Pierre Cinabre

pierre cinabre

Caractéristiques de la pierre cinabre

  • Origine du nom : Issu du mot perse signifiant “sang de dragon”.
  • Composition chimique : Sulfure de mercure, HgS.
  • Dureté : entre 2 et 2.5
  • Système cristallin : Rhomboédrique
  • Gisement(s) : Espagne, États-Unis, Chine, Italie, Mexique, Pérou, Russie.
  • Couleur(s) : Rouge vermillon à carmin. Peut être trouvé très rarement en couleur bleuâtre.

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La pierre cinabre, son histoire, son origine et sa composition, ses propriétés et ses vertus en lithothérapie

Histoire de la pierre cinabre

Durant des milliers d’années, le rouge intense du grain de la pierre cinabre (minerai) subjugua les hommes, qui lui trouvèrent de nombreux usages, comme la création d’œuvres artistiques ou de substances médicamenteuses. C’est une pierre rare, utilisée dans l’alchimie, qui lui conférait diverses propriétés, et donc différents usages. La pierre cinabre a longtemps été employée comme pigment pour la création de décors de céramiques, et dans l’usage de nombreuses peintures artistiques. Dans le cadre de cérémonies religieuses, elle a souvent été utilisée comme une substance rituelle, une sorte d’élixir d’immortalité. Les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique ont utilisé ce type de grain, pour la première fois, en Europe occidentale, sur les parois peintes de différentes grottes : Chauvet (c. 35 000 avant le présent AP), Cosquer (c. 23 000 AP), Lascaux (c. 18 500 AP) ou Altamira (c. 14 500 AP). Dans ce cadre, des grains minéraux d’ocre et charbonneux semblent avoir été utilisés. L’hématite (Fe2O3) est à l’origine de la création de cette teinte.

Dans la période néolithique, l’activité volcanique a une influence sur ses gisements. La poudre de la pierre cinabre est précieuse, du fait de sa rareté, et souvent difficile à trouver localement. La région du Levant est connue pour avoir découvert les premières utilisations de ce grain de coloris vif, composant ce minéral. C’est le cas pour le crâne surmodelé de Kfar-Hahoresh (8200-7000 av. J.-C.), qui se trouve aujourd’hui en Israël. Ce dernier était couvert d’un enduit composé de ce matériau, bien que les gisements les plus près se situaient dans la zone volcanique d’Anatolie. Le site néolithique le plus grand est celui de Çatal Höyük (7500-4300 av. J.-C.), situé dans la plaine de Konya en Anatolie, où l’on pouvait apercevoir des traces de ce matériau sur le squelette et le crâne de nombreux défunts et également dans le cadre d’œuvres artistiques murales (peintes) de sanctuaire. Le grain rouge de ces œuvres était fréquemment obtenu grâce à l’ajout d’ocre. Cela soulignait l’intensité et la luminosité de cette teinte.

En Europe, son utilisation a été recensée dans divers sites archéologiques du Néolithique et du Chalcolithique, notamment en Espagne et en Serbie, deux régions connues pour leurs mines. On a retrouvé dans un puits d’extraction à Casa Montero, au sud-est de Madrid, sur un site de mines de silex, une lame de silex, recouverte d’un film de ce matériau, dont la date est comprise entre 5300 et 5200 av. J.-C. Sur le site de La Pijotila à l’ouest de Mérida, ce type de grain a été identifié dans une tombe à Tholos. Des concentrations importantes de ce minéral ont également été découvertes dans la région d’Almadén (Ciudad Real). Dans la période néolithique, on découvre ce matériau dans les sites de la culture de Vinča, dans les Balkans. La pierre cinabre, trouvée sur des fragments de poterie, serait issue de la mine de Šuplja Stena sur le mont Avala. Sur le site de Pločnik, qui est plus au sud, l’étude par micro-XRF de la poudre découverte dans un récipient et sur le décor d’une figurine a permis d’affirmer que ce matériau était employé aux alentours de 5000 av. J.-C., ce qui représente la plus ancienne utilisation de la culture Vinča.

