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Siku

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Caractéristiques du siku

  • Classification : instrument à vent
  • Pays d’origine : Amérique du Sud
  • Matériaux : roseau, pierre, or et argent
  • Tessiture : variable suivant le nombre de tuyaux
  • Genre de musique : traditionnelle, folklorique
  • Musiciens célèbres : Uña Ramos (1933 – 2014), Micaela Chauque (née en 1979), Los Calchakis (groupe créé en 1960)
  • Chanson emblématique : « Charango et siku » de Dominique Dimey (1990)

Tout savoir sur le siku : sa description, sa classification, ses variantes, son historique, sa place dans la culture, son fonctionnement, son entretien, son apprentissage et ses critères d’achat

Le siku (ou sicu) fait partie de la famille des aérophones ou instruments à vent. Cette appellation est parfois employée pour englober les différentes variantes de la flûte de Pan. Toutefois, il désigne un modèle typique des régions d’Amérique du Sud. Dans les pays concernés, il est associé à des pratiques traditionnelles. De nos jours, son utilisation persiste et est même enseignée.

Description du siku

Le siku est aussi appelé zampoña en espagnol et antara en quechua. Ce genre musical est joué dans les régions andines parlant les langues aymara, aux environs du lac Titicaca, et kollasuyo, en Bolivie. Cet aérophone est de type polycalame : il comporte plusieurs tubes groupés. Ceux-ci sont généralement de différentes longueurs. Ils présentent une ouverture sur la partie supérieure. En revanche, le fond est bouché.

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Le siku se démarque par sa disposition en deux plans :

  • Ira, « celle qui mène », est la rangée inférieure qui compte six tubes. Elle est le plus souvent employée pour commencer une mélodie.
  • Arka, « celle qui suit », correspond à la rangée supérieure. Elle possède sept tubes.

Chez les Aymaras, la rangée qui contient le moins de tuyaux est à caractère mâle, tandis que l’autre est femelle. Cette différenciation est inversée chez les Quechuas. Dans tous les cas, ces deux rangées sont complémentaires. Les notes sont placées en alternance sur l’une et sur l’autre. Celles qui manquent dans la première ligne sont alors disponibles dans la seconde.

Classification du siku

La classification du siku se fait conformément au système Hornbostel-Sachs. Il vise le chiffrage de chaque instrument suivant sa conception. Dans le cas présent, le code complet est 421.112.21 :

  • 4 : cet aérophone produit du son grâce à la vibration de l’air ;
  • 2 : l’air utilisé est contenu dans les tubes ;
  • 1 : il dispose d’un biseau ;
  • 1 : il ne présente aucun conduit d’insufflation (bec) ;
  • 1 : cette flûte est verticale et possède une bouche terminale ;
  • 2 : elle est polycalame ;
  • 2 : la structure est fermée ;
  • 1 : le tout est organisé en radeau.

Ce système est surtout exploité en organologie, le domaine spécialisé dans l’étude des instruments de musique.

Différentes variantes du siku

Chacune des différentes communautés de la région andine ont développé leur propre style de siku. Il en résulte un jeu spécifique à chaque modèle. Aujourd’hui, l’instrument est standardisé pour qu’il puisse être utilisé sur des genres musicaux occidentaux et plus modernes.

Suivant la taille

Il existe différentes dimensions de flûte ayant chacune leur dénomination :

  • chulli, le plus petit ;
  • tijli ;
  • liku ;
  • malta, de taille moyenne ;
  • machu ; 
  • taika (mesurant 120 cm). 

Le plus grand modèle est la flûte toyo. Sa longueur va de 140 à 200 cm. Toutefois, elle est plus rare.

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Suivant le nombre de tuyaux

Le siku (siku ch’alla) à 13 tubes est le plus répandu. Cependant, d’autres variantes présentent moins de tuyaux ou possèdent une troisième rangée. Cette dernière est destinée aux notes altérées. Dans certains cas, l’ajout de tubes est préconisé pour étendre la gamme jouable.

Suivant les modifications structurelles

Contrairement aux autres modèles, le tabla-siku est de forme rectangulaire. Les tubes qui la constituent ont une même longueur. À l’intérieur, des bouchons sont positionnés de manière à réguler la longueur de résonance réelle. Cela permet d’accorder l’instrument. Certaines variétés sont munies d’anches (languettes mobiles) à extrémité ouverte. Leur vibration modifie la qualité sonore.

Historique du siku 

Les premières utilisations du siku remontent à environ 4200 av. J.-C. Il est surtout répandu au Pérou, en Bolivie, au Paraguay, en Argentine, au Mexique et au Chili. Les principales ethnies concernées sont les Aymaras, les Quechuas, les Chiriguanos et les Chipayas. Plus tard, d’autres pays du monde profitent du potentiel de cet aérophone particulier.

