X

Tableau périodique des éléments

CASI AII A III BIV BV BVI BVII BVIII BVIII BVIII BI BII BIII AIV AV AVI AVII AVIII A
IUPACI AII A III AIV AV AVI AVII AVIIIVIIIVIIII BII BIII BIV BV BVI BVII BO
 Bloc sfBloc dBloc p
(He dans bloc s)
↓→12 3[b]456789101112131415161718
11
H
  2
He
23
Li
4
Be
 5
B
6
C
7
N
8
O
9
F
10
Ne
311
Na
12
Mg
 13
Al
14
Si
15
P
16
S
17
Cl
18
Ar
419
K
20
Ca
 21
Sc
22
Ti
23
V
24
Cr
25
Mn
26
Fe
27
Co
28
Ni
29
Cu
30
Zn
31
Ga
32
Ge
33
As
34
Se
35
Br
36
Kr
537
Rb
38
Sr
 39
Y
40
Zr
41
Nb
42
Mo
43
Tc
44
Ru
45
Rh
46
Pd
47
Ag
48
Cd
49
In
50
Sn
51
Sb
52
Te
53
I
54
Xe
655
Cs
56
Ba

*
71
Lu
72
Hf
73
Ta
74
W
75
Re
76
Os
77
Ir
78
Pt
79
Au
80
Hg
81
Tl
82
Pb
83
Bi
84
Po
85
At
86
Rn
787
Fr
88
Ra

*
*
103
Lr
104
Rf
105
Db
106
Sg
107
Bh
108
Hs
109
Mt
110
Ds
111
Rg
112
Cn
113
Nh
114
Fl
115
Mc
116
Lv
117
Ts
118
Og
 â†“ 
Lanthanides
*
57
La
58
Ce
59
Pr
60
Nd
61
Pm
62
Sm
63
Eu
64
Gd
65
Tb
66
Dy
67
Ho
68
Er
69
Tm
70
Yb
 
Actinides
*
*
89
Ac
90
Th
91
Pa
92
U
93
Np
94
Pu
95
Am
96
Cm
97
Bk
98
Cf
99
Es
100
Fm
101
Md
102
No
 
element-chimique-42-molybdene

MolybdĂšne

Saviez-vous que les cordes de guitare contiennent du molybdĂšne ? En effet, ce matĂ©riau amĂ©liore leur rĂ©sistance Ă  la corrosion et Ă  l'usure. Cet Ă©lĂ©ment chimique de numĂ©ro atomique 42 symbolisĂ© Mo, a suscitĂ© l'intĂ©rĂȘt des chercheurs grĂące Ă  ses propriĂ©tĂ©s physiques et chimiques uniques.
element-chimique-43-technetium

Technétium

Le technétium, de symbole Tc et de numéro atomique 43, est un élément chimique radioactif de couleur gris métallique. Il est rarement présent dans la nature et se présente comme le plus léger des éléments découverts par création artificielle.
element-chimique-56-baryum

Baryum

Le numéro atomique du baryum est 56, et son symbole est Ba. Le baryum a une histoire riche et une multitude d'applications pratiques. Ce métal alcalino-terreux est souvent utilisé dans l'industrie pour la production de pigments, de céramiques, de verres et d'alliages métalliques.
element-chimique-113-nihonium

Nihonium

De numĂ©ro atomique 113, le nihonium est l’élĂ©ment chimique de symbole Nh. Dans la dĂ©nomination systĂ©matique de l’Union Internationale de Chimie Pure et AppliquĂ©e (UICPA), il s’agit de l’ununtrium (Uut).
element-chimique-114-flerovium

Flérovium

Le flérovium est un élément chimique, de symbole chimique Fl et de numéro atomique 114. Suivant la dénomination de l'IUPAC, il correspond à l'ununquadium, représenté sous le symbole chimique Uuq.
element-chimique-115-moscovium

Moscovium

De numĂ©ro atomique 115, le moscovium est de symbole Mc. Selon la dĂ©nomination systĂ©matique de l’Union Internationale de Chimie Pure et AppliquĂ©e (UICPA), il s’appelle ununpentium (Uup).
element-chimique-117-tennesse

Tennesse

Le numĂ©ro atomique 117 lui est attribuĂ©, chiffre correspondant au nombre de protons prĂ©sents dans son noyau. Le tennesse appartient Ă  la septiĂšme pĂ©riode du tableau pĂ©riodique. Il se trouve dans la mĂȘme colonne que les autres halogĂšnes, Ă  savoir le chlore, le brome et l'iode.
element-chimique-118-oganesson

Oganesson

L'Oganesson, de symbole Og et de numéro atomique 118, est un élément chimique également connu sous le nom d'ununoctium (Uuo) selon la dénomination systématique de l'UICPA.

Tableau périodique des éléments

Tableau périodique des éléments : sa construction, sa périodicité, ses isotopes et radioactivités, son extension, son historique et ses usages.

Sa crĂ©ation revient au chimiste russe Dmitri Ivanovitch MendeleĂŻev et remonte Ă  1869. Son tableau est diffĂ©rent de celui qu’on utilise aujourd’hui, mais repose sur le mĂȘme principe. L’objectif est Ă©galement identique : proposer un rangement systĂ©matique des Ă©lĂ©ments connus afin de mettre en avant la pĂ©riodicitĂ© de leurs propriĂ©tĂ©s chimiques. La table de MendeleĂŻev permet aussi d’identifier les Ă©lĂ©ments chimiques et de prĂ©dire certaines propriĂ©tĂ©s d’élĂ©ments qui restaient Ă  dĂ©couvrir.Jusqu’à la prĂ©sentation actuelle, le tableau pĂ©riodique a connu plusieurs rĂ©ajustements. Pourtant, il constitue aujourd’hui un vĂ©ritable outil de rĂ©fĂ©rence auquel se rapportent tous les comportements chimiques et physiques des Ă©lĂ©ments. La derniĂšre mise Ă  jour de l’UICPA de ce tableau date du 28 novembre 2016. DĂšs lors, la forme standard de la table comporte 118 Ă©lĂ©ments, allant de l’hydrogĂšne Ă  l’oganesson.

Le tableau périodique standard des éléments

Ci-aprĂšs la reprĂ©sentation la plus courante du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments. D’autres versions ont Ă©tĂ© proposĂ©es par certains chimistes. Toutefois, elles Ă©taient limitĂ©es au domaine scientifique. Le tableau pĂ©riodique standard des Ă©lĂ©ments comporte 118 Ă©lĂ©ments chimiques rĂ©partis en trois types :
- 83 Ă©lĂ©ments sont dits primordiaux Ă©tant donnĂ© qu’ils disposent d’au moins un isotope stable ou suffisamment stable Ă  un point oĂč il est plus ancien que la Terre. À titre de rappel, les isotopes sont des atomes possĂ©dant le mĂȘme nombre de protons, mais un nombre de neutrons diffĂ©rent. Trois des Ă©lĂ©ments primordiaux sont radioactifs, notamment l’uranium 92U, le bismuth 83Bi et le thorium 90Th.
- 11 Ă©lĂ©ments sont prĂ©sents naturellement dans l’environnement terrestre et se forment continuellement par dĂ©sintĂ©gration radioactive d’autres Ă©lĂ©ments chimiques tels que le thorium et l’uranium. Le plus lĂ©ger d’entre eux, le technĂ©tium (43Tc), est formĂ© par fission de l’uranium. En revanche, le plus lourd (le plutonium 94Pu) est produit par bombardement de l’uranium 238 par du deutĂ©rium. En parlant de l’uranium 238, qui est le principal isotope naturel de l’uranium, sa chaĂźne de dĂ©sintĂ©gration crĂ©e continuellement du protactinium ainsi que du radium. Elle produit aussi du thorium 230 et 234, du radium, du radon ainsi que du polonium 210, 214 et 218. Elle produit aussi du bismuth 210 et 214, ainsi que du plomb 206, 210 et 2140. Toutefois, ces 11 Ă©lĂ©ments sont beaucoup trop radioactifs, si bien que leurs isotopes n’existent plus actuellement, alors qu’ils Ă©taient prĂ©sents lors de la formation du systĂšme solaire.
- Les 24 derniers Ă©lĂ©ments du tableau pĂ©riodique sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant synthĂ©tiques, puisqu’ils n’existent pas naturellement sur Terre. Ils sont créés expĂ©rimentalement en laboratoire ou artificiellement dans les rĂ©acteurs nuclĂ©aires. Cependant, certains d’entre eux se trouvent dans l’environnement Ă  la suite d’accidents nuclĂ©aires ou d’essais nuclĂ©aires atmosphĂ©riques. Certaines zones contaminĂ©es comportent par exemple de l’amĂ©ricium, du curium, du berkĂ©lium et du californium. Par ailleurs, il arrive que certains de ces Ă©lĂ©ments synthĂ©tiques se retrouvent naturellement ailleurs que sur Terre. De plus, leur prĂ©sence aurait Ă©tĂ© dĂ©tectĂ©e dans le spectre de l’étoile de Przybylski. Tel est le cas de l’einsteinium ayant Ă©tĂ© produit de maniĂšre naturelle par processus au cours d’une supernova.
Il est à noter que 103 sur 118 éléments chimiques se trouvent dans un état standard connu aux conditions normales de pression et de température. ConcrÚtement, ces conditions fixent la température normale à 0 °C et la pression normale à 1 atm. Parmi ces 103 éléments, on compte 90 solides, 11 gazeux et 2 liquides (le brome et le mercure). Toutefois, plusieurs éléments chimiques solides ont un point de fusion avoisinant la température ambiante. Tel est le cas du francium (à 27 °C), du gallium (à 29,8 °C) et du césium (à 28,5 °C). On retrouve aussi le rubidium (à 39,3 °C) et le phosphore blanc (à 44,2 °C).