En Chine, le plus vieil usage de ce matériau a été découvert dans la culture de Yangshao moyenne (entre 4000 à 3500 av. J.-C), situé dans la région du fleuve Jaune. En fouillant un établissement important semi-souterrain, possédant un toit de 204 m², on a découvert un sol recouvert d’argile et de poudre de coquillages. Le sol, ainsi que les murs en étaient enduits. Cette structure était sûrement prévue pour faire des cérémonies rituelles. Durant cette époque du Néolithique moyen, il était employé régulièrement comme grain pour peindre les poteries. Le début de l’âge du bronze est défini par le jaillissement de l’État et d’une civilisation urbaine en Mésopotamie (à partir de 3 000 av. J.-C.), et ensuite en Égypte. On peut noter l’apparition des premières écritures, en cunéiforme pour le sumérien et en hiéroglyphe pour l’égyptien ancien. Ces écritures arrivent simultanément vers 3 300 av. J.-C. Les documents écrits serviront à dresser l’arrière-plan culturel de toute création artistique. Les ocres de cette teinte (oxydes de fer anhydres) sont très connus dans l’Égypte antique, notamment à Tell el-Amarna. Durant le premier millénaire avant notre ère, les Égyptiens vont récupérer ce matériau en Espagne.

Son utilisation a été prouvée en Basse époque (-750 à -332) et au début de l’époque gréco-romaine, grâce à l’écriture sur papyrus. Dans l’Égypte des Ptolémées (-323, -23), il a été découvert dans la nécropole d’Anfouchi à Alexandrie, des morceaux d’os brûlés, mouchetés de cette teinte. En analysant ces fragments, il a été prouvé qu’il s’agissait bien de ce matériau. Ce dernier a également été identifié sur les portraits du Fayoum. Durant la période de l’âge du bronze (1500-350 av. J.-C.), il servait à accompagner les obsèques des élites chinoises. La tombe de la dame Fu Hao, morte vers 1 200 av. J.-C., avait encore la totalité de son mobilier. Des marques de ce minéral ont été identifiées à l’endroit où était placé le cercueil et sur des objets en jade. Mettre ce type de grain rouge sur les tombes et les cadavres, avait pour but de repousser les démons. L’utilisation funéraire de ce matériau, très réputé à l’âge du bronze, a continué à se développer jusque sous la dynastie Qin (221 à 206 av. J.-C.). Son créateur, l’empereur Qin Shi Huang nourrissait une obsession concernant l’idée de la mort et souhaitait désespérément créer un élixir d’immortalité. Il se fit construire un immense mausolée où il repose près de fonctionnaires et d’une armée d’argile, composée de huit mille statues de soldats et chevaux en terre cuite. Les soldats étaient enduits d’une laque brun foncé, et de deux à trois couches de pigments de ce matériau, ainsi que de malachite, et d’azurite. Pour cela, il a été utilisé cinq tonnes de sulfure de mercure et également 25 tonnes de minerai brut de ce minéral, selon l’analyse de Chen.

Il apparait aussi dans la technique la plus connue de divination sous les Shang (-1500, -1046) et les Zhou (-1045, -256), appelée la pyro-ostéomancie. Cette dernière avait pour but de brûler un support en os jusqu’à obtenir des craquelures qui représentaient des signes divinatoires. Dès la période de 1 300 av. J.-C., une inscription en caractères jiǎgǔwén, attestant de la divination, va être gravée sur l’os. Il était appliqué sur une partie d’entre elles afin de les valoriser. Sous les Zhou, ces inscriptions se feront fréquemment avec un pinceau trempé dans de l’encre noire. Une part importante des os oraculaires découverts sans inscriptions, nous font penser qu’ils ont été écrits à l’encre. L’écriture dans cette teinte, joue le rôle d’un signe distinctif, attestant de l’importance du document. Dans le but d’inscrire de manière solennelle des serments d’alliance, il a été tracé des bandes de jade au pinceau, en utilisant cette substance (les fouilles de Houma). Cela nous donne une impression de perpétuation de cette valeur, incluant une certaine majesté dans l’habitude qu’avaient les empereurs chinois de mettre des annotations sur les documents officiels reçus, en utilisant de l’encre de cette teinte. Cette dernière est associée à une certaine noblesse, car elle représentait la couleur impériale sous la dynastie Zhou. Elle deviendra plus tard, dans le milieu taoïste, la teinte adaptée aux traditions populaires. Il faut savoir que selon le Baopuzi de Ge HongTous, la totalité des charmes et talismans devait obligatoirement être de cette teinte.