En Amérique du Sud

Selon les récits historiques, le premier siku décrit comportait toutes les notes. Il était de taille imposante pour la femme aymara qui en jouait dans les montagnes. De ce fait, il a fallu opter pour deux flûtes séparées qui, regroupées, présentaient une gamme complète. Elles étaient utilisées par deux femmes, devenant ainsi liées par la musique pour la vie dans le cadre de leur religion. Par conséquent, ni l’une ni l’autre ne pouvait jouer avec une autre partenaire.

En descendant les montagnes, plusieurs duos de femmes jouaient chacun leur mélodie. Le mélange de ces sons aboutissait à une chanson entière. Au-delà de leur utilité musicale, ces airs étaient exploités pour attirer les chèvres sauvages et pour en faciliter la chasse.

En Europe

À la seconde moitié du XXe siècle, le siku a été introduit en Europe par les groupes Los Incas et Los Calchakis. D’autres instruments andins ont également été apportés. Ce mouvement profite de la dynamique de la musique andine et latine dans le Quartier latin, situé dans le 5e arrondissement de Paris. À partir de 1970, les groupes français Los Chacos et Pachacamac ont popularisé et enseigné cette musique sud-américaine. Ainsi, des stages et des ateliers de formation ont été créés dans le but de la valoriser auprès d’un nouveau public.

Siku dans la culture

Le siku est privilégié durant les manifestations et les fêtes communautaires typiques de la culture préhispanique. Aujourd’hui, il garde les mêmes valeurs. Il est joué par les tropas de sikuris. Ces derniers sont les groupes de musiciens utilisant essentiellement cet instrument. Les modèles de flûtes employés sont souvent de différentes tailles et vont deux par deux. Dans ces conditions, les notes sont complémentaires et les sikuristes sont interdépendants entre eux. 

Cet aérophone peut être accompagné d’un tambour. Ce duo est exploité par des tropas de grande envergure rassemblant jusqu’à 100 artistes. Pour s’encourager, ceux-ci recourent aux cris de ¡fuerza sikuris!. 

La valorisation du sicu dans le domaine musical continue toujours aujourd’hui. En 2022, un festival dédié à cet instrument a été créé à Marseille.

Fonctionnement du siku

Pour comprendre le fonctionnement du siku, il est essentiel d’en connaître la facture pour définir le jeu adapté.

Comment est-ce fabriqué ?

Traditionnellement, les antaras sont conçus à partir de chuki ou chajlla. Cette plante est appelée scientifiquement Arundo donax. Il s’agit de la canne de Provence. Les tubes sont assemblés de manière à obtenir comme un radeau, de forme trapézoïdale. Suivant leur taille, la sonorité est variable.

Plusieurs matériaux peuvent être utilisés pour la fabrication de cet instrument à vent. Le plus courant est le bambou. Le son est différent, en fonction de la variété choisie. Entre autres, le songo est une espèce à parois peu profondes. Il est plus résonnant et plus puissant. Toutefois, son bois est plus fragile que celui du bambou ordinaire.

Les roseaux sont également exploités pour la confection du siku. Il est aussi possible de recourir au PVC. Ceux-ci doivent avoir 1 cm de diamètre. Leur longueur varie suivant la note qu’ils représentent. Les détails sont donnés ci-dessous.

instrument-siku-apprendre
RangéeNotesLongueur de tubes en cm
Supérieure29
fa#24
la20
do17
mi13,5
sol11,5
si9
Inférieuremi26,5
sol22
si17,5
15
fa#12
la10

Ces tubes sont bouchés avec une rondelle de plastique afin d’obtenir la bonne note. Cette dernière peut être faite en liège, en PVC expansé ou en gomme. 

Les différentes dimensions de cet instrument suivent le même principe de fabrication. Le diamètre des tuyaux est à adapter à leur longueur. À titre de référence ceux utilisés pour la conception d’une toyo font généralement 2,5 cm, mais peuvent aller jusqu’à 5 cm. 

Comment en jouer ?

Afin de comprendre le principe de jeu du siku, il est important de connaître la disposition générale des notes. Le modèle traditionnel d’Amérique latine présente les aigus à droite et les graves à gauche. En revanche, ceux importés en France ont été réassemblés de manière à avoir une organisation inversée des tubes. Pour jouer de cet instrument, il est aussi important de savoir le tenir et le souffler.

Bien positionner le siku

Pour bien ajuster le siku, l’arka (à 7 tubes) est positionné derrière. La main droite est posée sur les tuyaux les plus longs, tandis que la main gauche est placée sur les plus courts. Pour les modèles de petite taille, une seule main peut suffire.

Avoir une bonne posture est aussi important lorsque vous jouez du sicu. La partie supérieure doit être bien verticale. De cette façon, l’air circule plus facilement du diaphragme vers la bouche.