La construction du tableau périodique

Le tableau pĂ©riodique est créé selon les propriĂ©tĂ©s physico-chimiques des Ă©lĂ©ments qui le composent. Toutefois, comme ces propriĂ©tĂ©s reposent sur leur configuration Ă©lectrique, celle-ci est Ă©galement prise en compte.Chaque ligne du tableau est dĂ©nommĂ©e « pĂ©riode » et correspond Ă  une couche Ă©lectronique que l’on identifie par le nombre quantique principal notĂ© n. La numĂ©rotation de la pĂ©riode indique le nombre de couches Ă©lectroniques existantes. Elle est numĂ©rotĂ©e de 1 Ă  7, car aucun Ă©lĂ©ment connu jusqu’à ce jour ne comporte plus de sept couches. Par exemple, la premiĂšre ligne correspondant Ă  la premiĂšre pĂ©riode comporte l’hydrogĂšne et l’hĂ©lium. Les Ă©lĂ©ments d’une pĂ©riode sont placĂ©s de gauche Ă  droite selon l’ordre croissant de leur numĂ©ro atomique. Tous les Ă©lĂ©ments se trouvant sur une mĂȘme ligne appartiennent ainsi Ă  une mĂȘme pĂ©riode et ont le mĂȘme nombre de couches Ă©lectroniques. Par exemple, le potassium fait partie de la pĂ©riode 4, car il possĂšde quatre couches Ă©lectroniques.Chaque pĂ©riode est rĂ©partie en un Ă  quatre blocs correspondant eux-mĂȘmes aux sous-couches Ă©lectroniques identifiĂ©es par leur nombre quantique secondaire appelĂ© ℓ. On retrouve quatre sortes de sous-couches Ă©lectroniques connues Ă  l’état fondamental que l’on dĂ©signe par les lettres s, p, d et f. Ces derniĂšres proviennent des abrĂ©viations employĂ©es initialement en spectroscopie. Ces sous-couches comportent respectivement 1, 3, 5 et 7 orbitales atomiques identifiables grĂące Ă  leur nombre quantique magnĂ©tique mℓ. Il est Ă  noter que chaque orbitale atomique est occupĂ©e par au maximum deux Ă©lectrons qui sont identifiĂ©s par leur nombre quantique magnĂ©tique de spins ms.Les nombres quantiques permettent de dĂ©crire un Ă©lectron au sein d’un atome. Ces valeurs dĂ©terminent ainsi comment les Ă©lectrons remplissent successivement les orbitales atomiques. Elles expliquent Ă©galement pourquoi les Ă©lĂ©ments chimiques sont groupĂ©s dans des blocs du tableau et pourquoi tels Ă©lĂ©ments ont des propriĂ©tĂ©s similaires. Elles se distinguent en quatre types, notamment le nombre quantique :
- principal n : un nombre entier naturel non nul (n ≄ 1) ;
- azimutal ℓ : un nombre entier positif ou nul vĂ©rifiant 0 ≀ ℓ ≀ n – 1 ;
- magnĂ©tique mℓ : un nombre entier vĂ©rifiant - ℓ ≀ mℓ ≀ ℓ ;
- magnĂ©tique de spin ms qui vaut – œ ou + œ et les Ă©lectrons sont souvent reprĂ©sentĂ©s par les symboles ↓ et ↑.
Selon le principe d’exclusion de Pauli, deux fermions (le cas Ă©chĂ©ant, deux Ă©lectrons) d’un mĂȘme systĂšme (ici, l’atome) ne peuvent pas partager le mĂȘme Ă©tat quantique. Les sous-couches Ă©lectroniques s, p, d et f peuvent comporter respectivement au plus 2, 6, 10 et 14 Ă©lectrons. Ainsi, dans le tableau pĂ©riodique, elles matĂ©rialisent les blocs s, p, d et f contenant chacun 2, 6, 10 et 14 Ă©lĂ©ments par pĂ©riode.En se basant sur la construction du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments par blocs selon les configurations Ă©lectroniques, l’hĂ©lium devrait ĂȘtre placĂ© au-dessus du bĂ©ryllium. Dans cette colonne, les atomes de ces Ă©lĂ©ments ont une sous-couche externe ns2. Il se trouve pourtant au-dessus du nĂ©on dans la 18e colonne, dont les atomes ont une sous-couche externe np6. Ceci s’explique par le fait qu’il s’agit de la colonne des gaz nobles Ă  laquelle l’hĂ©lium fait chimiquement partie.

RĂšgle de Klechkowski

Les sous-couches d’une pĂ©riode ne font pas nĂ©cessairement partie d’une mĂȘme couche Ă©lectronique. Tel est le cas des Ă©lĂ©ments situĂ©s Ă  partir de la troisiĂšme pĂ©riode. Ceux-ci se trouvent sur une mĂȘme pĂ©riode, bien que leurs sous-couches appartiennent Ă  des couches Ă©lectroniques diffĂ©rentes. Également appelĂ©e rĂšgle de Madelung, la rĂšgle de Klechkowski dicte l’ordre de remplissage des Ă©lectrons dans les sous-couches Ă©lectroniques. En d’autres termes, celles-ci sont remplies de maniĂšre Ă  ce que les valeurs n + ℓ et n soient croissantes. Quant Ă  la distribution des Ă©lectrons sur les niveaux d’énergie quantiques autour de l’atome, elle suit le principe d’Aufbau.La succession des sous-couches Ă©lectroniques de chacune des pĂ©riodes dĂ©termine la structure du tableau en blocs. Celles-ci sont dĂ©finies par le retour d’une sous-couche s aprĂšs une sous-couche p de la pĂ©riode prĂ©cĂ©dente, avec un nombre quantique principal incrĂ©mentĂ© d’une unitĂ©.

Exceptions et rĂšgle de Hund

On constate que 80 % des 103 Ă©lĂ©ments chimiques prĂ©sentent, Ă  l’état fondamental, une configuration Ă©lectronique similaire Ă  celle dĂ©duite de la rĂšgle de Klechkowski. Il est Ă  rappeler que l’état fondamental se dĂ©finit comme l’état dont l’énergie est la plus faible. Le nombre quantique magnĂ©tique de spins des Ă©lectrons participe Ă  la dĂ©termination de cette Ă©nergie. En effet, le terme spectroscopique d’énergie la plus faible est celui dont la multiplicitĂ© de spin 2s + 1 est la plus Ă©levĂ©e. En d’autres termes, plus le spin dĂ©coulant des Ă©lectrons d’une orbitale atomique est Ă©levĂ©, plus la configuration de ces Ă©lectrons sur cette orbitale est stable. Cela fait rĂ©fĂ©rence Ă  la rĂšgle de Hund. Ainsi, les Ă©lĂ©ments des blocs d et f n’ont aucun intĂ©rĂȘt Ă  suivre la rĂšgle de Klechkowski. Il leur est Ă©nergĂ©tiquement plus favorable de privilĂ©gier l’occupation impaire des sous-couches les plus externes lorsque la couche d ou f est entiĂšrement remplie, vide ou semi-remplie. Cela s’explique par le fait que l’écart d’énergie entre ces sous-couches est infĂ©rieur au gain d’énergie obtenu par la redistribution des Ă©lectrons. Cela engendre un nombre quantique magnĂ©tique de spins plus Ă©levĂ©.

La périodicité des propriétés chimiques

L’intĂ©rĂȘt mĂȘme du tableau pĂ©riodique est de rĂ©pertorier les Ă©lĂ©ments chimiques de maniĂšre Ă  ce que leurs propriĂ©tĂ©s physico-chimiques soient largement prĂ©dites par leur rang dans la classification. Celles-ci Ă©voluent diffĂ©remment, selon que la lecture de la table s’effectue horizontalement ou verticalement.

Périodes et groupes dans la classification périodique

À titre de rappel, la pĂ©riode correspond Ă  une ligne de la classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments. Elle se forme aprĂšs remplissage progressif des sous-couches Ă©lectroniques jusqu’à l’atteinte de la sous-couche s de la couche suivante. Souvent, les propriĂ©tĂ©s des Ă©lĂ©ments qui la composent changent Ă©normĂ©ment le long d’une pĂ©riode. Cependant, elles peuvent aussi ĂȘtre localement assez similaires et former des familles complĂštes. Tel est le cas du bloc d constituĂ© de mĂ©taux dits « de transition » et du bloc f composĂ© de lanthanides Ă  la pĂ©riode 6 et d’actinides Ă  la ligne 7.Si la lecture se fait Ă  la verticale, une colonne du tableau reprĂ©sente un groupe. La classification pĂ©riodique dispose de 18 groupes standards composĂ©s chacun de plusieurs Ă©lĂ©ments aux propriĂ©tĂ©s distinctes des groupes voisins. Au fil du temps, certains groupes se sont vus attribuer des noms d’usage. On peut citer :
- les mĂ©taux alcalins (les Ă©lĂ©ments du groupe 1 appartenant au bloc s, Ă  l’exception de l’hydrogĂšne) ;
- les métaux alcalino-terreux (ceux du groupe 2 appartenant au bloc s) ;
- les pnictogĂšnes (ceux du groupe 15 appartenant au bloc p) ;
- les chalcogĂšnes (ceux du groupe 16 appartenant au bloc p) ;
- les halogĂšnes (ceux du groupe 17 appartenant au bloc p) ;
- les gaz nobles (ceux du groupe 18 appartenant au bloc p, y compris l’hĂ©lium du bloc s).
Les termes « chalcogĂšne » et « pnictogĂšne » sont actuellement assez obsolĂštes. Toutefois, les quatre autres sont encore trĂšs utilisĂ©s et se confondent gĂ©nĂ©ralement avec des familles du mĂȘme nom.

Groupe 1 : métaux alcalins

À part l’hydrogĂšne, les Ă©lĂ©ments constitutifs du premier groupe de la classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments forment la famille des mĂ©taux alcalins. Il s’agit du lithium, du sodium, du potassium, du rubidium, du cĂ©sium et du francium. Ces mĂ©taux peu denses sont de couleur argentĂ©e et disposent d’un point de fusion bas. Ils sont mous Ă  tempĂ©rature ambiante et forment des composĂ©s ioniques avec les halogĂšnes. Chimiquement trĂšs rĂ©actifs, ils rĂ©agissent violemment avec l’eau et donnent des hydroxydes (des bases fortes). Cela explique le fait qu’ils ne se prĂ©sentent jamais sous forme Ă©lĂ©mentaire dans le milieu naturel.