Sous la dynastie Han, on constate que les premiers sceaux en bronze étaient imprimés sur des sortes de pastilles composées d’argile. Très tôt, le papier était utilisé là-bas de manière universelle, et on a imprimé les sceaux directement sur le papier, grâce à une encre constituée de poudre de ce matériau, d’huile et de morceaux de soie ou de brindilles d’armoise. Cette utilisation se développera par la suite. Lorsqu’on marque un document d’un sceau de ce coloris, cela nous offre une garantie sur son authenticité. En Grèce, Théophraste (-371, -288) a rédigé la première œuvre savante sur les minéraux De Lapidus, dans lequel il raconte que ce matériau, sous forme de roche, provient d’Espagne et de Colchide (Géorgie), alors que celui sous forme de sableuse provient d’au-dessus d’Éphèse. Il suffit de réduire ce dernier en poudre et d’en extraire un pigment, grâce à plusieurs lavages successifs. On peut produire du vif-argent, en utilisant un pilon d’airain qui vous permettra de broyer ce matériau avec du vinaigre. Lorsqu’on étudie la fresque du dossier du trône en marbre de la “tombe d’Eurydice”, on remarque une gamme de pigments très diversifiée, mise sur une sous-couche de blanc de plomb. C’est un composant essentiel qui va produire le rose utilisé pour les vêtements des dieux et aussi pour le char (Brécoulaki, 2000).

Dans la tombe à ciste III d’Aineia, on y trouve de l’ocre jaune, qui mélangée à de la kaolinite, va servir de sous-couche à ce matériau, pour venir gommer sa teinte intense et créer une couleur orangée. Les peintres étaient conquis par l’intensité de son rouge, et l’utilisaient pour écrire des inscriptions sur marbre (selon Pline, XXXIII, 122). Quand on le mélange avec du blanc (blanc de plomb ou carbonate de calcium), il arbore une couleur rose spécifique, qui est très efficace pour rendre réaliste la carnation du visage (tombe d’Haghios Athanassios, tombe des Palmettes). Il était souvent utilisé, car il était accessible dans des gisements de mercure en Macédoine et dans des régions environnantes. Bien plus tard, vers le début de notre ère, Vitruve, précéda Dioscoride et Pline, pour s’entendre sur une modification de terminologie, qui va être pendant longtemps une source de confusions maladroites. Ils appellent désormais ce minerai “minium”(en latin) et diffusent l’idée que c’est un poison très nocif, à n’utiliser exclusivement que pour son grain, permettant d’obtenir ce type de teinte écarlate, dans le cadre de peintures murales. Puisque c’est l’un des plus onéreux, des mesures de protection très rigoureuses sont mises en place, pour lutter contre sa falsification et son imitation.

Importé des mines d’Almadén en Espagne, il est acheminé brut à Rome où il est traité dans de multiples ateliers spécialisés, localisés aux pieds du Quirinal. Vitruve nous alerte aussi sur la tendance qu’a la couleur de ce matériau à noircir sur les murs extérieurs, comme c’est le cas dans les péristyles. Il nous dit qu’il y avait un autre type de ce minerai, provenant de mines des Apennins, beaucoup moins apprécié par les peintres de Pompéi, car leurs riches commanditaires souhaitaient ce qu’il y avait de plus magnifique, de plus onéreux et de plus tape-à-l’œil. Pline explique que ce matériau possédait une réputation prestigieuse à Rome et qu’il était sacré. Renvoyant à des auteurs plus anciens cités par Verrius, on peut croire, selon lui, “qu’on avait coutume, lors des jours de fête, d’enduire de ce matériau, le visage de Jupiter lui-même et le corps des triomphateurs” (Pline, H.N. XXXIII, 111). Pausanias nous parle également d’une statue de Dionysos teintée de ce matériau. Enfin, se questionnant sur la notion religieuse liée à ce dernier, Pline dit ceci : “ il est établi que, même aujourd’hui, le “minium” est recherché par les peuples d’Éthiopie, que leurs hauts personnages s’en teignent tout entier et que c’est dans ce pays la couleur des statues des dieux”.

