Les utilisations du corps simple, des composés et des alliages de l’indium
L’In dispose d’une caractéristique unique lui permettant d’être employé en tant que matériau de scellement pour les surfaces métal-métal ou non métalliques. Cela permet la réalisation de scellements hermétiques entre verre et métal, verre et verre, marbre, quartz, faïence. On compte également la porcelaine, qui peut remplacer le verre dans diverses applications.
Les brasures à l’indium assurent l’imperméabilité des joints métal-non métal dans les dispositifs sous vide. L’indium est utilisé dans les assemblages de joints et autres scellements à des températures proches de celles de l’oxygène liquide. On constate ce principe de soudage à froid dans les assemblages de semi-conducteurs sensibles et de transistors.
En outre, afin d’éviter la corrosion, on utilise des alliages d’indium dans des revêtements galvanoplastiques. En miroiterie, l’In suscite un intérêt particulier en raison de sa capacité réflectrice qui équivaut celle de l’argent. Il procure également une meilleure résistance à la corrosion.
Dans le domaine de la mécanique, l’indium est utilisé dans la fabrication de coussinets pour paliers lisses. L’alliage obtenu a des propriétés anti-friction. La combinaison de l’In avec l’acier réduit la résistance au frottement, qui se traduit par une diminution des pertes de puissance.
L’indium est couramment associé au gallium dans la composition des alliages à bas point de fusion. Il est employé dans certaines soudures afin de se passer de l’utilisation de plomb L’alliage gallium-indium (76 % – 24 %) est liquide à température ambiante. Il est utilisé, de manière expérimentale, pour créer des miroirs liquides non polluants en remplacement du mercure dans les télescopes.
Les alliages particulièrement fusibles contiennent couramment du bismuth (Bi), du cadmium (Cd), du plomb (Pb) et de l’étain (Sn). On en a recours dans les coupe-circuits, les systèmes de sécurité Sprinkler et les thermistors ou régulateurs de chaleur.
Les alliages binaires avec du cadmium (Cd)/zinc (Zn) sont requis dans le cadre des soudures à l’aluminium.
Les alliages d’indium en association avec l’arsenic (As) et l’antimoine (Sb) sont indispensables dans l’élaboration de photoconducteurs, de détecteurs de sources de chaleur infrarouge (IR) et de transistors. L’arséniure d’indium (InAs) et le séléniure d’indium (InSe) sont des semi-conducteurs. La résistivité de l’alliage InSb change en fonction des différents rayonnements infrarouges. En tant que semi-conducteur à jonction de cristaux pn et np, cet antimoniure d’indium est employé comme photoconducteur dans les détecteurs infrarouges et les filtres infrarouges.
Pour obtenir des verres colorés en jaune pâle, on emploie l’oxyde d’indium trivalent In2O3 comme pigment.
L’usage de l’indium dans les écrans à cristaux liquides et les écrans tactiles
Les écrans à cristaux liquides sont la principale application de l’indium, constituant environ 80 % de son utilisation.
L’oxyde d’indium(III) (In2O3), lorsqu’il est appliqué en couche mince, présente une conductivité électrique tout en restant transparent. Il adhère solidement au verre. Lorsqu’il est mélangé avec de l’oxyde d’étain(IV) (SnO2), il forme l’oxyde d’indium-étain (ITO). Ce matériau entre dans la fabrication des fines électrodes transparentes utilisées dans les écrans à cristaux liquides (LCD), y compris les écrans tactiles.
L’indium dans les cellules photovoltaïques
Certains composés d’indium sont reconnus pour leurs propriétés photoconductrices exceptionnelles. Ils sont exploités dans :
Les cellules à jonction
L’In est employé sous différentes formes telles que le séléniure d’indium (InSe2), la nitrure d’indium-gallium (InGaN) et la diséléniure de cuivre-indium (CuInSe2). Actuellement, les recherches sur des cellules avec plusieurs couches, telles que le gallium-indium-phosphore (GaInP), l’arséniure de gallium (GaAs) et le germanium (Ge), offrent des perspectives de rendements supérieurs à 30 %.
Les cellules en couche fine
Ce type de cellule présente un rendement inférieur de l’ordre de 10 à 20 %. Cependant, elles sont plus simples à produire en grande dimension. On se sert notamment de :
- oxyde d’indium-étain ;
- mélange de cuivre-indium-sélénium ;
- double séléniure d’indium ou de cuivre ;
- cuivre-indium-gallium-sélénium.
On exploite aussi l’In en vue de l’incorporer dans les panneaux photovoltaïques et dans les détecteurs infrarouges. Ces derniers contiennent de l’arséniure d’indium à hauteur de 3,8 μm et de l’antimoine d’indium InSb atteignant 5 μm.