Groupe 2 : métaux alcalino-terreux

Ils sont plus denses et plus durs que les mĂ©taux alcalins. Dans cette famille, on retrouve le bĂ©ryllium, le magnĂ©sium, le calcium, le strontium, le baryum et le radium. Les mĂ©taux alcalino-terreux donnent Ă©galement des composĂ©s ioniques avec les halogĂšnes. Cependant, l’eau Ă  tempĂ©rature ambiante n’a aucun effet sur eux. Seule la vapeur d’eau dĂ©clenche la formation d’hydroxydes trĂšs basiques.

Groupe 17 : halogĂšnes

forment la famille des halogĂšnes. Ces Ă©lĂ©ments du 17e groupe existent sous forme Ă©lĂ©mentaire diatomique. Avec l’hydrogĂšne, ils donnent des acides forts. Avec les mĂ©taux alcalins et ceux qui sont alcalino-terreux, ils forment des composĂ©s ioniques. Ce groupe est le seul dont l’état standard des Ă©lĂ©ments peut ĂȘtre solide (iode), liquide (brome) ou gazeux (fluor et chlore) aux conditions normales de tempĂ©rature et de pression.

Groupe 18 : gaz nobles

Également appelĂ©s gaz rares, ces gaz monoatomiques sont incolores et inodores. Cette famille regroupe l’hĂ©lium, le nĂ©on, l’argon, le krypton, le xĂ©non et le radon. Ces Ă©lĂ©ments ne provoquent quasiment aucune rĂ©action chimique aux conditions normales de pression et de tempĂ©rature.Le groupe 3 constitue un cas particulier, car sa composition ne fait pas l’unanimitĂ© parmi les chimistes. En effet, les pĂ©riodes 4 et 5 sont toujours constituĂ©es de scandium et d’yttrium. En revanche, les pĂ©riodes 6 et 7 sont composĂ©es soit de lanthane et d’actinium soit de lutĂ©cium et de lawrencium. Comme ce groupe appartient au bloc d, la composition des blocs d et f est Ă©galement variable selon les auteurs. La premiĂšre hypothĂšse, incluant le lanthane et l’actinium dans le groupe 3, par consĂ©quent dans le bloc d, dominait largement jusqu’au dĂ©but du siĂšcle. DĂšs lors, un renversement de tendance se fait sentir Ă  la suite d’une convention. Comme les propriĂ©tĂ©s chimiques du scandium, de l’yttrium et des 15 lanthanides (y compris le lanthane et le lutĂ©cium) sont suffisamment semblables, ces Ă©lĂ©ments peuvent collectivement ĂȘtre appelĂ©s terres rares. En janvier 2021, l’Union internationale de chimie pure et appliquĂ©e ou IUPAC a proposĂ© un compromis afin de respecter les principes gĂ©nĂ©raux. Il s’agit notamment de placer le lutĂ©cium et le lawrencium dans le groupe 3.

Variations des propriétés des éléments à travers le tableau

Selon la description quantique de la configuration Ă©lectronique des atomes, la similitude des propriĂ©tĂ©s chimiques au sein d’un groupe s’explique par une configuration similaire des Ă©lectrons dans la couche de valence. Le rayon atomique des Ă©lĂ©ments prĂ©sents dans le tableau augmente de haut en bas d’un groupe, puisqu’une couche Ă©lectronique s’ajoute Ă  chaque pĂ©riode. Par consĂ©quent, l’électronĂ©gativitĂ© et l’énergie d’ionisation baissent, car les Ă©lectrons pĂ©riphĂ©riques sont peu liĂ©s au noyau dans le bas de la table.Outre cette analyse par colonne et par ligne, le tableau pĂ©riodique aide aussi Ă  Ă©tablir des relations diagonales entre certains Ă©lĂ©ments des 2e et 3e pĂ©riodes situĂ©s en diagonale. Cela fait rĂ©fĂ©rence Ă  la lecture du coin haut Ă  gauche vers le bas Ă  droite. Analyser une pĂ©riode vers la droite et descendre le long d’une colonne s’illustrent de maniĂšre opposĂ©e sur la couche de valence des atomes. On observe respectivement une diminution et une augmentation du rayon atomique, d’oĂč une augmentation et une baisse de l’électronĂ©gativitĂ©. Ensuite, certaines similitudes entre quelques Ă©lĂ©ments diagonaux peuvent ĂȘtre relevĂ©es, bien qu’ils ne partagent ni le mĂȘme groupe ni la mĂȘme pĂ©riode. Tel est le cas de la distribution des mĂ©talloĂŻdes dans le tableau.

Rayon atomique

En gĂ©nĂ©ral, plus on va vers la droite sur une mĂȘme pĂ©riode du tableau, notamment des mĂ©taux alcalins aux gaz nobles, plus le rayon atomique est faible. Cette dĂ©croissance rĂ©sulte du fait que la charge Ă©lectrique du noyau atomique croĂźt tout au long de chaque pĂ©riode. Cela augmente l’attraction du noyau sur les Ă©lectrons et rĂ©duit le volume des orbitales atomiques. Ce phĂ©nomĂšne peut ĂȘtre illustrĂ© par la contraction des lanthanides au cours du remplissage de la sous-couche 4f, par exemple. ConcrĂštement, le rayon atomique de l’osmium est presque similaire Ă  celui du ruthĂ©nium qui se trouve juste au-dessus dans la table. On peut Ă©galement observer cette particularitĂ© dans la sixiĂšme pĂ©riode, du hafnium au platine. AprĂšs cet Ă©lĂ©ment, elle est masquĂ©e par un effet relativiste dĂ©nommĂ© effet de paire inerte. Il s’agit de la tendance des Ă©lectrons dans l’orbitale s extĂ©rieure Ă  demeurer non ionisĂ©s et non partagĂ©s aux composĂ©s des mĂ©taux du bloc p. Ce phĂ©nomĂšne s’observe aussi avec le remplissage des sous-couches nd du bloc d. Cependant, il est moins marquĂ© que celui relevĂ© avec les lanthanides, mĂȘme s’il a la mĂȘme origine.En revanche, le rayon atomique croĂźt lorsqu’on parcourt un groupe de haut en bas. Par ailleurs, il augmente brutalement quand on passe d’une pĂ©riode Ă  une autre, particuliĂšrement entre le gaz noble de la pĂ©riode p et le mĂ©tal alcalin de la pĂ©riode p + 1. Cela s’explique par les couches Ă©lectroniques formant les atomes. Ces observations jouent un rĂŽle important dans l’élaboration et la confirmation des thĂ©ories de la mĂ©canique quantique.Ci-dessous le tableau reprĂ©sentant les rayons de covalence moyens mesurĂ©s pour la majoritĂ© des atomes. Ces donnĂ©es illustrent les tendances observĂ©es pour les rayons atomiques Ă  travers la classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments.

Énergie d’ionisation

L’énergie d’ionisation correspond indirectement Ă  l’énergie de premiĂšre ionisation. Cette grandeur toujours positive est l’énergie minimum nĂ©cessaire permettant de retirer un Ă©lectron Ă  un atome et de crĂ©er un cation. L’électron retirĂ© se trouve dans la couche de valence et est donc le moins liĂ© au noyau atomique. Par consĂ©quent, l’énergie de deuxiĂšme ionisation correspond Ă  celle qui est nĂ©cessaire pour retirer un deuxiĂšme Ă©lectron Ă  l’ion prĂ©cĂ©demment formĂ© et ainsi de suite. Les Ă©nergies d’ionisation successives augmentent avec le degrĂ© d’ionisation. Par exemple, l’énergie de premiĂšre ionisation du magnĂ©sium est de 738 kJ/mol-1, ce qui permet de crĂ©er le cation Mg+. L’énergie de deuxiĂšme ionisation, quant Ă  elle, s’élĂšve Ă  1 450 kJ/mol-1 en vue de former le cation Mg2+. Cette thĂ©orie conforte l’hypothĂšse que les Ă©lectrons sont plus liĂ©s au noyau atomique qu’ils le sont dans des sous-couches intĂ©rieures. Cela explique aussi l’augmentation de l’énergie de premiĂšre ionisation lorsqu’on se rapproche du haut et de la droite du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments.L’énergie d’ionisation grimpe brusquement lorsqu’on arrache un Ă©lectron Ă  une configuration Ă©lectronique de gaz noble. Tel est le cas du magnĂ©sium Mg2+ dont la configuration est similaire Ă  celle du nĂ©on. L’énergie de troisiĂšme ionisation permettant de crĂ©er le cation Mg3+ passe Ă  7 730 kJ/mol-1. Elle correspond Ă  l’arrachement d’un Ă©lectron de la sous-couche 2p aprĂšs enlĂšvement des deux Ă©lectrons de la sous-couche 3s lors de la premiĂšre et de la deuxiĂšme ionisation.Ci-dessous un tableau reprĂ©sentatif de la premiĂšre Ă©nergie d’ionisation mesurĂ©e pour la majoritĂ© des Ă©lĂ©ments chimiques. En visualisant les variations de cette grandeur Ă  travers cette table, on observe plusieurs minima locaux autour de l’angle infĂ©rieur gauche des blocs. Cela fait notamment rĂ©fĂ©rence au cĂ©sium et au francium pour le bloc s, Ă  l’actinium pour le bloc f, au lawrencium pour le bloc d et au thallium pour le bloc p.