De sublimes peintures murales constituées d’hématite et de cinabre mises sur une sous-couche de rubrica (ocre) embellissaient les jolies demeures (telles que la maison des Griffons ou la maison d’Auguste à Rome) ou des maisons rurales (telles que la villa de Boscoreale en Campanie), la totalité étant possédée par des personnages haut placés. La méthode de peinture romaine au cinabre a été amenée en Gaule, en premier lieu en Provence (conquise en 123 av. J.-C.), et ensuite dans la totalité de la Gaule, après la conquête par César en 52 av. J.-C. Il est à noter que l’on peut observer un long compartiment ou un long champ rouge de ce matériau localisé à Roquelaure, dans le Gers. On constate donc que les Grecs et les Romains en ont d’abord fait une utilisation esthétique, à l’opposé des autres grandes civilisations. Il y avait une exploitation importante dans la région de Huancavelica, dans l’ancien Pérou. C’est après la conquête espagnole du Pérou en 1564, que la mine de Huancavelica, qui en contenait, a été perçue comme une des plus grandes sources de mercure dans le monde. Elle en aurait en effet produit 36 000 tonnes jusqu’à ce qu’elle ferme en 1974. On a trouvé des traces de pollution à cet élément chimique dans des sédiments de lacs, qui dataient de 1 400 ans av. J.-C.

Il était vraisemblablement exploité afin de créer un grain de cette teinte, employé pour les peintures corporelles et pour servir de décoration pour les objets cérémoniels. La contamination des sédiments (à cet élément chimique) s’est stabilisée, puis a subi une augmentation. Le grain de ce matériau servait à décorer les céramiques, et aussi les sépultures des personnages essentiels de la culture Chavín, Moche, Sican et de la civilisation Inca. Au Mexique, le gisement le plus important se situe dans la Sierra Gorda, dans l’État de Querétaro. Il a sûrement été considéré comme le grain le plus sacré de toutes les cultures mésoaméricaines. Il représentait les individus de haut-rang comme c’était le cas concernant les tombes du roi de Calakmul. Il recouvrait la totalité des éléments funéraires, du linceul royal aux objets funéraires ainsi que les parois de la tombe. À Teotihuacan, on a trouvé un corps d’adulte en partie brûlé. Il était couvert de ce grain rouge. Les Mayas l’utilisaient aussi dans l’exercice de leurs rites funéraires.

À Palenque, dans une tombe située sous le Temple XIII, a été trouvé une tombe avec des parois couvertes de ce type de pigment. On y découvrit les ossements de trois individus, recouverts d’une couche de 3 mm de pigment. Il y avait deux individus sacrifiés et une reine. Selon les spécialistes, la pierre cinabre (et l’hématite) représenterait le sang et la renaissance. Cela s’explique par le fait que le sang représente le lien entre la mort et la renaissance comme quand il y a un accouchement, et que le bébé vient au monde couvert de sang. Couvrir un cadavre de ce matériau, lui offrirait une renaissance, et agirait comme une sorte d’élixir d’immortalité. On observe à l’intérieur des deux grandes civilisations chinoise et amérindienne, un emploi assez identique de ce matériau, dans le cadre de traditions funéraires (elixir) et religieuses, et également comme symbole de prestige. L’utilisation de ce matériau dans des œuvres murales (peintes) a sûrement atteint une haute technicité à Pompéi, mais elle avait besoin d’une perspective théorique et idéologique. Une nouvelle connaissance sur les métaux et les minéraux allait naître dans les prochains siècles en Inde et dans le bassin Méditerranéen.

La création des grains et l’emploi du cinabre se trouveront liés à des savoirs alchimiques sur la transmutation des métaux. Les théories alchimiques seront scrupuleusement liées aux environnements culturels, philosophiques, spirituels et médicaux dans lesquels elles ont fait leur apparition. D’une utilisation purement symbolique à l’époque du Néolithique, ce matériau va ensuite s’inscrire, avec l’apparition de l’écriture, dans des mouvements de pensée tels que l’alchimie et la médecine. Pour information, l’alchimie est une science occulte populaire au moyen âge, née du rassemblement de méthodes chimiques conservées secrètes et de spéculations mystiques. Ces doctrines polymorphes, très ancrées dans des identités culturelles particulières, seront affectées par la révolution chimique en Europe occidentale. Cette dernière offrira son autonomie à la chimie et plus généralement, constituera une coupure nette entre les sciences et les différents savoirs.