Modeler l’embouchure

L’instrument est à placer en dessous de vos lèvres inférieures. Pour contrôler le flux d’air, il suffit de le rapprocher de votre bouche. L’ouverture de cette dernière doit être fine pour que vous puissiez mieux gérer votre souffle et diriger l’air vers les tubes. Pour ce faire, bougez votre langue comme pour prononcer les lettres T ou D.

Lorsque les sons sont aigus, l’embouchure est idéalement serrée. Pour jouer les notes basses, elle est légèrement ouverte. Un entraînement régulier permet de passer plus facilement d’une position à l’autre.

Travailler le souffle

Le travail du souffle est essentiel pour pallier l’hyperventilation, occasionnant parfois de légers vertiges. Plus l’aérophone est grand, plus son jeu est éprouvant. Tel est le cas de la toyo. Ce modèle requiert une attaque percussive et puissante pour faire entendre la résonance. Par la suite, un flux d’air plus ou moins doux suffit à l’entretenir. 

Dans certains cas, les tuyaux sont munis d’un résonateur. Celui-ci permet de réduire leur diamètre. Ce changement facilite la production du son.

Jouer une mélodie

Le siku peut être joué seul. Les deux rangées sont utilisées de telle manière que la bouche se déplace en zigzag pour pouvoir les atteindre alternativement. Cette technique requiert beaucoup d’air et de maîtrise des notes. Pour faciliter le jeu, vous pouvez interpréter une mélodie avec une autre personne. Chacun dispose de son propre instrument et souffle sur l’une des rangées en fonction des notations. Cette approche divise le travail des musiciens en deux. Elle est avantageuse lorsque vous êtes en haute altitude (dans les montagnes). Cependant, ce type de jeu nécessite une synchronisation parfaite entre les deux sikuristes pour éviter de saccader la mélodie. Il a tendance à créer un effet stéréophonique à cause du son qui émane de sources différentes et éloignées. 

Les chansons sont conservées sous forme de partitions. Pour pouvoir utiliser cet instrument, il est indispensable de savoir les lire suivant la hauteur et la durée de chaque note.

Entretien du siku

Le siku, lorsqu’il est fabriqué avec du bambou ou des roseaux, craint l’humidité, tout comme les flûtes du même genre. Il est à sécher après chaque usage afin d’éliminer les traces d’eau dues à la condensation. Pour le ranger, le mieux serait de le poser dans un endroit ouvert et bien ventilé. Un étui fermé est requis uniquement pour le transport. L’apparition de moisissures est un signe que le lieu que vous avez choisi pour son stockage ne convient pas au sicu. 

Pour favoriser l’étanchéité du bois en interne, les tubes peuvent être lubrifiés avec de l’huile végétale. Parmi les plus courantes, vous avez l’huile d’amande douce et l’huile de lin. La propolis est également un produit adapté à ce genre d’application grâce à ses vertus antiseptiques. Une autre option possible est la paraffine. 

Différents moyens pour apprendre le siku

Le siku est un instrument facile à concevoir et à appréhender. Les morceaux de son répertoire sont aussi simples, avec des rythmes dynamiques. Ces différentes caractéristiques mettent en évidence sa valeur pédagogique. Il est couramment utilisé en Amérique, et même en France.

Pour apprendre à jouer de cet aérophone, il existe des ateliers et des écoles spécialisés dans la musique du monde, et surtout celle de la région andine. Les cours peuvent être suivis en individuel ou en groupe. Ils se focalisent sur le déchiffrage des partitions et la maîtrise des techniques d’exécution. Ce genre de formation permet également de découvrir les chansons traditionnelles et de s’initier au jeu par paire.

Votre apprentissage peut se faire en autodidacte. Les tutoriels vidéo partagés sur Internet constituent de véritables supports de formation. Ils permettent d’accéder à des contenus variés qui vous aident à apprendre à votre rythme.

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Critères d’achat d’un siku

Pour choisir un siku, les critères à évaluer sont :

  • La taille : les petits modèles sont plus faciles à manipuler, tandis que les plus grands offrent des performances accrues.
  • Le matériau : le bambou et le roseau sont typiques des instruments traditionnels, bien qu’ils soient plus délicats. Il existe également des conceptions en os, en céramique et en PVC qui produisent des sons légèrement différents.
  • Le nombre de rangées : pour commencer, les variantes à deux rangées sont conseillées. Pour les sikuristes de niveau avancé, celles à trois lignes peuvent convenir, bien qu’elles soient peu courantes.

L’achat d’un siku peut se faire dans les boutiques physiques spécialisées dans les instruments de musique. Vous pouvez aussi vous rendre sur le site de France Minéraux, l’adresse incontournable des amateurs d’instruments à vent. Différents modèles de qualité, conçus par des marques de renom, sont proposés à petit prix.


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