ÉlectronĂ©gativitĂ©

L’électronĂ©gativitĂ© est une grandeur traduisant la capacitĂ© d’un atome Ă  attirer les Ă©lectrons vers lui. Elle est dĂ©terminĂ©e par l’échelle de Pauling. Cette indication dĂ©pend Ă  la fois du numĂ©ro atomique ainsi que de l’éloignement des Ă©lectrons de valence par rapport au noyau. Un atome possĂ©dant une grande Ă©lectronĂ©gativitĂ© attire fortement les Ă©lectrons, et inversement. L’électronĂ©gativitĂ© se prĂ©sente gĂ©nĂ©ralement de la mĂȘme façon que l’énergie d’ionisation dans le tableau pĂ©riodique : elle augmente lorsqu’on va vers le haut et vers la droite. L’élĂ©ment ayant l’électronĂ©gativitĂ© la plus faible est le francium (0,7), tandis que celle possĂ©dant l’électronĂ©gativitĂ© la plus Ă©levĂ©e est le fluor (3,98).Toutefois, quelques exceptions sont Ă  relever, notamment celles suivant les exceptions Ă  l’évolution du rayon atomique. On parle surtout du gallium et du germanium, dont l’électronĂ©gativitĂ© est respectivement supĂ©rieure Ă  celle de l’aluminium et du silicium en raison de la contraction du bloc d. PlacĂ©s juste aprĂšs les mĂ©taux de transition, les Ă©lĂ©ments de la quatriĂšme pĂ©riode ont Ă©galement une Ă©lectronĂ©gativitĂ© plus Ă©levĂ©e, car leurs rayons atomiques sont moindres. Enfin, on observe une Ă©lectronĂ©gativitĂ© particuliĂšrement Ă©levĂ©e et croissante vers le bas de la table. Tel est le cas pour les mĂ©taux nobles, les mĂ©taux du groupe du platine et le long du groupe 6.

Affinité électronique

L’affinitĂ© Ă©lectronique est la quantitĂ© d’énergie dĂ©gagĂ©e Ă  la suite de l’ajout d’un Ă©lectron Ă  un atome neutre en vue de former un anion. Plus elle est grande, plus la capture d’un Ă©lectron par l’atome dĂ©gage de l’énergie. Cette grandeur, gĂ©nĂ©ralement notĂ©e AE, A ou A, varie d’un Ă©lĂ©ment chimique Ă  un autre. Toutefois, des tendances ont Ă©tĂ© perçues Ă  travers le tableau pĂ©riodique, ce qui permet d’affirmer certaines similitudes avec l’électronĂ©gativitĂ©. L’affinitĂ© Ă©lectronique des halogĂšnes est nettement supĂ©rieure Ă  celle des autres Ă©lĂ©ments. Celle la plus Ă©levĂ©e est pour le chlore, Ă  la diffĂ©rence de l’électronĂ©gativitĂ© dont le maximum est pour le fluor.En gĂ©nĂ©ral, les non-mĂ©taux possĂšdent une affinitĂ© Ă©lectronique plus positive que celle des mĂ©taux. Cependant, celle des gaz nobles n’a pas Ă©tĂ© mesurĂ©e, car ils rĂ©agissent trop peu. Le long d’une pĂ©riode, cette grandeur augmente d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale. En revanche, aucune tendance ne se dĂ©marque le long des groupes. En principe, elle devrait dĂ©croĂźtre d’un Ă©lĂ©ment Ă  un autre en descendant le long d’un groupe, car les couches de valence sont de moins en moins liĂ©es au noyau atomique. Pourtant, seul le groupe des mĂ©taux alcalins (groupe 1) prĂ©sente une dĂ©croissance rĂ©guliĂšre de l’affinitĂ© Ă©lectronique. Les expĂ©riences prouvent qu’un tiers des Ă©lĂ©ments du tableau ne suit pas cette tendance. Au contraire, ces Ă©lĂ©ments ont une affinitĂ© Ă©lectronique supĂ©rieure Ă  celui se trouvant au-dessus d’eux dans le tableau.

CaractÚre métallique

Si on se base sur leurs propriĂ©tĂ©s chimiques et physiques gĂ©nĂ©rales, les Ă©lĂ©ments peuvent ĂȘtre classĂ©s en trois catĂ©gories : les mĂ©taux, les mĂ©talloĂŻdes et les non-mĂ©taux. Les mĂ©taux sont souvent des solides brillants capables de crĂ©er des composĂ©s ioniques avec des non-mĂ©taux ainsi que des alliages avec d’autres mĂ©taux. Ils sont fortement conducteurs d’électricitĂ©. Les non-mĂ©taux constituent des isolants gĂ©nĂ©ralement gazeux, susceptibles de former des composĂ©s covalents avec d’autres non-mĂ©taux. Les mĂ©talloĂŻdes, quant Ă  eux, ont des propriĂ©tĂ©s intermĂ©diaires entre les deux premiĂšres catĂ©gories. Ils se trouvent justement entre les mĂ©taux et les non-mĂ©taux dans le tableau pĂ©riodique.Plus l’affinitĂ© Ă©lectronique, l’électronĂ©gativitĂ© et l’énergie d’ionisation sont faibles, plus le caractĂšre mĂ©tallique de l’élĂ©ment chimique se confirme. Inversement, l’élĂ©ment pour lequel ces grandeurs sont Ă©levĂ©es est non mĂ©tallique. Comme la plupart des Ă©lĂ©ments ont un caractĂšre mĂ©tallique plus ou moins prononcĂ©, les plus mĂ©talliques se regroupent autour de l’angle infĂ©rieur gauche, notamment du francium et du cĂ©sium. Entre ces deux extrĂ©mitĂ©s, on peut distinguer diffĂ©rents types de mĂ©taux :
- les métaux alcalins (les plus réactifs) ;
- les métaux alcalino-terreux (plus réactifs que les métaux alcalins à un degré moindre) ;
- les lanthanides et les actinides (l’ensemble des mĂ©taux du bloc f en fait partie) ;
- les métaux de transition (y compris la plupart des métaux du bloc d) ;
- les métaux pauvres (y compris tous les métaux du bloc p).
Par ailleurs, on retrouve surtout les non-mĂ©taux autour de l’angle supĂ©rieur droit de la table, notamment du fluor et du chlore. Dans cette catĂ©gorie d’élĂ©ment, on retrouve trois types de non-mĂ©taux, outre les familles conventionnelles. On peut citer les non-mĂ©taux polyatomiques qui sont similaires aux mĂ©talloĂŻdes et susceptibles de revĂȘtir un caractĂšre mĂ©tallique. On cite par exemple le carbone graphiste et le sĂ©lĂ©nium gris. On retrouve aussi les non-mĂ©taux diatomiques qui sont essentiellement non mĂ©talliques, sauf dans des conditions particuliĂšres. Tel est le cas de l’hydrogĂšne mĂ©tallique et de l’oxygĂšne solide. Enfin, on cite les non-mĂ©taux monoatomiques qui sont des gaz nobles essentiellement inertes chimiquement.

Familles d’élĂ©ments chimiques et autres regroupements

Au-delĂ  de la lecture des colonnes, des lignes et des diagonales, il est aussi possible d’interprĂ©ter le tableau selon les familles. Une famille regroupe des Ă©lĂ©ments aux propriĂ©tĂ©s physico-chimiques homogĂšnes. On retrouve dix familles dans la classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments, notamment :
- la famille des mĂ©taux alcalins (groupe 1, sans l’hydrogĂšne) ;
- la famille des métaux alcalino-terreux (confondue avec le groupe 2) ;
- la famille des lanthanides (ensemble formé par les éléments du bloc f de la période 6 et le lutécium) ;
- la famille des actinides (rassemblant les éléments du bloc f de la 7e période et le lawrencium) ;
- la famille des métaux de transition (regroupant les éléments du bloc d et le copernicium, mais sans le lutécium, le lawrencium, les éléments du groupe 12 et certains éléments de la période 7) ;
- la famille des métalloïdes (éléments intermédiaires entre non-métaux et métaux) ;
- la famille des non-mĂ©taux (incluant tous les Ă©lĂ©ments non mĂ©talliques n’appartenant pas aux 17e et 18e colonnes) ;
- la famille des halogÚnes (comprenant les quatre premiers éléments du 17e groupe) ;
- la famille des gaz nobles (constitués des six premiers éléments du groupe 18).
Ces familles se confondent souvent avec les groupes aux extrĂ©mitĂ©s droite et gauche du tableau pĂ©riodique. Au centre, elles se confondent avec les blocs et les pĂ©riodes. Toutefois, ces regroupements sont imparfaits dans le sens oĂč les propriĂ©tĂ©s chimiques et physiques des Ă©lĂ©ments varient souvent de maniĂšre plus ou moins continue. Par exemple, le bĂ©ryllium fait toujours partie des mĂ©taux alcalins alors que ses oxydes sont amphotĂšres et qu’il a tendance Ă  former des composĂ©s covalents. Ces deux points caractĂ©risent pourtant un mĂ©tal pauvre tel que l’aluminium. Le cas du radon est aussi intĂ©ressant : il appartient toujours Ă  la famille des gaz nobles alors qu’il n’est pas chimiquement inerte. De plus, il tend Ă  former des composĂ©s ioniques, caractĂ©ristique permettant de le rapprocher des mĂ©taux.D’autres regroupements d’élĂ©ments existent usuellement. On peut citer, par exemple, les terres rares qui comprennent l’yttrium, les lanthanides et le scandium. On retrouve aussi le groupe du platine qui rassemble les Ă©lĂ©ments des groupes 7 Ă  10 des cinquiĂšme et sixiĂšme pĂ©riodes. Enfin, il existe aussi la classification gĂ©ochimique des Ă©lĂ©ments qui dĂ©signent les Ă©lĂ©ments lithophiles, chalcophiles, atmophiles et sidĂ©rophiles.