L’indium dans les télécommunications
Le phosphure d’indium (InP) est utilisé comme substrat pour la fabrication de composants opto-électroniques tels que les diodes électroluminescentes (DEL), les diodes laser et les photodiodes. Il est largement utilisé dans les réseaux de communication à fibre optique, notamment dans les FTTH (Fiber to the Home), les réseaux métropolitains et ceux à longue distance (1300 nm et 1550 nm).
L’indium dans l’absorption neutronique, la médecine nucléaire et la mesure de flux de neutrons
L’In dispose d’une capacité d’absorption de neutrons élevée, mesurée à 194 barns. On le combine avec l’argent et le cadmium en tant qu’absorbant neutronique dans les grappes de contrôle des réacteurs à eau pressurisée ou des réacteurs nucléaires.
La mesure du flux de neutrons thermiques des réacteurs nucléaires est possible avec de l’indium. Dans le domaine de la protection civile, il entre dans la conception de dosimètres à neutrons, généralement utilisés en zone contrôlée.
En médecine nucléaire, l’111In émet deux rayonnements gamma à des énergies de 173 et 247 keV, permettant ainsi la réalisation de certains examens. Parmi eux, la scintigraphie peut être effectuée en utilisant des globules blancs marqués à l’indium 111. L’objectif est d’identifier les processus abdominaux actifs ainsi que les infections récentes datant de moins de 2 semaines. En association avec certains médicaments, ce radio-isotope peut cibler différentes tumeurs neuroendocrines telles que les insulinomes, les paragangliomes, les gastrinomes, les phéochromocytomes et les carcinoïdes. Son utilisation est également indispensable dans la scinticisternographie. Par ailleurs, en médecine nucléaire, l’indium existe également sous la forme de l’isotope 113.
L’électrochimie de l’indium
Afin de préserver des pièces qui sont immergées dans de l’eau de mer, on utilise des anodes sacrificielles.
Économie : une possible pénurie d’indium
Depuis les années 2000, la production d’appareils à écrans LCD a connu une croissance exponentielle. Cela englobe, entre autres, les produits tels que les téléviseurs, les ordinateurs, les récepteurs GPS, les téléphones portables, les appareils photo. L’oxyde d’indium dopé à l’oxyde d’étain(IV) offre la combinaison parfaite entre transparence et conductivité électrique. Cela est essentiel pour la reconnaissance du toucher sur les écrans tactiles capacitifs ou écrans multicouches. Ainsi, un écran plat de quinze pouces (environ quarante centimètres) comporte environ un gramme d’indium. Chaque mois, les grandes usines de conception ont recours à plusieurs tonnes d’In.
En conséquence, le prix de l’indium a connu une augmentation significative. Le coût est passé de 70 dollars le kilogramme en 2001 à un pic de 1 000 dollars en 2005. En 2010, il s’échange entre 400 et 600 dollars.
Durant l’année 2009, la demande est montée jusqu’à 1 210 tonnes, dont 50 % provenaient du recyclage.
En 2008, la production minière annuelle était de 570 tonnes. En 2009, elle a atteint 600 tonnes. La majorité de cette quantité venait de déchets spécifiques, notamment en Corée du Sud, en Chine et au Japon.
Les ressources d’indium
Selon l’U.S Geological Survey, les ressources naturelles d’indium en 2010 sont réparties comme suit :
- 8 % en Belgique ;
- 16 % au Japon ;
- 26 % au Canada ;
- 35 % en Chine.
Les 15 % restants se trouvent dans les autres pays.
En 2006, la production de la Chine était évaluée à 60 % de l’indium mondial. Cependant, en raison des craintes d’épuisement, qui a été prévu en 2020, la Chine a pris le parti de diminuer progressivement ses exportations. L’objectif est de préserver son marché intérieur. La raréfaction de ces ressources a été mise en évidence le 7 septembre 2010. Un bateau de pêche chinois a été arrêté au large des îles japonaises Senkaku, entraînant une tension entre le Japon et la Chine. D’autres pays, comme le Canada et la Russie, sont également en train de veiller sur leurs propres filons.
En 2007, les réserves d’indium étaient estimées à 11 000 tonnes, ce qui représente un ratio de 19,3 ans entre les réserves de l’année 2007 et la production annuelle de 2008.
Depuis 2010, l’emballement pour les appareils électroniques à écran tactile (ordinateurs, smartphones, dalles tactiles…) a précipité l’épuisement de l’indium. Les réserves planétaires connues d’indium se sont amenuisées en quelques décennies. Cependant, les méthodes de recyclage sont actuellement coûteuses et polluantes.
Par conséquent, des laboratoires mènent intensivement des recherches pour améliorer le recyclage, par exemple en utilisant l’électrodéposition en liquide ionique à température ambiante. Ils étudient également plusieurs possibilités, telles que le développement des polymères de carbone, comme substitut aux oxydes métalliques rares.