change d’anions, avec l’acide chlorhydrique comme Ă©luant.

Une autre option consiste Ă  ralentir directement les atomes de mendĂ©lĂ©vium formĂ©s dans un gaz (gĂ©nĂ©ralement de l’hĂ©lium). Ce gaz est Ă©vacuĂ© hors de la chambre de rĂ©action et permet le l’acheminement des atomes Ă  travers un tube capillaire pour ĂȘtre analysĂ©s. Pour les longues distances, on ajoute du chlorure de potassium au gaz de transport.

Propriétés du mendélévium

À l’Ă©tat ordinaire, le mendĂ©lĂ©vium est un corps simple solide. Son systĂšme cristallin se prĂ©sente sous une structure cubique Ă  faces centrĂ©es. Son point de fusion, identique Ă  celui du nobĂ©lium, est estimĂ© Ă  827 °C et sa masse volumique Ă©valuĂ©e Ă  environ 10.3 ± 0.7 g·cm−316. Cet Ă©lĂ©ment chimique a une masse atomique de 258 u et une Ă©lectronĂ©gativitĂ© de 1,3 sur l’Ă©chelle de Pauling. L’Ă©nergie de premiĂšre ionisation de l’atome du Md est de 6,58 eV et son N° CAS est 7440-11-1.

Le mendĂ©lĂ©vium en solution constitue les principales donnĂ©es sur la chimie de cet Ă©lĂ©ment. Il peut adopter les Ă©tats d’oxydation +3 ou +2. Bien que le degrĂ© d’oxydation +1 ait Ă©tĂ© signalĂ©, il n’a pas Ă©tĂ© confirmĂ©.

Avant la dĂ©couverte du mendĂ©lĂ©vium, Katz et Seaborg ont Ă©mis l’hypothĂšse de sa prĂ©dominance sous forme trivalente en solution aqueuse. Ils ont supposĂ© que l’élĂ©ment  101 aurait des propriĂ©tĂ©s semblables Ă  celles des lanthanides et des actinides trivalents. AprĂšs la dĂ©couverte par synthĂšse du Md, ces suppositions se sont avĂ©rĂ©es exactes. Tout d’abord, par son Ă©lution juste aprĂšs le fermium dans le processus d’extraction des actinides trivalents, puis en 1967 quand le fluorure de mendĂ©lĂ©vium et l’hydroxyde ont Ă©tĂ© coprĂ©cipitĂ©s avec des sels de lanthanides trivalents.

Le mendĂ©lĂ©vium III peut ĂȘtre rĂ©duit en mendĂ©lĂ©vium II qui est une forme stable en solution aqueuse stable. En 1967, le potentiel standard de rĂ©duction du couple E°(Md3+→Md2+) a Ă©tĂ© Ă©valuĂ© Ă  −0,10 V ou −0,20 V. En 2013, cette valeur a Ă©tĂ© Ă©tablie Ă  −0,16 ± 0,05 V.  À titre comparatif, E°(Md3+→Md0) est estimĂ© Ă  environ −1,74 V et E°(Md2+→Md0) Ă  environ −2,5 V.

En 1973, des chercheurs russes ont annoncĂ© la synthĂšse du mendĂ©lĂ©vium I, rĂ©alisĂ©e par rĂ©duction des Ă©tats d’oxydation supĂ©rieurs de l’Ă©lĂ©ment Ă  l’aide de samarium II. Cette forme Ă©tait reconnue stable en solution neutre dans un mĂ©lange d’eau et d’Ă©thanol. Le Me I prĂ©sentait une similitude avec le cĂ©sium I, pourtant, les expĂ©riences ultĂ©rieures n’ont pas permis de confirmer son existence. Elles ont dĂ©montrĂ© que le mendĂ©lĂ©vium dĂ©soxydĂ© ne se comporte pas comme les mĂ©taux alcalins monovalents, mais plutĂŽt comme des Ă©lĂ©ments divalents. Toutefois, l’Ă©quipe russe a menĂ© des Ă©tudes approfondies sur la co-cristallisation du mendĂ©lĂ©vium, avec des chlorures de mĂ©taux alcalins. Elle en a conclu que du mendĂ©lĂ©vium I se forme et qu’il est capable d’engendrer des cristaux mixtes avec des Ă©lĂ©ments divalents.

La prĂ©diction en 1975 disait que E°(Md4+→Md3+) Ă©tait d’environ +5,4 V, ce qui impliquait que le mendĂ©lĂ©vium III pourrait ĂȘtre facilement oxydĂ© en mendĂ©lĂ©vium IV. NĂ©anmoins, des expĂ©riences menĂ©es en 1967 avec le bismuthate de sodium, en tant qu’agent oxydant, n’ont pas rĂ©ussi Ă  rĂ©aliser cette oxydation.

Isotopes

Cinq isomÚres nucléaires et seize radioisotopes du mendélévium, de 245Md à 260Md, ont été identifiés..

Les isotopes 257Md, 258Md, 259Md et 260Md sont les plus stables. Ils sont tous synthétiques et leur période est respectivement de 5,52 heures, 51,5 jours, 1,60 heure et 27,8 jours.

Le 257Md se dĂ©sagrĂšge par capture Ă©lectronique et subit une fission spontanĂ©e. Il gĂ©nĂšre du 257Fm, du 253Es et d’autres produits.

Les modes de dĂ©sintĂ©gration du 258Md sont α, ÎČ, et ÎČ+ et il produit respectivement  le 254Es, le 258No et le  258Fm.

Le 259Md subit une dĂ©sintĂ©gration α ainsi qu’une fission spontanĂ©e et engendre du 255Es et d’autres corps chimiques.

Lors de sa dĂ©sintĂ©gration α , le 260Md Ă©met des particules. La dĂ©sintĂ©gration ÎČ- se fait par capture Ă©lectronique et il subit une fission spontanĂ©e. Ses produits de dĂ©sintĂ©grations sont le 256Es, le 260Fm, le 260No, ainsi que des produits de fission.


Retour en haut de la page

Recherche de produits

Le produit a été ajouté à votre panier