Limites à la périodicité aux confins du tableau

Jusqu’au milieu de la septiĂšme pĂ©riode, le modĂšle des orbitales atomiques dĂ©crit de maniĂšre satisfaisante la configuration Ă©lectronique des Ă©lĂ©ments. Pour les Ă©lĂ©ments ayant un numĂ©ro atomique (Z) supĂ©rieur Ă  100, des effets relativistes sont significatifs sur des Ă©lectrons lorsque ceux-ci sont en interaction avec un noyau fortement chargĂ©. Il n’est plus possible d’ignorer certaines corrections provoquĂ©es par l’électrodynamique quantique. L’approximation du champ central visant Ă  considĂ©rer les Ă©lectrons de maniĂšre individuelle afin d’identifier les orbitales atomiques n’est plus valide. Des effets de couplage spin-orbite distribuent donc les niveaux d’énergie et les sous-couches Ă©lectroniques. La modĂ©lisation de la distribution des Ă©lectrons autour du noyau devient donc dĂ©licate pour ces Ă©lĂ©ments, et leurs propriĂ©tĂ©s chimiques deviennent plus difficiles Ă  prĂ©voir.Jusqu’ici, les propriĂ©tĂ©s chimiques et physiques de l’ensemble des Ă©lĂ©ments au-dessus du hassium (108Hs) sont bien connues. En revanche, seuls deux Ă©lĂ©ments ayant un numĂ©ro atomique supĂ©rieur Ă  108 ont Ă©tĂ© particuliĂšrement Ă©tudiĂ©s. Il s’agit du copernicium (112Cn) et du flĂ©rovium (114Fl). De ce fait, il existe trĂšs peu d’informations sur ces Ă©lĂ©ments.Selon les Ă©tudes expĂ©rimentales, le copernicium s’avĂšre un homologue plus volatil du mercure et prolonge ainsi le 12e groupe. Il est possible de le classer dans les mĂ©taux pauvres tels que le mercure, mais il peut aussi ĂȘtre rangĂ© parmi les Ă©lĂ©ments de transition. Selon l’IUPAC, un Ă©lĂ©ment de transition est « un Ă©lĂ©ment chimique dont les atomes ont une sous-couche Ă©lectronique d incomplĂšte, ou qui peuvent former des cations dont la sous-couche Ă©lectronique d est incomplĂšte ». Cela est causĂ© par des effets relativistes qui stabilisent la sous-couche Ă©lectronique s au dĂ©triment de la sous-couche d, d’oĂč la configuration Ă©lectronique du cation Cn2+ comme suit : [Rn]5f14 6d8 7s2. Par ailleurs, le copernicium pourrait aussi ĂȘtre gazeux, car il revĂȘt certaines caractĂ©ristiques des gaz nobles.Le flĂ©rovium, quant Ă  lui, a des propriĂ©tĂ©s assez ambigĂŒes. Il est considĂ©rĂ© davantage comme mĂ©tal, plutĂŽt que gaz noble, ce qui contredit les premiers rĂ©sultats obtenus en 2008. Cet Ă©lĂ©ment chimique serait Ă©galement volatil, mais est plus rĂ©actif que le copernicium. Il pourrait aussi appartenir Ă  une nouvelle famille regroupant des « mĂ©taux volatils » intermĂ©diaires entre gaz nobles et mĂ©taux du point de vue de leurs propriĂ©tĂ©s d’adsorption sur l’or. Comme ses propriĂ©tĂ©s chimiques sont Ă©galement semblables Ă  celles du plomb, le flĂ©rovium est aussi considĂ©rĂ© comme un mĂ©tal pauvre, bien qu’il ne puisse pas ĂȘtre rangĂ© dans une famille d’élĂ©ments en l’état actuel des connaissances des chercheurs.MĂȘme si l’oganesson est classĂ© dans la 18e colonne, notamment parmi les gaz nobles, ses propriĂ©tĂ©s n’ont pas fait l’objet d’études expĂ©rimentales. Des modĂ©lisations avancent que cet Ă©lĂ©ment est peut-ĂȘtre un solide semi-conducteur possĂ©dant des propriĂ©tĂ©s propres aux mĂ©talloĂŻdes.

Isotope et radioactivité

Le tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments regroupe 80 Ă©lĂ©ments ayant des isotopes stables. En revanche, le reste des Ă©lĂ©ments est radioactif et n’en a donc pas.

Isotopes

Dans le tableau pĂ©riodique, les Ă©lĂ©ments chimiques sont classĂ©s selon leur numĂ©ro atomique (connu sous le symbole Z). Ce dernier reprĂ©sente le nombre de protons contenus dans le noyau de l’atome. Cependant, il arrive qu’il existe des atomes diffĂ©rents pour un mĂȘme Ă©lĂ©ment. Ils diffĂšrent les uns des autres par le nombre de neutrons dans leur noyau. On appelle « isotopes » les atomes occupant la mĂȘme case dans la table. D’ailleurs, ce mot vient du grec ancien « isos » signifiant Ă©gal, et « topos » qui veut dire lieu. Il signifie donc « au mĂȘme endroit ».D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les isotopes d’un Ă©lĂ©ment possĂšdent les mĂȘmes propriĂ©tĂ©s chimiques, puisque leur configuration Ă©lectronique est identique. Toutefois, on relĂšve un effet isotopique plus prononcĂ© en raison de la masse du noyau diffĂ©rente. Tel est le cas de l’hydrogĂšne 1H, de l’hĂ©lium 2He et du lithium 3Li.En parlant d’hydrogĂšne, son isotope 2H dĂ©nommĂ© deutĂ©rium est suffisamment diffĂ©rent de l’isotope 1H (protium). C’est pourquoi l’UICPA admet, sans pour autant le recommander, l’utilisation d’un symbole chimique propre au deutĂ©rium (« D »). Ce dernier est effectivement diffĂ©rent de celui de l’hydrogĂšne qui est « H ».

Radioactivité

Les Ă©lĂ©ments chimiques, dont le numĂ©ro atomique est compris entre 1 et 82, notamment de l’hydrogĂšne au plomb, ont au moins un isotope stable. Le technĂ©tium et le promĂ©thium, des Ă©lĂ©ments radioactifs, y font toutefois exception.À partir du bismuth (Z = 83), tous les Ă©lĂ©ments connus sont radioactifs. La pĂ©riode radioactive de l’isotope 209Bi vaut par exemple un milliard de fois l’ñge de l’Univers. Quand la pĂ©riode va au-delĂ  de quatre millions d’annĂ©es, la radioactivitĂ© produite par ces isotopes est nĂ©gligeable et prĂ©sente Ă  court terme peu de risque sanitaire. Tel est le cas de l’uranium 238 ayant une pĂ©riode s’élevant Ă  environ 4,5 milliards d’annĂ©es. Sa toxicitĂ© est plutĂŽt chimique Ă  travers certains composĂ©s peu solubles qui sont radiotoxiques (UO2 et U3O8) et des composĂ©s solubles. Concernant ces derniers, on peut citer UF6, UO2F2, UO2Cl2, UO2(NO3)2, UF4, UCl4 et UO3.Concernant les Ă©lĂ©ments ayant un numĂ©ro atomique supĂ©rieur Ă  110, leurs isotopes ont une pĂ©riode radioactive de moins de 30 secondes. Ceux des Ă©lĂ©ments se trouvant Ă  partir de Z = 115 en ont moins d’un dixiĂšme de seconde.Le modĂšle en couches de la structure nuclĂ©aire aide Ă  classer la stabilitĂ© des noyaux atomiques en fonction de leur composition en nuclĂ©ons. Des Ă©tudes expĂ©rimentales ont permis d’observer des nombres magiques de nuclĂ©ons qui confĂšrent aux atomes une certaine stabilitĂ©. Par exemple, le plomb (le plus lourd des noyaux stables existants) est composĂ© des nombres magiques de 126 neutrons et de 82 protons.En extrapolation de ces rĂ©sultats, certaines thĂ©ories supposent l’existence d’un Ăźlot de stabilitĂ© parmi les nuclĂ©ides super lourds. Il s’agit de noyaux atomiques composĂ©s d’un nombre magique de 184 neutrons et, selon les modĂšles et les thĂ©ories, de 114, 120, 122 ou 126 protons. Cependant, une approche plus moderne dĂ©montre par des calculs basĂ©s sur l’effet tunnel que si ces nuclĂ©ides doublement magiques sont probablement stables du point de vue la fission spontanĂ©e, ils devraient pourtant subir des dĂ©sintĂ©grations α avec une pĂ©riode radioactive de quelques microsecondes. De plus, un Ăźlot de stabilitĂ© relative pourrait exister autour du darmstadtium. Cela correspond aux nuclĂ©ides, dont Z est compris entre 104 et 116, et N entre 176 et 186. La pĂ©riode radioactive des isotopes de ces Ă©lĂ©ments peut ĂȘtre de l’ordre de la minute.

Extension du tableau périodique

Des questions se posent quant au nombre maximal de protons contenus dans un atome et au-delà de la septiÚme période.

Limite du tableau périodique des éléments

Jusqu’à ce jour, le nombre maximal d’électrons et de protons contenus dans un mĂȘme atome n’est pas dĂ©fini. L’observabilitĂ© pratique nous permet de l’estimer Ă  Z = 130 au maximum dans le cas oĂč l’existence des atomes super lourds se heurte Ă  la limite de stabilitĂ© des noyaux. C’est pourquoi le tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments se termine par l’une des valeurs suggĂ©rĂ©es par le dernier Ăźlot de stabilitĂ© qui est centrĂ© autour de Z = 126.En 1948, le physicien amĂ©ricain Richard Phillips Feynman avança qu’il est impossible de reprĂ©senter les orbitales atomiques quand Z > 1⁄α ≈ 137, et ce, par interprĂ©tation de l’équation de Dirac semi-relativiste. Α est la constante de structure fine. Cela rend impossible l’existence d’atomes Ă©lectriquement neutres au-delĂ  de 137 protons. DĂšs lors, l’élĂ©ment 137 est parfois appelĂ© « feynmanium ».Par ailleurs, le modĂšle de Bohr accorde aux Ă©lectrons de la sous-couche 1s une vitesse supĂ©rieure Ă  celle de la lumiĂšre si Z > 137. Une Ă©tude plus poussĂ©e prenant en compte la taille non nulle du noyau a Ă©tĂ© menĂ©e. Elle a dĂ©montrĂ© que le nombre critique de protons pour lequel l’énergie de liaison Ă©lectron-noyau devient supĂ©rieure Ă  2m0c2 vaut Zcrit ≈ 173. Sachant que m0 est la masse au repos d’un positron ou d’un Ă©lectron. Dans ce cas, si la sous-couche 1s n’est pas pleine, le champ Ă©lectrostatique du noyau y crĂ©e une paire Ă©lectron-positron, d’oĂč l’émission d’un positron. Ce rĂ©sultat indique donc que nous ne devons pas complĂštement oublier la possibilitĂ© d’observer plus tard des atomes comprenant plus de 173 protons. Quoi qu’il en soit, il met en exergue un facteur supplĂ©mentaire d’instabilitĂ©.