Néanmoins, la césure sera moins nette en Inde et en Chine où de multiples reliquats de ces anciennes connaissances continuent à subsister dans les médecines traditionnelles. Après la révolution chimique et le développement des sciences, les utilisations du cinabre, marqué au fer, diminuèrent pour ne laisser place qu’aux utilisations artistiques, et finalement s’épuisèrent à cause de la prise de conscience de sa dangerosité. En Chine, des croyances concernant l’influence pathogène des démons ont continué à se répandre, dans toutes les classes de la société. Quasiment la totalité des auteurs célèbres de l’époque Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911), pensaient que les démons étaient responsables des maladies. Et pour se défendre contre ces forces destructrices, la médication conseillée était très violente. Par exemple, Sun Dejun (fl. 1826), médecin très connu, conseillait une pilule pour lutter contre les attaques de démons, composée de crâne de tigre, cinabre, réalgar, orpiment. La méthode de la laque sculptée fit son apparition en Chine au septième siècle (sous les Tang), et se développa pleinement sous les Ming et Qing. Ces laques dites de “Pékin” s’obtiennent en mettant de multiples couches de laque, puis en les sculptant. Leur couleur principale est cette teinte vermillon que l’on obtient grâce à une très fine mouture de cinabre ; d’où l’appellation de “laques de cinabre”, qui leur est encore souvent associée.

En Europe, le vrai vermillon (naturel ou de synthèse) ne pouvait plus se trouver dans les magasins de produits pour artistes vers 1880, selon les dires d’Eibner. Le vermillon le plus convoité des peintres provenait des Pays-Bas et de Chine. Les Hollandais importaient du cinabre des mines d’Allemagne et parvenaient à le convertir en vermillon, grâce à des procédés non dévoilés. Le procédé hollandais de fabrication résidait dans un changement du procédé par voie sèche, connu des Chinois, des Arabes et en premier lieu des Gréco-Égyptiens. En chauffant ensemble du mercure et du soufre, il apparaît une masse noire de sulfure de cet élément chimique, que l’on convertit grâce à une sublimation à température très élevée (supérieures à 580 °C). Les Allemands ont créé un procédé moins cher de conversion de l’éthiops minéral en vermillon. Ils l’ont ainsi chauffé dans du sulfure d’ammonium ou de potassium. Cette technique explosa par la suite en Europe. En Occident, le cinabre était utilisé comme une drogue et, jusqu’en 1850, était l’un des traitements pour lutter contre la syphilis et contre les maladies de peau. Cette utilisation fut interdite au XIXe siècle à cause de sa dangerosité.

Origine et composition de la pierre cinabre

Cette pierre résulte du broyage et du lavage de l’espèce minérale de sulfure de mercure. Du point de vue chimique, elle possède du soufre dans un rapport de 1 à 1 (avec 14 % de soufre). Après les Grecs, les Égyptiens, les Chinois et les Arabes, les alchimistes européens ont d’abord voulu synthétiser ce matériau, en se servant du soufre. La pierre cinabre de synthèse, nommée également vermillon, d’une teinte vive, sera utilisée pour orner d’enluminures les manuscrits dès le onzième siècle. Le cinabre naturel a été utilisé à partir de l’époque néolithique, dans le cadre d’œuvres artistiques (peintes) murales à Çatal Höyük en Anatolie (au 8e-7e millénaire av. J.-C.). Il a ensuite été employé dans de multiples régions d’Eurasie et d’Amérique. La manière dont a été utilisé le cinabre a varié sur une dizaine de millénaires, tout autour de la Terre et dans des cultures diversifiées. La poudre du cinabre a été utilisée dans de nombreux rituels funéraires, ainsi que dans des parcours spirituels (pour avoir une longue vie).