Conjectures au-delà de la septiÚme période

Une huitiĂšme pĂ©riode regroupant des Ă©lĂ©ments dotĂ©s de plus de 118 protons est envisagĂ©e, bien qu’elle soit encore inobservĂ©e jusqu’à ce jour. Elle serait la premiĂšre Ă  rassembler des Ă©lĂ©ments chimiques du bloc g qui sont caractĂ©risĂ©s Ă  l’état fondamental par des Ă©lectrons sur une orbitale g. Toutefois, en tenant compte des limites Ă  la pĂ©riodicitĂ© aux confins du tableau, peu de chances existent pour que la configuration Ă©lectronique de tels Ă©lĂ©ments suive les rĂšgles observĂ©es le long des sept pĂ©riodes standards. L’établissement du nombre d’élĂ©ments contenant ce bloc g est particuliĂšrement dĂ©licat. En effet, la mĂ©thode de Hartree-Fock en prĂ©voit 22, tandis que la rĂšgle de Klechkowski en prĂ©dit dix.L’existence d’une neuviĂšme pĂ©riode est parfois citĂ©e. Cependant, les Ă©lĂ©ments chimiques ayant un Z > 130 relĂšvent a priori d’une pure extrapolation mathĂ©matique Ă©tant donnĂ© l’incertitude rĂ©elle par rapport Ă  la possibilitĂ© d’observer Ă  terme plus d’une dizaine de nouveaux Ă©lĂ©ments sur la pĂ©riode 8. Il est bon de noter qu’une classification alternative des Ă©lĂ©ments a Ă©tĂ© proposĂ©e par Fricke et al. en 1971 et revue par Pekka Pyykkö en 2011. Cette variante de la table rĂ©partit les 172 Ă©lĂ©ments sur neuf pĂ©riodes et les distribue de façon non pĂ©riodique. Ainsi, les Ă©lĂ©ments 139 et 140 sont placĂ©s entre ceux de numĂ©ro atomique 164 et 169, dans le bloc p et non dans le bloc g. Les Ă©lĂ©ments 165 Ă  168 sont regroupĂ©s dans une neuviĂšme pĂ©riode dans les blocs s et p.

Historique

La premiĂšre tentative de classification des Ă©lĂ©ments chimiques a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par Antoine Lavoisier en 1789. Pendant prĂšs de deux siĂšcles, plusieurs hommes issus de diverses disciplines ont apportĂ© leur contribution afin d’aboutir au tableau pĂ©riodique de Glenn Seaborg qui est utilisĂ© aujourd’hui.

PremiÚre classification des éléments chimiques réalisée par Antoine Lavoisier

Le chimiste français Antoine Lavoisier a publiĂ© « TraitĂ© Ă©lĂ©mentaire de chimie, prĂ©sentĂ© dans un ordre nouveau et d’aprĂšs les dĂ©couvertes modernes » en 1789. Cet ouvrage rĂ©parti en deux volumes a effacĂ© les bases de la chimie moderne en faisant le bilan des connaissances de la fin du XVIIIe siĂšcle dans ce domaine. Il y prĂ©cisa le concept d’élĂ©ment chimique qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  une substance simple ne pouvant pas ĂȘtre dĂ©composĂ©e en d’autres substances. Par consĂ©quent, la loi fondamentale de conservation de la masse de chacune de ces substances simples lors des rĂ©actions chimiques a aussi Ă©tĂ© observĂ©e. Antoine Lavoisier avança Ă©galement que certaines substances auparavant considĂ©rĂ©es comme simples se sont rĂ©vĂ©lĂ©es ĂȘtre des composĂ©s chimiques. Tel est le cas de l’huile et du sel marin. Ce chimiste s’attendit donc Ă  ce que certains minerais soient considĂ©rĂ©s sous peu comme des substances composĂ©es de nouveaux Ă©lĂ©ments.Dans cet ouvrage, Antoine Lavoisier publie un tableau rĂ©capitulatif des « substances » qui Ă©taient auparavant considĂ©rĂ©es comme des Ă©lĂ©ments chimiques. Il crĂ©a une Ă©quivalence avec le vocabulaire utilisĂ© par les alchimistes en vue d’éviter toute ambiguĂŻtĂ©. Ce tableau se voulait exhaustif et servait de rĂ©fĂ©rence. Encore considĂ©rĂ©s comme des principes « chimiques » Ă  cette Ă©poque, la lumiĂšre et le feu se trouvaient sur cette liste d’élĂ©ments chimiques bien qu’Antoine Lavoisier rĂ©futait la thĂ©orie du phlogistique.La classification des Ă©lĂ©ments chimiques rĂ©alisĂ©e par Antoine Lavoisier prĂ©voyait quatre familles :
- les métaux ;
- les non-métaux ;
- les Ă©lĂ©ments impondĂ©rables, en l’occurrence les gaz et autres « essences » ;
- les « terres », notamment les minerais (sulfates et oxydes) considérés comme corps simples.
Dans son tableau, le chlore est appelĂ© « radical muriatique » Ă©tant donnĂ© qu’Antoine Lavoisier considĂ©rait tous les acides comme oxoacides (des acides contenant de l’oxygĂšne) et cherchait le « radical » qui aurait Ă©tĂ© rendu acide par l’oxygĂšne (mot signifiant Ă©tymologiquement « formant des acides »). L’acide muriatique dĂ©signait donc l’acide chlorhydrique qui n’a cependant pas d’oxygĂšne.La classification de ce chimiste fut utile pour clarifier certaines notions fondamentales. NĂ©anmoins, elle ne prĂ©voit encore aucune pĂ©riodicitĂ© des propriĂ©tĂ©s des Ă©lĂ©ments chimiques classĂ©s. Dans ce cas, les mĂ©taux y sont simplement classĂ©s par ordre alphabĂ©tique.

Triades de Johann Döbereiner

La premiĂšre tentative de classification moderne des Ă©lĂ©ments chimiques a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par Johann Wolfgang Döbereiner. En 1817, ce chimiste allemand avança que la masse atomique du strontium est identique Ă  la moyenne arithmĂ©tique des masses atomiques du baryum  et du calcium, deux Ă©lĂ©ments aux propriĂ©tĂ©s chimiques semblables. En 1829, il dĂ©couvrit deux autres triades similaires, Ă  commencer par celle des halogĂšnes. En effet, la masse atomique du brome est Ă©gale Ă  la moyenne arithmĂ©tique de celles de l’iode et du chlore. La deuxiĂšme est celle des mĂ©taux alcalins, car la masse atomique du sodium est Ă©gale Ă  la moyenne arithmĂ©tique de celles du potassium et du lithium.D’autres sĂ©ries d’élĂ©ments ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes par d’autres chimistes. En 1843, le chimiste allemand Leopold Gmelin mentionna des triades, puis des tĂ©trades dans la premiĂšre Ă©dition de son livre « Handbuch der Chemie ». Il prĂ©vit aussi une « pentade » regroupant l’azote, le phosphore, l’arsenic, l’antimoine et le bismuth qui composent aujourd’hui le groupe 15 du tableau pĂ©riodique.TĂ©trades de Jean-Baptiste DumasEn 1859, Jean-Baptiste Dumas gĂ©nĂ©ralisa les triades de Johann Döbereiner en tĂ©trades, et en y incluant les Ă©lĂ©ments les plus lĂ©gers. Celles-ci, dĂ©finies auparavant par les moyennes arithmĂ©tiques, sont dĂ©sormais dĂ©terminĂ©es par une progression similaire d’une tĂ©trade Ă  l’autre. À titre d’exemple :
- Fluor = 19 (+ 16,5) Chlore = 35,5 (+ 44,5) Brome = 80 (+ 47) Iode = 127
- Magnésium = 24 (+ 16) Calcium = 40 (+ 48) Strontium = 88 (+ 49) Baryum = 137
MĂȘme si l’approche du chimiste français Jean-Baptiste Dumas est similaire Ă  celle de Johann Döbereiner, elle Ă©tait potentiellement plus fĂ©conde. En effet, elle Ă©tait applicable de maniĂšre pertinente pour de nombreux Ă©lĂ©ments. Les progressions arithmĂ©tiques se limitent Ă  certains Ă©lĂ©ments, alors que l’incrĂ©ment observĂ© par Dumas entre les propriĂ©tĂ©s similaires et les Ă©lĂ©ments successifs mesure prĂ©cisĂ©ment la longueur de la pĂ©riode sĂ©parant ces deux Ă©lĂ©ments. On retrouve un incrĂ©ment d’environ 16 entre les premiers Ă©lĂ©ments d’une tĂ©trade, puis un autre d’environ 48 entre les deuxiĂšme et troisiĂšme Ă©lĂ©ments, et enfin entre le troisiĂšme et le quatriĂšme.

Vis tellurique de Chancourtois

En 1858, le chimiste italien Stanislao Cannizzaro classa les Ă©lĂ©ments chimiques connus jusqu’à cette Ă©poque selon leur masse atomique. Puis, en 1862, le gĂ©ologue et minĂ©ralogiste français Alexandre-Émile BĂ©guyer de Chancourtois remarqua pour la premiĂšre fois la pĂ©riodicitĂ© des propriĂ©tĂ©s chimiques de ceux-ci. Il normalisa alors la masse atomique de l’ensemble des Ă©lĂ©ments en se basant sur celle de l’oxygĂšne qui est de 16 unitĂ©s. Il les organisa Ă©galement en forme de spirale sur un cylindre selon l’hypothĂšse « les propriĂ©tĂ©s des Ă©lĂ©ments sont celles des nombres ». Ce cylindre fut divisĂ© en 16 parties de maniĂšre Ă  ce que les Ă©lĂ©ments aux propriĂ©tĂ©s similaires se placent l’un au-dessus de l’autre.À travers ce graphe, Alexandre-Émile BĂ©guyer de Chancourtois observe que certaines triades et la tĂ©trade oxygĂšne – soufre – sĂ©lĂ©nium – tellure Ă©taient alignĂ©es dans cette reprĂ©sentation. D’ailleurs, il remarqua que ces trois derniers Ă©lĂ©ments avaient des masses atomiques plus ou moins multiples de 16, notamment 32, 79 et 128. En rĂ©fĂ©rence au tellure (52Te), ce gĂ©ologue appela cette reprĂ©sentation « vis tellurique » et ce fut la premiĂšre esquisse de classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments. Toutefois, la communautĂ© scientifique resta de marbre face Ă  ce graphe en raison du fait que Chancourtois n’était pas chimiste. De plus, dans sa publication adressĂ©e Ă  l’AcadĂ©mie des sciences, il avait utilisĂ© des termes relevant du domaine de la gĂ©ochimie qui rendait la comprĂ©hension du texte difficile.Selon l’approche conceptuelle de la dĂ©marche, ce fut une grande avancĂ©e. Cependant, sur le plan pratique, ce gĂ©ologue n’avait pas dĂ©tectĂ© la bonne pĂ©riode pour les Ă©lĂ©ments chimiques les plus lourds. Ainsi, dans son graphe, le bore, l’aluminium et le nickel se retrouvaient sur une mĂȘme colonne. Les deux premiers Ă©lĂ©ments sont corrects, mais le troisiĂšme est complĂštement Ă  cĂŽtĂ© de la plaque d’un point de vue chimique.

Loi des octaves de John Newlands

Un an aprĂšs, en 1863, John Alexander Reina Newlands publia une classification pĂ©riodique ayant eu une plus forte impression. Ce chimiste anglais organisa les premiers Ă©lĂ©ments connus par masse atomique croissante, notamment par masse Ă©quivalente croissante. Il rĂ©alise cela dans un tableau Ă  sept lignes de maniĂšre Ă  ce qu’une ligne regroupe des Ă©lĂ©ments aux propriĂ©tĂ©s chimiques similaires. Il plaça deux Ă©lĂ©ments dans une mĂȘme case, si besoin, au lieu de laisser des cases vides.Par la mĂȘme occasion, il identifia une nouvelle triade. Le silicium et l’étain furent placĂ©s aux extrĂ©mitĂ©s. Par contre, l’élĂ©ment mĂ©dian restait Ă  dĂ©couvrir. John Newlands prĂ©dit ainsi l’existence du germanium en lui attribuant une masse atomique d’environ 73. Pourtant, il n’eut laissĂ© aucune case vide dans son tableau de telle sorte Ă  accueillir le germanium ou n’importe quel autre possible Ă©lĂ©ment Ă  dĂ©couvrir. Son tableau Ă©tait ainsi complet, bien qu’il pressentait la dĂ©couverte de nouveaux Ă©lĂ©ments. Par ailleurs, ce chimiste anglais eut aussi un problĂšme de pĂ©riodicitĂ©, tout comme Chancourtois. Les Ă©lĂ©ments lĂ©gers alors connus avaient une pĂ©riodicitĂ© tous les sept Ă©lĂ©ments, mais cela s’arrĂȘtait jusqu’au calcium. Au-delĂ  de ce dernier Ă©lĂ©ment, le tableau de John Newlands est inefficace.La mise en exergue d’une pĂ©riodicitĂ© jusqu’au calcium est dĂ©jĂ , elle aussi, une grande avancĂ©e. Ce chimiste anglais appela sa reprĂ©sentation la « loi des octaves » par analogie avec les sept notes de musique. Pourtant, ses confrĂšres de la SociĂ©tĂ© de chimie de Londres se moquĂšrent de lui et considĂ©rĂšrent cette classification comme ridicule. La qualitĂ© de cette analyse n’a Ă©tĂ© reconnue qu’aprĂšs la publication des travaux de Dmitri Ivanovitch MendeleĂŻev

Notation d’élĂ©ments manquants par William Odling

Dans les annĂ©es soixante, le chimiste britannique William Odling travaillait Ă©galement sur une classification pĂ©riodique Ă©tonnamment proche de celle publiĂ©e par MendeleĂŻev en 1869. Il organisa les Ă©lĂ©ments chimiques alors connus en pĂ©riodes verticales et laissa des cases vides pour les Ă©lĂ©ments manquants. À la diffĂ©rence du premier tableau de MendeleĂŻev, le platine, le mercure, le thallium et le plomb furent placĂ©s dans les bons groupes. Étant un rival de John Newlands, son action entacha toutefois sa rĂ©putation et sa contribution Ă  la crĂ©ation du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments est passĂ©e inaperçue.

Introduction de la valence avec Lothar Meyer

La contribution du mĂ©decin et chimiste allemand Julius Lothar Meyer est Ă  peine mieux reconnue que celle de William Odling. Ses travaux furent effectivement publiĂ©s aprĂšs ceux de MendeleĂŻev alors que la plupart d’entre eux Ă©taient antĂ©rieurs. En effet, il publia sa premiĂšre classification des Ă©lĂ©ments en 1864, puis peaufina une deuxiĂšme version en 1868 qui ne fut totalement publiĂ©e qu’en 1895.Lothar Meyer publia donc un premier tableau comprenant 28 Ă©lĂ©ments rangĂ©s en six familles organisĂ©es par valence. Ce fut un grand pas vers la forme moderne de la classification pĂ©riodique. Celle-ci est organisĂ©e en groupes selon la configuration Ă©lectronique des Ă©lĂ©ments, elle-mĂȘme en relation avec la valence de ceux-ci. Cependant, les deux tableaux diffĂšrent sur plusieurs points. Par exemple, les Ă©lĂ©ments chimiques Ă©taient toujours classĂ©s par masse atomique croissante.Le second tableau de Lothar Meyer – corrigeant et Ă©largissant le premier – fut publiĂ© en 1870, quelques mois aprĂšs la classification de MendeleĂŻev. Il renforça l’impact de celle-ci sur la communautĂ© scientifique en apportant aux thĂšses du chimiste russe, encore fortement contestĂ©es, le soutien des travaux indĂ©pendants. Ce tableau gagnait des points sur deux plans : la longueur variable des pĂ©riodes et la disposition des Ă©lĂ©ments de maniĂšre Ă  Ă©viter les regroupements pas terribles de John Newlands. Tel est le cas du fer, de l’or et de certains Ă©lĂ©ments du groupe du platine.Lothar Meyer eut Ă©galement l’idĂ©e de tracer une courbe reprĂ©sentative des Ă©lĂ©ments avec leur masse atomique en abscisse et leur volume atomique en ordonnĂ©e. La courbe prĂ©sente alors une sĂ©rie de minima et de maxima pĂ©riodiques. Les maxima correspondent aux Ă©lĂ©ments chimiques les plus Ă©lectropositifs.

Classification périodique de Mendeleïev

Bien que plusieurs travaux se soient succĂ©dĂ©, on doit le tout premier tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments Ă  Dmitri Ivanovitch MendeleĂŻev. Celui-ci se rapproche de celui qu’on utilise aujourd’hui, que ce soit au niveau de la forme ou de la vision qui l’accompagne. En effet, contrairement Ă  ses prĂ©dĂ©cesseurs, ce chimiste russe a formellement expliquĂ© en quoi sa classification constituait un vĂ©ritable outil d’analyse thĂ©orique des propriĂ©tĂ©s de la matiĂšre. Il formula cela sur huit points prĂ©cis :
- Lorsqu’on range les Ă©lĂ©ments par masse atomique croissante, on observe une pĂ©riodicitĂ© de leurs propriĂ©tĂ©s chimiques.
- Les Ă©lĂ©ments ayant des propriĂ©tĂ©s chimiques similaires peuvent avoir des masses atomiques semblables. Tel est le cas de l’osmium, de l’iridium et du platine. Toutefois, ils peuvent aussi avoir des masses atomiques croissantes de maniĂšre arithmĂ©tique, comme le cas du potassium, du rubidium et du cĂ©sium.
- Le rangement des Ă©lĂ©ments ou des groupes d’élĂ©ments par masse atomique croissante correspond Ă  leur valence et est, dans certaines mesures, liĂ© avec leurs propriĂ©tĂ©s chimiques.
- Les éléments chimiques les plus abondants dans le milieu naturel sont ceux ayant la plus faible masse atomique.
- La valeur de la masse atomique fixe les propriétés des éléments chimiques.
- La masse atomique de certains Ă©lĂ©ments devrait ĂȘtre revue de temps en temps, et ce, sans prendre en considĂ©ration leur masse atomique expĂ©rimentale. En effet, le tableau gagne en cohĂ©rence si certains Ă©lĂ©ments, en l’occurrence le tellure, Ă©taient rĂ©organisĂ©s.
- D’autres Ă©lĂ©ments pourront ĂȘtre dĂ©couverts et ajoutĂ©s au tableau au moment de sa publication. Tel est le cas de ceux qui sont semblables Ă  l’aluminium et au silicium ayant une masse atomique comprise entre 65 et 75.
- Certaines propriĂ©tĂ©s des Ă©lĂ©ments chimiques peuvent ĂȘtre prĂ©dites sur la base de leur masse atomique.
La publication du tableau de MendeleĂŻev a rĂ©alisĂ© une avancĂ©e significative dans le domaine. Ce chimiste russe prĂ©dit ainsi l’existence d’une sĂ©rie d’élĂ©ments chimiques dont il mentionna certaines propriĂ©tĂ©s. On cite :
- l’eka-bore (44) qui correspond au scandium (45) – Ă©lĂ©ment dĂ©couvert en 1879 ;
- l’eka-aluminium (68) qui correspond au gallium (69,7) – Ă©lĂ©ment dĂ©couvert en 1875 ;
- l’eka-silicium (72) qui correspond au germanium (72,6) – Ă©lĂ©ment dĂ©couvert en 1886 ;
- l’eka-manganĂšse (100) qui correspond au technĂ©tium (99) – Ă©lĂ©ment dĂ©couvert en 1937.
La prĂ©diction de l’eka-aluminium fut particuliĂšrement brillante, puisque MendeleĂŻev avait prĂ©vu une densitĂ© de 6 g/cm3 et un point de fusion bas. Les valeurs rĂ©elles sont 5,9 g/cm3 et 29,78 °C. Les prĂ©dictions de ce chimiste russe se confirmaient Ă©galement lors de la dĂ©couverte du germanium. Les donnĂ©es Ă©taient parfaitement en accord avec ses observations et les propriĂ©tĂ©s physico-chimiques qu’il avait prĂ©vues. Par sa thĂ©orie, MendeleĂŻev identifia une dizaine d’élĂ©ments bien que leur masse atomique fut dĂ©terminĂ©e de maniĂšre incorrecte. Par ailleurs, sans le savoir, il rĂ©organisa certains Ă©lĂ©ments chimiques selon leur numĂ©ro atomique, et non leur masse atomique.Les travaux de MendeleĂŻev n’ont pas fait l’unanimitĂ© auprĂšs de ses pairs. Toutefois, la publication subsĂ©quente et indĂ©pendante de nombreux rĂ©sultats similaires a penchĂ© la balance en faveur de cette nouvelle vision des Ă©lĂ©ments chimiques. On parle surtout des travaux de John Newlands et de Lothar Meyer.