On l’emploie également pour les recherches alchimiques, dans des perspectives thérapeutiques, ou dans la création d’œuvres d’art. La teinte vive de la pierre cinabre représente des valeurs symboliques, variant selon les époques et les cultures, mais s’articulant à chaque fois, autour des thématiques de l’immortalité. Purement symbolique au Néolithique, la pierre cinabre va par la suite participer, avec l’apparition de l’écriture, à des courants de pensée tels que l’alchimie et la médecine. Utiliser ce grain dans la peinture et la décoration sera très fréquent, jusqu’à ce que la révolution chimique lui assène un coup fatal. On peut dire que son utilisation s’épuisera par elle-même à cause de la prise de conscience de la dangerosité du mercure. La pierre cinabre se forme à partir du refroidissement et de la consolidation des résidus de fluides magmatiques. Les mines les plus connues de cinabre sont à Almadén, en Espagne, au mont Amatia, en Toscane, ou à Idria, en Slovénie. Les plus jolis cristaux de cinabre viennent de Chine, notamment de la province du Guizhou.

Vertus et propriétés de la pierre cinabre en lithothérapie

Les vertus et propriétés de la pierre or natif sur le plan mental

La pierre cinabre (minerai) est réputée pour donner de la force et du courage. Elle nous aide à affronter les situations difficiles. Elle augmente aussi notre pouvoir de persuasion. Elle a un champ d’action positif sur la totalité du système circulatoire, et stimule le système immunitaire. Elle a la faculté de fortifier l’ouïe. Le Cinabre n’est pas conseillé pour les personnes trop stressées, impulsives ou cardiaques. Il vous aidera à améliorer votre intuition et à accroître votre vigilance, afin d’avoir une vie plus harmonieuse. Vous serez ainsi capables de mieux vous servir de votre pensée et de votre créativité. C’est un cristal de transformation possédant une grande force pratique. Cette pierre est très utile dans les médiations. Elle vous servira à mieux appréhender le flux d’énergie de la source divine vers la sphère physique. Pour bien l’utiliser, gardez-la près du lieu où vous recevez votre argent. Cela vous apporterait potentiellement une augmentation de revenus. Son énergie sera toujours bienfaisante. Elle augmentera votre assertivité, et vous aidera à avoir un discours plus argumenté et persuasif. Cette pierre vous apportera beaucoup de prospérité dans votre vie.

Elle a également la réputation d’augmenter la confiance en soi et de rendre plus fluide votre communication. Elle est souvent appelée “la pierre des marchands”. Elle donne de l’énergie, et diminue en pratique l’agressivité. Elle améliore la concentration. Elle a une forte résonance dans le chakra sacré et le chakra de base ou de racine. Ce type d’énergie est réputé pour améliorer la qualité d’éveil de votre kundalini. Elle favorisera un flux plus important d’énergie vitale dans ces chakras inférieurs, où elle est appréciée pour avoir un impact positif sur les sentiments sexuels, et pour améliorer les liens personnels. Elle sera pratique pour vous aider à vous débarrasser de la peur et du ressentiment et vous permettra d’accepter les blessures occasionnées par la colère et la jalousie. Elle possède un long pouvoir de vibration, qui va faire fondre l’énergie excessive, emportant chaque excès ancien par le chakra de base vers le chakra de la terre, pour améliorer le champ d’ancrage spirituel de votre vie.

Les vertus et propriétés de la pierre cinabre sur le plan physique

C’est une pierre qui va purifier le sang, augmenter sa qualité et favoriser une circulation équilibrée. Elle stimule aussi la création des lymphocytes. C’est donc une parfaite alliée en cas d’immunité déficiente, pour celui qui souhaite avoir un long chemin de vie. Elle a la capacité de renforcer l’ossature et d’avoir un impact sur la fertilité. On lui attribue également des qualités apaisantes, car elle soulage les ballonnements et a un champ d’action bénéfique sur les troubles de peau, pour celui qui est affecté par de tels maux. Dans la tradition chinoise, en pratique, il existe trois champs de pierre cinabre, que l’on met en lien avec la trinité taoïste Terre, Homme, Ciel. La médecine moderne ne se sert plus de cette substance depuis que la preuve de sa toxicité a clairement été démontrée.

Symbolique de la pierre cinabre

  • Représente la vie et la mort, l’alternance, la régénération perpétuelle. La calcination du cinabre libère le mercure, et le mercure retourne au cinabre.

 

Traditions de la pierre cinabre

  • Alchimie : Le mercure et le soufre sont les deux éléments de base de l’alchimie.