DĂ©couverte de l’argon par William Ramsay et Lord Rayleigh

Une divergence entre la masse atomique de l’azote sĂ©parĂ© de l’air atmosphĂ©rique et celle de l’azote créé Ă  partir de l’ammoniac fut remarquĂ©e par John William Strutt Rayleigh. Il rĂ©alisa ce constat en souhaitant mesurer de maniĂšre prĂ©cise la masse atomique de l’oxygĂšne et de l’azote par rapport Ă  celle de l’hydrogĂšne. En 1894, le chimiste britannique William Ramsay parvint Ă  isoler l’argon Ă  partir de l’azote atmosphĂ©rique. Il remarqua l’anomalie apparente de la masse atomique de l’azote atmosphĂ©rique en Ă©tablissant la masse atomique de ce nouvel Ă©lĂ©ment non prĂ©vu dans le tableau de MendeleĂŻev. Celui-ci est de nature gazeuse et son inertie chimique est telle qu’il est invisible aux chimistes.La masse atomique de l’argon est comprise entre celle du potassium (39,1) et celle du calcium (un peu plus de 40). Cela posa problĂšme au niveau du rangement, car il y eut « plus de place » entre le chlore et le potassium qu’entre ce dernier et le calcium. L’organisation fut encore plus compliquĂ©e lorsque William Ramsay et le chimiste anglais Morris Travers dĂ©couvrirent le nĂ©on en 1898. Avec l’hĂ©lium qui a Ă©tĂ© dĂ©couvert par le scientifique britannique Joseph Lockyer et l’astronome français Jules Janssen en 1868, cet Ă©lĂ©ment formait le groupe 0. Ce nouveau groupe Ă©tait celui des gaz rares, Ă©galement appelĂ©s gaz nobles. Comme la masse atomique du nĂ©on est 20,2, cela le place exactement entre le fluor (19) et le sodium (23). Ainsi, les gaz rares semblaient se ranger tantĂŽt entre un halogĂšne et un mĂ©tal alcalin, tantĂŽt entre un mĂ©tal alcalin et un mĂ©tal alcalino-terreux.

Classement par numéro atomique avec Henry Moseley

AprĂšs la dĂ©couverte des isotopes et de l’électron par le physicien britannique Joseph John Thomson, les travaux de Henry Moseley permirent une nouvelle classification. En effet, ce physicien anglais effectua des recherches sur la corrĂ©lation entre le spectre aux rayons X des atomes et la charge du noyau atomique. Celles-ci ont abouti Ă  un classement des Ă©lĂ©ments par numĂ©ro atomique et non plus par masse atomique. Cette rĂ©volution majeure rĂ©solvait toutes les incohĂ©rences dĂ©coulant du rangement selon la masse atomique qui devenaient gĂȘnantes depuis les travaux de systĂ©matisation de MendeleĂŻev.Ainsi, l’argon (18Ar) Ă©tait rangĂ© entre le chlore (17Cl) et le potassium (19K). Bien qu’il soit un peu lourd, le cobalt (27Co) Ă©tait placĂ© avant le nickel (28Ni). Henry Moseley confirma le positionnement du tellure (52Te) devant l’iode (53I), sans qu’il n’y ait besoin de revoir sa masse atomique, contrairement Ă  ce que suggĂ©rait MendeleĂŻev. Ce physicien britannique remarqua Ă©galement l’absence des Ă©lĂ©ments de numĂ©ro atomique 43 et 61. MendeleĂŻev avait prĂ©dit l’élĂ©ment 43 comme eka-manganĂšse, mais il deviendra le technĂ©tium en 1937. Le numĂ©ro atomique 61 sera attribuĂ© Ă  un Ă©lĂ©ment nouveau isolĂ© en 1947, le promĂ©thium.Le tableau de classement de Henry Moseley fut directement inspirĂ© de celui de John Newlands. Il servira aussi de rĂ©fĂ©rence Ă  la disposition contemporaine, notamment la numĂ©rotation des groupes avec des chiffres romains. Les lettres A et B, quant Ă  elles, furent introduites par Henry Moseley et Ă©taient encore largement employĂ©es Ă  la fin du XXe siĂšcle. Ce tableau est Ă©galement identique Ă  la classification actuelle, Ă  part la prĂ©sentation de la pĂ©riode 7.

Concept des actinides de Glenn Seaborg

En 1942, le physicien italien Enrico Fermi mena le projet Manhattan consistant Ă  produire la premiĂšre bombe atomique durant la Seconde Guerre mondiale. Le physicien amĂ©ricain Glenn Theodore Seaborg faisait partie de son Ă©quipe et Ă©tait chargĂ© d’isoler le plutonium de la matrice d’uranium au sein de laquelle il se crĂ©ait. Il est Ă  noter que Seaborg a, lui-mĂȘme, synthĂ©tisĂ© et caractĂ©risĂ© le plutonium l’annĂ©e d’avant. Durant ce travail, il dĂ©veloppa une connaissance approfondie de la chimie particuliĂšre de ces Ă©lĂ©ments. Il constata alors que leur position dans le tableau pĂ©riodique ne correspondait pas Ă  leurs propriĂ©tĂ©s.Le travail de Seaborg lui permit de synthĂ©tiser et de caractĂ©riser l’amĂ©ricium et le curium (Ă©lĂ©ments 95 et 96) en 1944. Cela lui donne la possibilitĂ© d’élaborer le concept des actinides. Il s’agit d’une nouvelle famille de mĂ©taux lourds tirant leur nom de l’actinium en raison de leurs propriĂ©tĂ©s chimiques apparentĂ©es. Cette famille regroupe les Ă©lĂ©ments 89 Ă  103 et se trouve sous les lanthanides jusqu’à ce jour. Seaborg prĂ©suma aussi l’existence des superactinides, situĂ©s sous les actinides et rassemblant les Ă©lĂ©ments 121 Ă  153.

Présentations alternatives

D’autres maniĂšres de prĂ©senter le tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments chimiques ont Ă©tĂ© proposĂ©es et mĂ©ritent notre attention.

Tableau périodique de Charles Janet

Durant le XXe siĂšcle, d’innombrables prĂ©sentations alternatives au tableau pĂ©riodique ont Ă©tĂ© proposĂ©es. Des prĂ©sentations graphiques innovantes sont encore souvent suggĂ©rĂ©es. L’autodidacte français Charles Janet en a proposĂ© une qui a d’ailleurs donnĂ© son nom Ă  une prĂ©sentation du tableau créée au dĂ©but du XXe siĂšcle. Celle-ci a rĂ©cemment Ă©tĂ© dĂ©couverte par les Anglo-saxons. Ce scientifique français rangea les Ă©lĂ©ments chimiques sur des pĂ©riodes individuellement dĂ©finies par une valeur n + ℓ donnĂ©e. Sa classification est particuliĂšrement apprĂ©ciĂ©e, car elle reste familiĂšre et dispose les Ă©lĂ©ments dans l’ordre naturel des blocs, notamment de droite Ă  gauche. Rappelons que n est le nombre quantique principal et ℓ, le nombre quantique azimutal.

Autres représentations

La reprĂ©sentation du professeur de chimie Theodor Benfey datant de 1960 mĂ©rite aussi d’ĂȘtre soulevĂ©e. Afin de remĂ©dier aux discontinuitĂ©s du tableau pĂ©riodique standard, elle propose une prĂ©sentation des Ă©lĂ©ments chimiques en spirale.Plusieurs modĂšles en 3D ont aussi Ă©tĂ© proposĂ©s en vue d’enrichir la prĂ©sentation des Ă©lĂ©ments avec diffĂ©rentes informations spĂ©cifiques.Le physicien Timothy Stowe a Ă©galement proposĂ© de classer les Ă©lĂ©ments chimiques sous forme de losange selon les niveaux de remplissage. Le tableau de MendeleĂŻev a subi des adaptations afin d’insĂ©rer d’autres donnĂ©es physiques concernant les Ă©lĂ©ments. Il a ensuite Ă©tĂ© appliquĂ© pour envisager des Ă©lĂ©ments chimiques entiĂšrement diffĂ©rents.

Usages des éléments de la table dans l'industrie

Le domaine de l’industrie utilisait seulement moins de 20 mĂ©taux jusque dans les annĂ©es soixante-dix. Depuis les annĂ©es 2000, la demande en nouveaux mĂ©taux « high-tech » a explosĂ© et concerne dĂ©sormais environ 60 mĂ©taux. Cela est dĂ» au dĂ©veloppement de l’aĂ©ronautique, des technologies de l’information et de la communication ainsi que des produits Ă©lectroniques. Les mots d’ordre sont innovation technique et recherche de performances et de rendements. Tous les Ă©lĂ©ments du tableau pĂ©riodique sont pratiquement utilisĂ©s jusqu’à l’uranium 92. La durĂ©e de rĂ©serve de la plupart des mĂ©taux varie de 20 ans Ă  100 ans selon leur niveau de production.

Commémorations

Comme la formalisation du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments chimiques est l’une des plus importantes rĂ©alisations de la science, l’ONU estime utile de la commĂ©morer. Cet outil unique est un vĂ©ritable catalogue des atomes connus jusqu’à ce jour et est une fenĂȘtre sur l’Univers. Touchant Ă  la fois la chimie, la physique et la biologie, il permet aux scientifiques de continuer Ă  Ă©largir la comprĂ©hension du monde qui nous entoure. L’ONU a ainsi dĂ©crĂ©tĂ© 2019 comme « annĂ©e internationale du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments chimiques » en souvenir du 150e anniversaire de sa crĂ©ation par MendeleĂŻev.

Retour en haut de la page

Recherche de produits

Le produit a été ajouté à votre panier